‹ Bibliothèque, essai sur le développement des bibliothèques publiques et de la librairie dans lesChapitre 18 sur 118 · B. — LE GRAND MAGASIN · texte numérisé non relu

B. — LE GRAND MAGASIN

Franchissant la grande porte vitrée, on se trouve dans h Magasin, vaste hall de 4o mètres sur 3o, comprenant une nef à droite et à gaucho de laquelle sont rangés quatre éta^ plus un sous-sol, divisés par i3 cloisons en i4 < boxes »d4 a mètres a5 de haut, garnis de rayons.

Labrouste avait pensé faire tenir la Bibliothèque dans oetti grande cage. Elle y était à Taise ; aujourd'hui ses meublei bondés encombrent Tallée centrale, les chambres sont dédoO' blées au sous-so) ; Te^space entre les tablettes a été resserré; oi y fait tenir 4o à 5o kilomètres de rayons.

Sauf le sous-sol, tout est bien clair, trop clair même en été, et si le a philosophe », ce l'artiste », le « naturaliste » attachés à la Nationale, là-haut, n'étaient pas d'anciens troupiers ds Sénégal, malgré les jets d'eau fraîche qu'on lance sur les vitres, ils envieraient l'heureux clerc qui fait de la théologie, à tAtoDS, dans la cave.

La Botanique serait pourtant à l'aise dans cette serre, et l'on aurait la place et la température pour illustrer de quelques cultures tropicales les brochures qui cuisent là-haut.

Ce magasin était un grand progrès quand il fut construit. On admira que tous les étages fussent en fer. Aujourd'hui ks montants, les rayons même seraient métalliques. Des plaquet de tôle, en restreignant encore les dangers d'incendie, gafoe raient en épaisseur presque un rang de livres par étage. Mai< on continue à employer la bonne vieille planche épaisse.

Quanta la mécanique, elle consiste en monte- charge à bras qui fatiguent non moins les bras que les volumes. On vieo enfin, — en 1908 — d'inaugurer deux appareils moins priiai tifs. Comme tout grand architecte qui a souci de faire d définitif, Labrouste a rendu aussi difficiles que possible U aménagements futurs. La Nationale tient un record, je croii pour les escaliers et portes basses; un homme de six pied court danger de mort, s'il se dépêche ici. L'élévation des étag€ est cependant normale : a m. 5o (a m. ao à Hanovre et StraJ bourg, a m. a8 à Boston).

En revanche, les livres sont au large. L'écartement ents les cloisons est plus grand que dans la plupart des biblioth^ ques : 3 mètres. La Carnegie de Pittsburgh n'a qu'un mèti et demi, le British a m. 44? et l'espace y est encombré d'aï moires roulantes; à Washington i m. 76.

Du temps de Labrouste, les bibliothécaires travaillaient encore en pince. Le public n'avait g'uère de catalouipue^et les livres étaient ranfspés méthodiquement, mais pas toujours représentés par des fiches. Il y avait en revanche dans chaque service un homme instruit vivant au milieu de livres qu'il connaissait.

Aujourd'hui qu'on entasse les livres comme ils arrivent et que les bibliothécaires ne doivent plus voir les livres, ces espaces, ces clartés, ces savants sont inutiles. Les bibliothécaires qui promenaient dans les services leur chaise et leur petite table ont quitté la vie nomade pour l'atelier. Groupés autour d'une table, ils travaillent, sous un chef, après de petits cartons. A la vie cellulaire des isolés dans les jQfrandes ca^es aux jErrilles de fer a succédé le travail en commun, d'après le svstème des maisons centrales. Quelques-uns aiment mieux cela : c'est plus gai. Ils ne sont pas astreints au silence.

L'Histoire de France.

Nous parlerons d'abord ici de la ip^rande Histoire qui menace d'absorber non seulement le magiisin, mais, je crois, tout le quartier de la Bourse et du Louvre...

L'Histoire de France a la place d'honneur. Elle a été l'objet d'un catalo$rne maeii^nifique, méthodique, qui est continué. Tout yrenlre. Les Danses fin de siècle, illustrées par Louis Legrand, y fisfurent h l'histoire des mœurs, ot Chnnsseftes pour dames, Toman de Willv, fut, dit-on, rapporté au chapitre « Détails du Costume ». On s'étonne que l'on n'y ait pas fait rentrer la médecine, puisque les Français prennent des remèdes.

