‹ Bibliothèque, essai sur le développement des bibliothèques publiques et de la librairie dans lesChapitre 28 sur 118 · ESSAI DE CLASSEMENT RÉALISTE · texte numérisé non relu

ESSAI DE CLASSEMENT RÉALISTE

ement d'amateur : Amour, beaaté, commodité, rment de bibliothèque :

r groupe. — 3 classements nécessaires.

\riodicité, — Liyrei, tirages à part, etc. — Notation de la pério* iié.

}rmai, — Notation de grandeur et dVpaisseur.

uoque, — N(^cessité de scinder catalogues et livrei en plusieurs ëpo- ;s : antiquités, livres du siècle, nouveautës, etc. — Solution de bien ( difficultés bibliographiques par les époque», — Qu*il j aune diyi- Q naturelle des àqes à trouver. — Manuscrits. — Imprimés. — Dac- *. — L'âge des cnemios de fer. — Rapport entre les grands faits et production littéraire.

me groupe, 'S langue».

Usage, — Le classement de commodité. — Lirrei de référence, de t, doubles, réserve, exposition, etc.

! caractère, — Fonds spéciaux de classiques. — Livres pour la aesse. — Juvenile-rooms en Angleterre. — Les étudiants. — Hypose d'un classement de Degré des livres : Etudes originales, ensei- ;ment Kupérieur, primaire, vulgarisation, etc. me groupe.

y sternes. — Applicables chacun à une sorte de livre. assification décimale. — Les sciences. — Exposé. — Ses limites. ijet. — Dictionnaire-catalogue : Biographie, topographie, monophies diverses.

tre» et noms cTauteur», — Littérature personnelle. — Œuvres cornes. — Romans, poésie, théâtre. — Le catalogue de ces fonds spé- IX sert aussi d'index aux autres fonds.

assement» spéciauœ. — Séries distinctes d'ordre alphabétique et >sements géographique,— hiérarchique,— chronologique. <—âzem- ). ~ Classement des Estampes, ion. — Extension de la notation décimale. — Conclusion.

^rand organisateur de coDgprès, en 1900, sachant que je ais quelques volumes et que j'avais rcg^ardé les intéresexpositions bibliographiques qui se tinrent cette annéedemanda à quel système je m'étais rallié pour ranger 'res, chez moi.

étonnais beaucoup en lui répondant sincèrement :

Voici : A. Sur ma table, dans ma poche, sur la table de nuit et sur la cheminée, les livres que je suis en train de lire.

B. Sur un petit meuble auquel j'ai mis des roulettes, car les bibliothèques tournantes coûtent cher, j*ai mis les livres que je ne lis pas, mais consulte souvent : dictionnaires, annuaires, guides, indicateurs de chemin de fer et de bateaux, hélas ! et un poète ou deux que je change de temps en temps. Il y a aussi des catalogues — délivres... et peut-être de Potin ou de la Samaritaine, ou des « grands tailleurs », articles de voyage, vélo ou auto, enfin le prix des outils dont je puis avoir besoin.

C. EnBn sur une table, une autre, j'ai soigneusement mis en désordre les revues et livres que j'ai reçus tout ce mois, des images, les cartes postales de mon dernier voyage, quelque jolie reliure, enfin un cendrier, bien que je ne fume pas.

I^ tout suppose évidemment qu'on viendra me voir.

On ne vient guère, parce que je demeure trop haut ou trop loin, qu'on peut me voir ailleurs ou me faire venir, ce à quoi je ne répugne pas, ayant besoin d'exercice. Mais ces livres disposés pour la montre me donnent sans doute l'illusion d'une compagnie. Voilà, me dira-t-on, des choses qui ne regardent que moi, et que je pourrais me dispenser d'imprimer. Quelle erreur ! Toute bibliothèque publique doit avoir cette table-là, comme un médecin sans clients un salon d'attente, comme les anciens avaient le temple au dieu inconnu.

Dans les musées de Washington les hiéroglyphes mexicains, qu'on ne comprend pas, rappellent aux Yankees que toute la terre ne parle pas anglais. Tels livres peu lus — le Budget, par exemple, — devraient être obligatoires sur toutes les tables de bibliothèques.

D. Si enfin, passant de ces annexes, plus importantes que le principal, au corps d'armée des livres rangés le long du mur, je remarque que l'Amour, la Beauté et la Commodité sont les trois règles que j'ai tour à tour observées. J'ai mis plus près tantôt ceux que je lis le plus et tantôt d'autres que je lis peu, mais que j'aime savoir là, et tantôt d'autres simplement parce qu'ils font bien.

Tel est le système qui m'a semblé le plus pratique .

Et sans doute il ne s'applique qu'à un nombre restreint de volumes, mais si je songe qu'ici l'Administration est réduite au minimum, un bibliothécaire unique se trouvant chargé da classement, de la recherche des livres et de leur lecture, et que

le catalogue devant en être dans ma tête, i) doit être léger pour laisser de la place à quelques autres idées, il y a cumul de raisons d'aller au plus pratique, et je ne vois rien là d'absolument inapplicable à une grande bibliothèque.

