QUES LIBRES
3 à 3oo bibliothèques de vilie, 3.ooo populaires, So.ooo s, et peut-être autant d*autres dont nous n'avons pas de service public de lecture n'existe pas en France. C'est Dous croyons avoir démontré.
rvice, comment le créer ? Faut-il bâtir, faut-il utiliser monuments? Faut-il des crédits? Faut-il seulement de sation ? N'estrce qu'une loi à établir, des inspecteurs à ?
*tons-nous aux tableaux donnés au tome I {pp, ng-iSo), comptons en France :
Centres et g^randes bibliothèques :
les universitaires, 8 villes sans Université, mais dépas- ).ooo habitants, i6 dépassant 5o.ooo, 12 environ, de ion moindre, mais ayant déjà des bibliothèques de plus 10 volumes, enfin 4o à5o villes, préfectures, centres miliisiniers, ou miniers, ou administratifs ou de villég'iasièges de grandes écoles... Soit une centaine de villes ne importance ou commodité quelconque...
(jui devraient être désignées pour rétablissement d'en- NT bibliothèques complètes, c'est-à-dire ayant : 1° salle ence,ou de lecture des livres non prôtables; — a» salle — 3® salle de périodiques; — 4° salle pour la jeunesse; rection des bibliothèques du district.
Branches et succursales.
5-ci n'ayant qu'un petit noyau délivres, les plus urgents, lire annuaires, livres de métiers et journaux, mais t des centres A les livres demandés. Elles auraient, sans le, à renouveler leur stock par échange périodique, ^andcs villes. Environ une branche par So.ooo habitants»
soit 5o à Paris (suppression d*une trentaine) lo à Marseille et Lyon, etc., en tout, environ :
ao i55 villes de i5.ooo à loo.ooo habitants ne sont pas sièges d'Université. Nous en avons déduit i6 de plus de 5o.ooo, 12 déjà pourvues, 5o importantes pour raisons diverses, reste 77. L'on peut [grossir ce chiffre, vu que certaines villes moins denses ou plus riches veulent deux succursales, et qu'il faut compteravec les villes neuves et celles qui s'accroissent :
3^ 17-985 communes de 5oo à 5. 000 habitants. En comptant une succursale par g-roupe de 20 ou 25 communes :
La France continentale pourrait donc être parfaite organisée, mieux que les Etats-Unis eux-mêmes, avec bibliothèques et mille succursales.
Elle ne Test pas avec 5o.ooo...
Ce ne sont là que chifiPres donnés pour fixer les idée peut établir 5 nationales, ou 20 régionales, ou 5oo munici (565 villes de plus de 20.000 hab.). Je ne donne ici ai proposition de système et le chiffre de population n'est j seul facteur. Je cherche seulement la mesure qui irait France, le nombre de bibliothèques qu'il faudrait assez g pour qu'on y vienne et que ce ne soit pas trop loin, faible pour que l'on puisse y établir le minimum suivar
10 Ouverture ininterrompue du matin 8 heures à 10 h du soir ;
20 Salle spéciale où l'on trouve sous la main un cent de naux et revues du jour, annuaires et indicateurs usuels ;
3^ 2 à 5.000 volumes courants modernes ;
4^ Un choix de plus de 20.000 autres à avoir sur dem dussent-ils venir de loin ;
b^ Des salies pour la jeunesse remplaçant les biblioth scolaires.
Et cela constitue une bibliothè(iue libre.
Comment y parvenir ?
11 est certain que nous avons la matière de tout ce France. Il n'y a qu'à additionner toutes les heures donnée: petites bibliothèques désertes, celles de M. l'abbé qui vi Dimanche une heure,de M . Tarchiviste, qui 3 fois par sei
— ut
sièg6deaà49 de MM. les instituteurs qui sontdes milliersà être \à de 8 à lo le soir.. . , etc. Additionnez de môme les volumes, additionnez tous les bâtiments inutiles, et les lampes qui brûlent pour des salles désertes.
Mais les bonnes volontés peuvent-elles s'additionner ?
Un système si parfait, qui n*est pas ulopique puisque de l^nds peuples l'appliquent de nos jours, je ne le mets en avEDt que comme explication^ et considérerai comme dangereuse pour la réussite, en France, des bibliothèques libres, sa mise en œuvre grandiose, a priori , officielle.
Rappelons-nous que c'est par initiative communale ou particulière que les/ree libraries ont partout débuté. L'impôt local, penny-rate. L'Etat n'a pas à doter les provinces de splendeurs. C'est assez qu'il accable Paris de ses lourds bienfaits.