On y compte en 1907 environ 33o.ooo articles ou ouvra|»'es. C'était environ 160.000 vers 1875 et exactement 279.408 en 1897, ^^^^ compter les journaux de province. Il n'est pas question de donner un nombre de volumes : les journaux sont wmptés pour un, or la Gazette de France^ on le sait, a plusieurs volumes... Mais comme ici le dépôt léscal donne presque tout, ces chiffres mesurent le progrès de la production franchise. Les trente dernières années ég'alent les trois siècles qui ks précèdent.

904 sections sont réparties en XV chapitres. Un des plus |ro« chapitres est l'histoire par rè|srnes. Cela est commode poar l'histoire des petits règnes. Mais la République dure trop! Hle a prè« de iS.ooo numéros et s'accroît de 3 à 4oo volumes par an, qui s'entassent sans autre ordre que celui d'arrivée.

Deux sections, au moins, ont fait fortune. Il a été commode

de rang'er au nom de pays ou de personnes les livres chures qui ne traitent que d'un pajs ou d'une personn que Ton ait embrouillé ce système de divisions spécial les provinces, diocèses, etc., pour les mœurs, Tarchc etc., ces deux sections, localités et individus — topog biog-raphie, — sont connues du public, utilisées fréquei Les villes (oct. 1908) en sont à la cote 38. 000 et s'acci de 600 volumes par an, les personnes à 53. 800 et s acci de plus de 800 volumes ou brochures par an — actuel!

L'accroissement annuel de l'Histoire de France à la nale donne à peu près un tiers de l'accroissement tota 4.822, 5.838, 6.368, pour les années 1904-1906. Prog qui progresse, on le voit. Mais ces chifiFres comprcnn suites. En 1907, 3.079 inscriptions nouvelles, 3.387 ^^ et 56o doubles.

Nous préparons ici ce que nous aurons à dire des caU méthodiques qui veulent être Timajei'o exacte du classcn: place. Ici, en l'an 1906, il a donc fallu intercaler 6.36: mes dans 904 sections diverses...

Or, pour réduire à 904 le nombre de ces sections, abandonner le bénéfice le plus clair de la méthode. A était fort intéressant d'avoir en place ^8 volumes consî Jeanne d'Arc, et qu'on possédait lors du cataloîçuo, ei Mais 43o ouvrages, depuis, ont paru sur la Pucelle, e1 trouvent plus ensemble.

Ceux qui sont l'un près de l'autre, on peut les appo bloc, on peut les demander en un seul bulletin : n'^^ tant, on peut aller en place choisir les principaux ou ce ne répètent pas les autres. Il y a là des avantages tel évidents qu'on ne peut concevoir leur abandon ! Mais ( plus 904 divisions, c est je ne sais combien, il en faudi tant qu'il y a de villes françaises, de Français, de diocès Mettre six mille volumes à la file les uns des autres, la placequ'il faut: une chambre à ajouter. Les intercale 3oo.ooo c'est remuer, pousser chaque fois les 3 00.0 remanier souvent, laisser des vides, faire des prévisions que instant déçues. En fait, on continue la section B phie en général, la vie de Jeanne d'Arc vient à la suite vie deSarcey. Gommeil no vientà l'idée de personne de d der une vie^ celle de n'importe qui, c'est un classemc équivaut au non-classement.

Le seul moyen de continuer vraiment de tels classeï

c'est de les arrèlerùune date fixe, et d'en faire une autre série pour la suite. Le catalog'ue «imagé du classement on place » nest pas non plus aujourd'hui simplifié par une douzaine de wppjéments.

La plus|^rande bizarrerie de ce catalogue est d'avoir compris les journaux.

Eo 1867, quand parut le tome de catalogue qui les décrit, M pouvait-on prévoir ce que deviendraient les journaux?

Tout de mèmeil y en avait quelques-uns : 2.2 1 4 politiques, (70 départementaux, i.oSo locaux, etc. En 1869. avant même la fin du catalogue, on sait quel réveil subit releva la Presse et la France: cet afflux aurait dû décider d'un svstème nou- Tcao.

On a séparé les journaux de province, que nous retrouverons tout à l'heure, remplissant seuls un magasin neuf à peu piis aussi grand que celui que Labrouste construisit pour toute la Bibliothèque.

Et cependant la France n^est pas un pays à journaux, leur nombre augmente peu : 33 journaux de plus seulement en 1906, et les années précédentes avaient vu des diminutions.

Le total reste (ppros de 3.2 18 périodiques dont 1 39 quotidiens, 981 hebtlomadaires, 552 bimensuels, 3i2 mensuels...

La Nationale est certainement la dernière grande bibliothèque qui n'ait pas divorcé d'avec ses journaux. Sans parler du transport ailleurs de ceux qu'on consulte rarement, créer un serrice c des périodiques » est la réforme la plus urfircnte, la plus féconde qu'on y puisse faire. I^s livres, ces cailloux, les périodiques, cette herbe, ne se cultivent pas de môme.

L'Histoire de France hypertrophiée de journaux n'est pas moins malade de documents administrât ifs. L'histoire proprement dite tient au rez-de-chaussée du magasin central. Ses jonroaux ont débordé dans les annexes ; et des bâtiments neufs ont été construits rue Colbert pour les mettre. Mais ses almanachs, ses « conseils généraux », qui sont aussi de l'Histoire de France, nous ne les retrouverons qu'en montant aux peoiers.

Dirai-je le triste état où les classements officiels par noms d'auteurs ou titres ont laissé les rapiK)rts, publications administratives, etc. Là, le catalogue de l'Histoire de France, trop compliqué, et qui date de l'Empire, ne sert à rien ; quant aux titres,aux auteurs,qui les connaît! Cecatalogue,dit d" Histoire , tt^be en failles sciences administratives, politiques... Les

bibliothèques spéciales, de commerce, de sciences socii celles des Ministères, et des Chambres j supplëent-elles ? le voudrait. La documentation d'une étude sociale mod et au courant rencontre à Paris d'invraisemblables difficu Sans doute nous n'avons pas l'argent de Washington, publie chaque année des index et des listes de tout ce existe sur telle question que l'actualité met en avant : s; res, heures de travail, émigration... etc. Tout cela à Paris de Y Histoire de franco. Quant aux annuaires statistiques plus récents ont couramment 3 ans de date.

Population, canaux, diplomatie, hygiène, administrai que sais-je, il faut attendre que tout cela soit de l'Histoi

Cependant, pour ceux qui se soucient de la réforme des françaises, annonçons une bonne nouvelle : la publicatioi Catalogue des Actes royaux de la Bibliothèque Natioi

Théologie,

Le sous-sol du magasin est donné aux livres pieux. C'< autrefois tout l'important de la bibliothèque, et on avait di ces fonds sacrés en six sections, qui, à elles toutes, n'en meraient qu'une, si l'on recommençait les classements, fonds s'accroissent relativement peu, si ce n'est de brévia; livres de messes, toujours les mêmes, et des Paillettes d qui se vendent et se rééditent comme du Montépin.

A. Ecriture Sainte :

— 18.401 vol. en 1897. — 1706 vol. de plus cinq ans plust

B. Liturgie : 27.906 vol., en 97. — 89^ vol. id. c. Pères de TEglise : 4 864 vol. — 4o3 vol. id.

D. Théologie catholique : 74 32a vol. — 5.798 vol. id. D*. Théologie non catholique : 17.681 vol. — 717 vol B. Droit canonique. 8.680 en 1897. — 67. id.

Le total de ces sections ferait 170.000 volumes.

Les années suivantes leur ont apporté 670, 7o3, 688 e1 1906, 629 volumes nouveaux, alors qu'aux sciences et c qui ne forment qu'une seule section, comme au xvn* si» et comptent iSo.ooo vol., l'accroissement dépasse i.5oo pai

Encore ces chiffres sont-ils un peu illusoires. La théol non catholique a en fait une activité beaucoup plus grai son faible accroissement est riche de livres nouveaux et i sommes loin de les avoir tous, car on imprime surtouten Sui tandis que des rééditions de l'Imitation^ du Livre de la je

fille et des catéchismes de chaque diocèse français, voilà ce qui grossit la Théologie catholique.