Mais s'il peut ne paralyser d'aucune entrave — et les promesses, l'espoir de faveurs sont des entraves — les essais que peuvent faire les municipalités, s'il peut même encourager de doQs sans condition la construction de bibliothèques libres, — il combattra avec profit l'engourdissement des extrémités nationales.
Si de toutes les raisons, systèmes, preuves, discussions, suggestions de ce livre il résultait seulement qu'une ville de province ait une boutique de journaux publiquement ouverte le soir, je n'aurai pas perdu quelques années de travail.
Oui, nous rêvons d'une France modernisée, riche d'une cen- Une de bibliothèques vivantes, qui rayonneraient sur tout le pajs par un millier de succursales et môme mille dépôts de <[uarlier — comme nous avons des bureaux auxiliaires des postes — pour la réception et le renvoi des livres.
Rêves, rien que rêves, en l'état actuel des choses. Il n*est pu inutile de savoir où l'on va, de connaître un but, mais il n*est qu'au bout des chemins à faire. Le chemin est celui-ci : réunir, grouper des bibliothèques éparses, faire des centralisations minuscules, toutes locales, relier des bibliothèques entre <illes.ll faut décourager toute tentative d'organisation vaste, de ^tralisation non strictement locale, qui en faisant de belles places à quelques gens importants, ôte toute initiative à ceux ftti peuvent donner la vie, c'est-à-dire qui travaillent sur place ^ des réalités.
Nous manquons de réalités, il nous faut des livres, des ynunnaux, de l'argent, des salles. 11 faut bâtir et bâtir provi-
soiremcnt. Prenez une ville comme Laon, iS.ooo habitante qui a une bibliothèque que je n'ai pas vue, parce qu'elle ëtai fermée (47-oi3 volumes, budget d'achats : 1.874 francs), mai qui a belle apparence, est bien placée, et contient des manu scrits précieux. La place de bibliothécaire est vacante depui longtemps, mais la mairie veut bien m 'écrire que le budgel variable, fut en tout, en 1907, de 4-774 fr« obtenus, — car c gros chifiFrc en France, est invraisemblable — par des soui cripteurs à 6 fr., qui ont, moyennant cette annuité, le dro: d'emprunter les livres postérieurs à 1800.
Et il fut prêté 18.673 volumes à a 8.871 souscripteurs »., Ils doivent être comptés plus d'une fois, car 8.871 souscrif teurs à 6 fr., cela ferait un budget plus cossu.
La lecture sur place n'autorisa guère plus d'un volume à 1 fois, car elle compte 5.835 lecteurs, 5.9G0 volumes.
Tout de môme, s'il y a peu de livres nouveaux, il y a de lecteurs à Laon, et cette petite ville haut perchée est, relative ment, une des villes instruites de la province française.
Au musée, une société historique a sa petite salle et ses livres Il y a, dépendant de la grande, et payée sur ses 4-774 francs une très petite bibliothèque populaire : I.C34 ouvrages. Eti doit y avoir je ne sais combien do bibliothèques confession nelles, et des scolaires, et celle du lycée, et la militaire celle-là en somme, avec les cafés, le seul endroit où on aitui peu de quoi lire dans la vie ordinaire. Puis il y a la campa gne, la région. Elle, rien.
Le problème est de fournir de livres la région. Ce problèm» peut-il se résoudre à Paris, avec des règlements, des surveil lances et un corps d'inspecteurs? Quelle absurdité I
Il y aurait, si c'est possible, à aménager la bibliothèqu actuelle pour le public. Eclairage, salle de périodiques, etc.Q] pourrait transporter les vieux livres et manuscrits au Musée La ville n*est pas si grande qu'avec un ou deux dépôts et uo succursale dans la basse ville, on ne puisse y fournir toute commodités. Mais vu le prix des terrains, il y a intérêt à nelaii ser au centre, là où actuellement s'entassent les vieux livre que des salles presque vides de livres, mais pleines de publi Un vélo peut suffire au transport des ouvrages, et comme, Laon, cela monte, les livres peuvent prendre Icfuniculaii Remplacer les scolaires, populaires, militaires par des sali spéciales dans la grande bibliothèque... J*invente et j'ignoi n'ayant vécu à Laon qu'un jour. J'ordonne « de Paris » !
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Mais, à priori, qui ne voit qu'un tel bouleversement est impossible et qu'obtenir de toutes les petites castes d'une petite Tille un petit effort commun soulèverait une poussière de petites querelles de préséance...