L'obligation de garder tout le dépôt légal encombre ce soussol et l'on pourrait en déménager les deux tiers sans nuire à aucun intérêt. Nous avons cité le Salve Regina, et la Prati^ qae de CAmoury de saint Alphonse de Liguori. Deux et trois exemplaires, ne serait-ce pas assez pour le service courant? En voici 95 et i6o,presque tous publiés depuis 5o ans chez Marne, Ardent ou Barbou. Les dates seules di£Fèrent. Et il en arrive tous les ans !

Ceux qui exigent d'une Nationale les services d'une bibliothèque courante devraient venir tâtonner dans ces caves ecclésiastiques. Bien entendu les livres précieux, les incunables, ne sont pas là. L'Encyclopédie de Migne est rapprochée du public. Les périodiques sont là, mais devraient ôtre mis à part. Restent plus décent mille volumes, dont un cent à peine est demandé couramment^ et je ferai la part large en disant que dix mille fourniraient tout ce que la piété la plus scrupuleuse a à rechercher. Le reste ? Le reste gène ; voilà tout. Le reste est une collection, dans le genre des collections de timbres-poste : l'oblitération, la teinte présentent de Tintérôt pour des gens estimables. Mais ces tîmbrcs-poste-Ià sont parfois in-folio. Pour donner à un prêtre tel volume dos Etudes qui l'intéresse, il faut longer cinquante mètres de bréviaires, tous semblables à celui que le prêtre a dans sa poche. Cette promenade, cent lecteurs attendent qu'elle soit finie. Et ainsi de suite. Quand nous parlions des bibliothèques américaines, qui schèteot et choisissent, ou même du British Muséum, qui n'est P«s obligé de garder ce qui n'offre d'intérêt d'aucune sorte (le d^pdt anglais n'étant qu'un droit de réquisition), nous n'avons P^ à nous étonner de communications plus rapides, ni même quavec un nombre de volumes bien moindre, ces bibliothèques fendent plus de services et soient plus fréquentées. Elles sont plus riches, vraiment! N'avoirque mille livres utiles, c'est avoir plus que de les avoir mêlés à dix mille inutiles. Car c'est les ^uver vite quand on en a besoin.

Mélanges. Linguistique, Bibliographie*

^'inventaire terminé en 1897 nous donne les chiffres sui- ^Qta:

Q'^n^iitiouect rhétorique. 50.693 n*«.

'^' ''•Wiograpnie. 14.601 •

^A. Catalogues de ventea et de libraires -^ environ 60.000. Z. . Polygraphie et mélan§^s. 8a. 307 n**.

Collections spéciales. 4o.45i.

Ce groupe comprend des collections spéciales sur Voltaire, Montaigne, etc., d'autres séries placées dans la Réserve, un millier de textes orientaux, et 3o.ooo thèses d'universités étrangères. La Polygraphie — traduisez revues^ encyclopédies^ elc. — débordedans des salles annexes.

11 est impossible d'attribuer le moindre sens aux chiffres de cette division, où tantôt 100 n^s correspondent à une seule revue^ tantôt un seul n° correspond à plus de cent volumes. Ici encore comment n a-t-on pas eu le courage d'entreprendre une division de « périodiques » ! On était libre de le faire, puisqu'aucun catalogue imprimé n'imposait ici règle ni précédent, et c'était besogne plus urgente que d'imprimer les catalogues. Les accroissements de 1904 à 1906 ont été de 320, de 434 6t 419 n<^"* Il y A dans ces x\^^ des collections importantes, telles que des encyclopédies ou les œuvres complètes d'un auteur, à côté de livres bavards sur des ce questions diverses ». La section Linguistique comprend des dictionnaires, mais aussi des livres de classe, grammaires et autres. 338, 317, 336, 527 n*>» nouveaux les années 1 903-1 906. Pour les six ans d'avant je trouve un total de t.25o livres nouveaux et presque autant de rééditions.

Poésie»

Nous sommes ici en présence de classements nets : livres de vers. Exceptons les œuvres complètes, morceaux choisis, poésie et prose, etc. Enfin c'est aussi net que possible, et Ton a heureusement conservé les vieilles divisions par pays.

Seulement dans la poésie il y a les chansons ; quand elles sont en musique on ne les compte pas, quand elles sont en recueil, on ne compte que le recueil, mais si le recueil est défait, alors voilà autant d'ouvrages différents que de chansons. C'est ainsi que l'on comptait, en 1897, pour la seule poésie française, 68.841 articles.

Les anciens fonds sont riches. Il y avait en 1875, outre 349 in-folio, 32.5oo volumes, environ l\oo recueils de chansons et vingt mille chansons ou poésies détachées. Les douze années qui suivirent n'ajoutèrent que 3o in-folio, mais cinq mille pièces. Nous comptons, pour 1904, un total de 497 n®' nouveaux, 43 1 en 1905, en 1906 394 et en 1907,306. Décroissance incon-

testable. Eq prenant des périodes de cinq ans de 1882 à igoa et en ne comptant que les volumes nouveaux, on peut noter une décroissance de cent par période; de i.Soo, on tombe à 1.200. Un léger relèvement vers igo3 na pas empêché le total de tomber encore.

En même temps les formats se modifiaient ; aux uniformes de Lemerre ont succédé les livres coquets ou bizarres, mais variés des symbolistes, puis Puniforme du Mercure est devenu prédominant.

On ne peut s'empêcher ici de regretter Tabscnce complète r des livres imprimés en Belgique. Est-ce qu'on achète des poètes!Oui,plus tard, en œuvres complètes. On a ignoré la petite renaissance typographique et poétique, si près de nous. Sans doute des dons combleront un jour ces vides. Mais il y a de beaux livres qu'on ne retrouvera pas.

Si même nous manquons des poètes français de Flandre ei Wallonie, quelle misère attend les collections des poètes vraiment étrangers ?

Onne peut ignorer qu*il existe des poètes allemands, anglais, italiens, russes; les hongrois aussi font beaucoup de vers... Et ^lera. Seules les traductions publiées en France viennent par ^épôt légal. Viennent aussi la Grèce et Rome, car on republie "onière, Virgile, et on retraduit toujours Horace.

Or tout compris, traductions comprises et compris les poètes ^^ l'antiquité, nous avons 126 volumes nouveaux en 1904, i45 ^' 143 les deux années suivantes.

La. pauvreté du budget n'est pas seule ici en cause. Le plus

^l travail allemand sur la poésie d*un peuple serait acheté.

Mais non les poètes allemands d'aujourd'hui. On attend que le

Public les demande. Disons mieux : on attend, pour acheter

^^s textes, que la traduction française ait paru. Et si les textes

étrangers ne sont pas à la Nationale, où sont-ils en France ?

Sur les jfonds étrangers de la poésie, outre i.5oo traités et ouvrages généraux, nous trouvons 1.200 vol. de poètes orien- Vlux, 7.000 grecs, aS.ooo latins dont les vingt dernières années ^'ont guère apporté qu*un mille, ii.^oo italiens, dont les 4oo tlerniers sont seuls de ces vingt ans, 4-5oo espagnols et portugais, 5.000 allemands, 3.000 néerlandais. 6.5oo anglais dont 600 depuis vingt ans, rééditions comprises, et 880 Scandinaves, dont un cent de nouveaux, 960 slaves, ô5o celtiques et 260 d'autres langues.

Voilà de quoi faire des thèses sur les auteurs anciens,

— i4a mais non de quoi suivre le mouvement poétique de l'Univers.

Théâtre.

Le répertoire français de lo ans (i 892-1 901), d'après la table (le M. Soubies, est d'environ 3.3oo pièces. Gela comprend bien des pièces non jouées, plus encore de non imprimées, et que de petits actes ! On y remarquc^43 mariages (libre, forcé, en poste, g'alant, sans-culotte, d'amour, bourgeois, d'aujourd'hui, d'hieri etd*argent, et ceux d'Olympe, de Berthe, d* Yvette, de César» de Figaro, etc.), 8 trucs^ 1 1 agences^ i4 affaires^ 49 -<4moar5 (l'un qui brode, l'autre qui s'envole ; un aveugle, un marmiton, un mouillé, un parfumé, un sans phrases, un vainqueur et deux tout courts), 6 Anges^ 88 Parisy 11 Passions, 12 secrets, et 4 zuts,,.