Cependant ouvrir une salle de périodiques n'importe où, diM la basse ville par exemple, avec du terrain de reste à cAlé pour bâtir, et un simple bureau pour le prêt, c'est commencer l'ouvrage, c'est possible, c'est d'un prix abordable. Kt alors, par les heures d'ouverture, l'éclairage, les facilités de toate sorte, voici à toutes les bibliothèques de la ville une concorreoce aisément victorieuse. Les cercles et sociétés se lassent d'acheter des livres qu'ils peuvent avoir ailleurs plus commodément. Ils en achètent d'autres, et voici les ressources do la ville augmentées. lisse lassent un jour do payer l'entretien et gardiennage d'une salle privée qui n'est jamais ouverte, dont la clef est chez le concierge, et les volumes on ne sait oii. Ils longent à réunir sous conditions spéciales leurs livres à la bibliothèque libre toujours ouverte. Et l'unification se poursoit, devient possible. Impossible sur un projet. Evidente sur Halités.
Les pays de bibliothèques n'ont pas agi autrement, et l'exemple de New-York est le plus beau de tous. C'est sur 260 bibliothèques, dont près de cent publiques, riches et fréquentées, qaoD s'est mis à systématiser. C'est à la mesure de millions de livres réclamés par an qu'on a projeté de faire une bibliothèque monstre, rayonnant sur 5o succursales.
Ce n'est point par règlements et surveillance qu'on fonde ; OQ ne régularise que l'existant. Et fonder coûte moins cher iprèstout que surveiller.il n'est pas besoin de fondations piodioses, et l'orgueil futur de beaux monuments est l'empêchement ordinaire à l'érection de bâtisses utiles. Attendez ^ in crédit qui sera voté un jour, attendez un legs de milliari daire," mais attendez ce don activement ; provoquez-le. 11 ne tnit pas trois mille francs dans une petite ville pour établir d'emblée une bibliothèque libre -— pauvre, certes, mais suffianteà révéler son rôle, à appeler de l'argent.
On organisera plus tard, on unifiera. Fondons toujours.
Cest plus vite fait que parlementer. Ne vous inquiétez donc
pis de c la Bibliothèque »! Elle a de beaux livres, une façade, fait
Hionnear de la ville. Soit. Considérez comme rien, comme une
sorte de panoplie,répée de Charlemagnc ouun texte mexicain,
k belle bibliothèque, son bibliothécaire et ses milliers de bou-
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quins... — C'est vous qui, en fondant ailleurs une bibliothèque utile, y attirant la foule, répandant dans le pays le goût de lire, les connaissances exactes, le savoir professionnel , aves à révéler à quoi servent les livres.
Maintenant, de Tarf^^ent ?
Les six cent mille francs des œuvres « post-scolaires »...
Loterie, impôt spécial au proBt des communes, emprunt.., tous les moyens sont bons, sllssont locaux. Un bill Ewart est à émettre pour la France. L'Etat peut encourager, mais qu'il autorise seulement... Seulement Paris devrait montrer l'exempie, Paris et sa banlieue... Il ne faut pas tant d'argent.
Une commission s*est formée avec lappui des Ministères, de la Chambre, etc., pour doter Paris d'un seul coup de quatre théâtres populaires. Il s'agit de bâtisses neuves, gigantesques, à érig'cr. Il s'agit de vingt millions.
L'argent en serait demandé à une loterie.
Il n'est pas silr qu'il y ait un public pour ces quatre théâ* très ; il est certain qu'il n y a pas de répertoire, et la somme de spectateurs à Paris étant sensiblement constante, du moins ne croissant que très lentement, il y a là une dépossessioo officielle d'industries libres. Cinq bibliothèques à un million chaque coûteraient quatre fois moins.
Ne croyez-vous pas qu'elles rendraient quatre fois plus d« services ?
Morne à l'art dramatique! Môme à la vente des livres I
Le succès en est autrement assuré. Il peut suivre cette progression normale de la vie, qui ne fabrique pas des colosses priori, mais des ôtres tout petits qui, quand ils font pettt neuve, ont grandi et forci, préparant en-dessous la vie du nouvel être.
Mais ce n'est qu'un projet. Une autre loterie, et dont lesno* ces fut colossal, a prouvé que, pour une œu vre qu'elle croit ulil^i la France n'a pas de peine à trouver des millions.
La loterie de la Presse a, en 1906, fourni 18 millions.