En 1906, le nombre des pièces est de 968, dont i65 n'ont pas été jouées. Le café concert (432 brochures), les revues et piécettes de province (238j forment le gros de ce chiffre. Il n'y a pas à Paris un cent de pièces neuves par an, et si l'on ne compte q je celles de trois actes et plus, on en imprime plus qu'on n'en joue. Je ne parle pas des manuscrits, dont chaque théâtre traîne deux ou trois cents.

L'impression par désespoir ou par mépris n'a pas d'importance commerciale. Cela n'en aurait que si nous parlions littérature. Il y eut Villiers de l'Isle-Adam, il y a Maeterlinck, Claudel, Romain Rolland, pour n'en citer que quatre écrivant en français, car il y a aussi Ibsen et quelques autres, non joués, joués après coup ou mal joués... Pour les rares attardés selon qui une pièce de théâtre peut, encore être une œuvre d'art, ce n'est plus guère que dans les bibliothèques (c que l'on fait du théâtre ».

Passons au commerce. J'écrivais en 1908 :

La « pièce de théâtre » dit-00, ne se rend pluf. Je compte que le noureâu fonds frauçaÎR, formats in-8* et au-dessous, s est au|S!:meDté de a. 000 les cmq années qui vont d'août 1883 à août 1S87, de 3. 100 les cinq anoi^es suiirantes 87-99, de 9.3oo les cinq années suivantes, puis de a. 000 seuleuieot, et cette décroissance persiste, puisque l'année passée ua reçu que 400 volumes.

Ici, je puis indiquer une cause, que je crois la rraie : les années 1887-91 n'ont pas produit plus de pièces que les autres, mais elles s'éditaient toutes, on les vendait en petits volumes commodes, bons à mettre dans la poche, au prix de 3 francs

On rit alors les formats g^ssir et j'entendis un éditeur dire : c Ou n'en vend pas moins à 3 fr. 5o (|u'à a francs. » Cela fut vrai tant que les collectionneurs purent croire à une exception. Au bout de peu de temps, ils renonoèreot, parce que les livres étaieut trop chers, trop gros et encombrants.

Di M colItcUoDoèKDt plus et ce fut une bonne petite oUentèla lûre, dont U URMC des éditeors se prira.. .

L'àiicor qui me tenait ce langage n'ëdite plus de pièces de thëAtre.

Oo sait quel essor a pris depuis la publication des pièces de théAlres. La pièce de théâtre lue, qui passait pour n'intéresser que mille ou deux mille spécialistes capables d'en donner deux inncs, et qui, à 3 francs, se vendait « presque autant b, s'est trouvée intéresser plus de cent mille lecteurs, le jour où tlllustration l'offrit pour un franc. Ce. un des cas les plus curieux de ces « publics inconnus » que l'histoire littéraire commerciale, qu'on devrait écrire, révèle à chaque instant. Y avait-il là une innovation ? Môme pas. 11 suffit de parcourir les 6.000 pièces de théâtre grand in-S^' de la Bibliothèque pour voir qu'Hugo, Dumas fils, d'Ennery vendaient déjà à gros tiraK^e, il j a cinquante ans, leurs longues brochures à deux colonnes avec gravures grossières. Il y a eu extinction systématique d'un marché par les éditeurs. Et il ne faut pas croire que les volumes plus chers aient été plus beaux de papier ou de texte I 11 V a eu simplement cette habitude commerciale et nationale, qui consiste à tuer les poules aux œufs d'or. Nous verrons le même système appliqué aux romans, aux nouvelles. Tuer un revenu annuel pour gagner une seule fois un tout petit peu plus.

U vente des pièces de théâtre a repris de plus belle à des prix très bas, et le plus souvent en supplément de revues. •^ )us trouvons les chiffres de 872 pour 1904» année très gros- M9 par des pièces en un acte qui sont aujourd'hui plus difficiles à caser ; 1906 et 1906 ont donné les chiffres de 54 1 et 596. En 1907, 58o.

U n'est point possible de donner les chiffres de vente. Mais il est clair qu'ici le chiffre de 5oo nouveautés représente un ^ifai^ centuple des 4oo d'il y a cinq ans.

Le chiffre total des pièces françaises a, en 1908, dépassé ^s-Soo, chiffre bien inférieur à celui de l'Arsenal. Il y a plus deSo.ooo pièces de théâtre si l'on ajoute une riche collection de pièces néerlandaises (3. 600) et italiennes (a. 6001. Les séries ^^Isise et espagnole n'atteignent pas 700, allemande et por- ^'i^aise 3oo. Et le théâtre espagnol est plutôt abondant... '^ il ne s'agit ici que de pièces de théâtre publiées isoié- ^Qt On compte les œuvres et recueils de théâtre étranger à P^* Pour le théâtre français pris en général, recueils de piè- ^ et ooUtctioiiS, nous trouvons au contraire 18.000 volumes

et un millier de brochures. Un quart, considéré comme p

cieux, est dans la Réserve.

L'accroissement de cette section est d'une centaine par i Le théâtre étranger moderne manque comme la poéj

comme le roman moderne. Les achats se bornent à la critiq

Quand une pièce est traduite, connue, et réclamée par le ]

blic, on s'en procure enfin le texte.

Médecine,

Les sciences médicales comprenaient, en 1897, 64.916 i plus une collection de thèses qui doit être de 96.000 à 100.0

Les augmentations de cette section sont considérables. 1906, on ajoutait 697 ouvrages nouveaux et 8^2 suites à publications en cours. En 1906, ces chi£Fres étaient 728 et 8 en 1907, on atteignait le total de 1.869.

La Nationale possède une collection ancienne très curiev et reçoit un des deux exemplaires du dépôt légal, le 2* ail non à l'Ecole ou à l'Académie de médecine, mais à Saie Geneviève.

Il a été publié un catalogue méthodique en 3 volumei 616 divisions. Chaque division poursuit son accroissement son côté. Tout cela est fort logique, mais trop complexe p rendre de bien grands services. On en réclame un exemple en ordre alphabétique, pour le public. Ainsi la physiolo d'un membre se trouvant au bout d'un chapitre, l'anatoi du m«^me membre à un autre, et sa thérapeutique et sa ne graphie ailleurs, on voit qu'il faut connaître le catalogu fond pour trouver ce que la Bibliothèque possède sur le membre.

En outre, ce ne peut être une bibliographie scientifique, c loles périodiques, — combien plus importants que les ]i\ en médecine! — ne sont pas dépouillés et les thèses son part; 2^^ le catalogue, n'étant pas tenu au courant pour le blic, n'a qu'un iutérêt surtout historique, ce qui n'est paî plus grand intérêt des sciences médicales.

Il a pourtant, outre l'histoire, son rôle utile. Ainsi 01 trouve assez nettement plus de 20.000 ouvrages répartis d; les il\o sections assez nettes de pathologie. Si on le consi peu, ccst qu'un institut bibliographique fonctionne f bien pour la médecine et qu'on n'a recours qu'accidente ment à ce catalogue. 11 n'en serait pas moins une base ex< lente pour une mise au point des sciences médicales dans no

bibliothèque, le jour où les crédits, la place, Tiodépendance et les connaissances spéciales des bibliothécaires permettraient de donner à la Nationale un rôle scientifique.

Sciences et aris.

Les classifications de l'Ancien Régime, pieusement conser^ vées à la Nationale, avaient réservé uniquement 3 divisions aux sciences, arts, métiers, etc., alors que la littérature, la théologie, l'histoire en accaparaient plus de vingt. Dans les classifications décimales modernes, ces 3 divisions en font dix (n^' i , philosophie, 5, sciences naturelles, 6, sciences appliquées, 7, beaux-arts), mais nous avons vu que la médecine a une place à part. Il semblera étrange que la physique soit encore mêlée à la philosophie, et si la section de sciences naturelles est encore valable, on ne peut imaginer ce que contient la sec- ^on V dite a Scienceset Arts » : tout ce qui concerne les métiers, la mécanique, Tarchitecture, les Beaux-Arts, les ponts et chaussées, le commerce, les industries du métal, des mines, les diemins de fer, sports, Bourse et finances, tout!...