18 ! On ne savait môme qu'en faire, et pour profiter decettft curée, on a créé, dit-on, des syndicats spéciaux.
Il s'agissait des vieux journalistes.
On ne demande qu'un million pour les vieux journaux*
La création tant réclamée d' «Hémérothèques »? — Non,siiii*
dos snlloi de lecluros pJiir les périodiques du jour et e, avec des magasin» — > éloignés au besoin — ' pour
s millions mûmes versés à ces syndicats de ^ens de letulilidsles— où ne sontaccoptés souvent que ceux qui beaucoup d'argent — on pouvailprendre de quoi créer ■t orçane qui serait si puissant pour relever, digniSer mer la presse française...
1 ne faut pas un million, ni m<>me le centième d'un pour cer. La ville de Paris peut commencer n'importe où, une siiHe louée au reï-dc-c haussée d'une rue passante, I quartier peuplé, accrocher, comme on fait en An^flojnrautc journaux qu'on lit dchout. à volonté. Et alor^ es balises qu'on dit dans les conseils municipaux aussi Mlans les conijrès, comités de défense scientifique, etc., iront peut-être.
ce n'est pas l'argent qui manque, c'est l'esprit. Ce n'est i'ie;tout noire personnel des bibliothèques est savant n coin, plein de bonne volonté, travaille avec acharni^t montre un dévouement aussi généreux que mal p;iyé. voient fauï.
t des mépris de caste, des oraj-ueils de timides. Ils eniiililiiilhëque comme en religion. F.L ce n'est pas rclimissioniiairc ou de curé, mais de moines, — soucieux nt d'écarlLT le vulgaire des reliques précieuses el de ite paix, et d'acharner leur vie à quelque humble besonl on ne sait si c'est de l'orgueil qui s'humilie, ou de ation qui flatte de l'orgueil.
toujours vivace, le mal universitaii-e. L'éternelle e.xeeps humaniiés rejette encore dans le non-humain la ;tive, éaei^ique de la race.
al est toujours de voir dans l'instruction une sorte de 3 Douvcllc qui empêche du travailler. La science exigée laat autre chose qu'une attitude.
rencontre encore, ce vieux profosseur de rhétorique qui •ait dans un style majestueux que nos pËres commeravaient qu'une excuse à leurs busses occupations: celle des enfants pour les étude.s supérieures et de Icd prél'Ecole Normale.
ils beaucoup plus neufs, ces régicmcnteura de bibliopriviléyîées, ces li.;chnictetis muycuilgeux qui prv- .sc réscner tous les livres de France? Cependant l'Uui-
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versité a bien évolué. Et le grec est mort. Il a fait place à de^ études plus pratiques, cependant que les voyages, les fouilles et les études précises font chaque jour la Grèce, — une autre, la vraie, la belle — un peu plus près de nous.
Tout change. Les bibliothèques, pour quand est-ce ?
Nous avons de notre mieux, tout le long* de ce chemin, célébré les victoires de la troisième République. Elles sont grandes : jugez-en aux plaintes des vaincus...
C'est une œuvre colossale que d'avoir, au lendemain de dé* faites, amené un peuple, des millions d'êtres humains, à Tinstruction moyenne qu'on leur avait refusée... Il j en a qui doutent que cela soit utile, qui disent : à quoi sert d'apprendre f
Je dis : à quoi bon, si l'on cesse ?
Vraiment nos bibliothèques sont un peu loin de nous. Elles ont de belles choses, mais on ne s'habille plus de cette façon.
J'espère avoir tenu à moitié la promesse faite au début de fournir aux actifs un grand 'nombre de beaux sujets où s'employer.
Résumons-les :
A. — Réhabilitation des périodiques.
Créer partout en France des salles où lire journaux et revues qui viennent de parattre.
Des salles claires, au rez-de-chaussée, libres d'accès, gn^ tuiteset ouvertes i4 heures par jour.
Œuvre immense qui appellera tout un peuple à la lecture, rompra le charme où le tiennent des journaux fanatiques, U sottise où le maintiennent des journaux vénaux.
B. — Création de bibliothèques spéciales.
Que ce soient les bibliothèques d*écoles transformées, larg^ ment ouvertes au public, et non pas seulement à de consdè' râbles privilégiés, — qui parfois sont des voleurs — ou des bibliothèques générales divisées, spécialisées, qui soient de grands centres d'études, de renseignements techniques, ds haute culture.
... Mais que la science française ait les livres qu'il lui fsotl Elle ne les a pas.