Jusqu'au xix® siècle il y avait là des groupements. Voici encore, sur la danse, un joli groupe de vieux maroquins Tou^ aux armes du Roy. Mais aujourd'hui tout est mêlé. Toute la littérature spéciale aux autos et vélos, aux ballons, à la photographie vient en désordre grossir cette section invraisemblable. Des volumes, il y en avait 55.ooo en 1875. Vingt ^Qs plus tard c'était presque la moitié en plus. £n brochures, »1 y avait a8.884 pièces. i6.i85 s'y étaient ajoutées en 1897. Mais ces chiffres ne comprennent ni les suites de revues — et ^ules les revues techniques, industrielles sont là, — ni les annuaires. Et le Bottin est là, les Brevets d'invention sont là, *^ indicateurs de chemins de fer sont là... C'est là enfin que '^^^s allons trouver le plus de recueils factices. , Recueils factices. — On appelle ainsi ce qui passe pour uiclassable. Il y a environ 3. 000 tas où Ton pose soigneuse- ^^^X ce qui arrive, dans un ordre généralement chronologil^e. Pour l'ancien, prenez en dessous, pour le neuf dessus. ^ liste en tient 76 pages, chaque page tenant une quaran- *'Oe de rubriques. On trouvera le paquet de la Société des o^^s de lettres, des principales Œuvres catholiques, etc. Les r?^ les plus fréquents de ces rubriques sont : Académies — p^Sches — Almanachs (5 pages) — Associations (6 pages) — ^*«ses— Catalogues — Comités — Compagnies — Congrès —

Ecoles — Expositions — Indicateurs — Li^es — Manufa< tures — Ministères — Œuvres (8 pages) — Programmes - Rapports — Règlements — Sociétés (i3 pages) — Théâtres - Unions, etc.

Quelques répertoires spéciaux, permettent de se retrouve un peu dans ces fouillis. Avec un peu de temps on trouve toi de même. Aucune des pièces de ce recueil ne vaudrait uo fiche d'un centime, — mais leur ensemble présente des co lections infiniment utiles, où abonde l'inattendu.

C'est malheureusement une utilité dont le public ne profit guère. Nous sommes ici au point le plus critique, lo plus dij ficilc des classements. Ces classements de feuilles, circulaires prospectus, demanderaient de grands efforts, des spécialiste animés d'esprit pratique qui prendraient goût à former de a collections ». Cette partie morte de nos bibliothèques e^ celle qui pourrait être la plus vivante. C'est là que le classe ment par nom d'auteurs, dont nous reparlerons, peut causer le dégâts les plus absurdes. Pour retirer de ces recueils les pièce qui paraissaient avoir quelque intérêt, on s'est ingénié à rechei cher des titres, des noms d'auteurs à ce qui n'en peut avoir, peu près comme un banquier classerait ses valeurs au nom d dessinateur des figures qu'on voit sur les titres. Ne demande pas une pièce de dix sous; il faut demander un Rotj. On a et en France jusqu'à briser certains recueils reliés pour arrache un nom d'auteur, salut des bibliographes. Pourtant, que d fois, au British Muséum, j'ai demandé une brochure qui m fut apportée brochée dans un recueil qui en contenait di autres bien plus intéressantes pour moi.

Revenons aux volumes et brochures cataloguées. Le tableai ci-après vaut comme indication.

Comparez-le avec la théologie, ci-d&ssus. Je n'ai pas à insiste sur les causes multiples et habituelles d'inexactitude. Le collections (revues vieilles d'un demi-siècle, encyclopédie chimiques ou agricoles en loo volumes, etc.) sont fjpénérale ment comptées par volumes jusqu'en 1876 et pour une seul unité par ouvrage, au-delà. Dans tout ce qui a plus d'un demi siècle, la moindre paperasse peut former une unité, alors qu depuis elle viendrait grossir les recueils factices.

Ces trois sections ne pouvaient tenir dans le magash construit par Labrouste. Elles ont envahi un vaste magasii supplémentaire, d'où la promenade est longue pour amené: les volumes. Nous avons dit que ces sections comprennen

En 1875

H. Sciences phi-^ ^

losophiques, moV ^^''^7 "• ril« et physi-( - ,

qoet ..1 '2.269 br.

S. Sciecces natu-i 35.!)go vol.

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