Il y a beau temps que ce système fonctionne à la Bibliothèque Nationale, par exemple, où il y a une « Exposition », des livres à la disposition des lecteurs, et où dans chaque service, pour ne pas se déranger, l'employé se fait officiellement ou non sa petite réserve de ce qu'on lui demande chaque jour.

Les règles grammaticales ne sont fixes que dans les langues mortes. Dès qu'on parle, on dérange tout. D en est ainsi des bibliothèques dès qu'on y vient lire.

Je ne puis me résigner à admettre qu'il faille aligner les volumes les uns au bout des autres, dans leur ordre d'arrivée, — c'est-à-dire les derniers, les plus demandés d'ordinaire, situés les plus loin, la a* édition à 5oo m . de la première, et les œuvres d'un auteur dans autant d'endroits qu'il a d'oeuvres et d'éditions diverses, ce qui fait plusieurs milliers pour certains d'entre eux. Jamais on ne nous fera croire que la recherche s'en trouve facilitée !

Nous distinguerons trois groupes de classements.

PREBOER GROUPE

Trois grands plans diviseurs de toute bibliothèque.

D'abord le plus incontestable de l'utilité d'un classement réaliste, d'un classement de choses, l'obligatoire. Périodicité, Format, Epoque : les 3 dimensions en bibliométrie.

1. Périodicité. — Aujourd'hui il faut admettre que le service des périodiques est un service à part, entièrement différent de celui des livres, qu'il exige des salles de lecture à part, des magasins à part, des catalogues autres.

Il n'est plus une bibliothèque qui se fonde sans une salle de périodiques. Parfois l'on réunit les revues aux journaux, parfois aux livres; ailleurs on les met à part. C'est à discuter, mais on s'accorde au moins pour séparer les journaux du reste. Les engins de transport diffèrent, le mode de classement diffère, le public même... tout diffère. C'est de la cavalerie mêlée à de l'infanterie. On ne peut aller au pas.

Seule, je crois, notre Nationale traîne ses périodiques, dont elle n'a pas su se débarrasser à temps. En les englobant dans des Catalogues qu'elle a eu le malheur de faire imprimer, elle a attaché solidement ces encombrants personnages, si modestes jadis. Ce qui prouve le danger d'imprimer des Catalogues.

11 va de soi que les revues doivent être conservées dans la même maison que les livres ; il n'est pas nécessaire que ce soit au même étage. Le périodique joue le rôle du coucou dans un nid. 11 grandit et pousse ses jeunes frères dehors.

11 y a d'autres raisons, et décisives, de séparer Revues et Journaux des autres livres. Nous y avons consacré un chapitre, mais nous voudrions ici mentionner une notation possible des périodiques.

S'ils nous intéressent tant, ce n'est pas pour eux-mêmes, mais pour ce qu'ils contiennent; en autres termes, ils ne servent vraiment, ils n'existent que dépouillés, et la plus grande difficulté, la question même des catalogues est celle des renvois par des mentions aussi brèves que possibles, — car il y en a beaucoup, — aux articles de périodiques.

Les publications scientifiques sont aujourd'hui l'objet de dépouillements assez complets, tant à l'étranger qu'en France. Une bibliothèque doit se servir de ces bibliographies toutes faites, les annoter et, si possible, les compléter. On doit y trouver rangées par matière celles qui ne le sont pas, comme celle des Sociétés dites savantes françaises. Enfin les revues littéraires ou générales ne sont l'objet d'aucun travail régulier. L'Argus des revues est totalement insuffisant. Rien ne correspond chez nous au Poole et Fletcher. Ne fût-ce que pour se dispenser d'acheter les livres qu'on possède déjà, parus dans une revue, un dépouillement est indispensable.

Il semblerait assez simple d'exprimer pcir une lettre ou un chiffre le fait qu'un article se trouve dans une revue ou an journal. Nos bibliothécaires passent à écrire « Extrait de... » ou a Tiré à part de j> le temps qu'ils passeraient à noter les articles qui ne sont pas tirés à part. L'on peut aussi exprimer les modes de périodicité en chiffres, o à g, énumérant les différentes espèces suivantes : livres complets, brochures et tirages à part, collections ou séries, quotidiens, journaux et revues hebdomadaires ou publications mensuelles, trimestrielles, etc., annuaires et almanachs, périodiques irréguliers.

Cette notation étudiée, enquêlée, pourrait raccourcir notablement la rédaction des fiches, d'autant plus longues que

3bjet est de moindre importance. Les titres môme pourraient xe fort raccourcis, si 4 veut dire journal quotidien, 5 revue ebdomadaire, 8 almanach de...

Enfin, les remaniements sur place seraient réguliers, puisue le numérotage serait basé sur la périodicité, facilitant réolements, réclamations, communications, additions. Chaque lise en place assurerait que la suite est régulièrement reçue.

2. Format. — Il est un classement matériel qui ne sera pas >ntesté. Ceux mêmes qui font les classements les plus ratioalistes doivent s'y conformer : c'est le format.

J*ai cependant entendu proposer d'uniformiser le format des vres. Oui, un esprit logique, plutôt que d'adapter sa fantaisie

celle des faits, voulait décréter le format obligatoire!

J*ai connu ce personnage, qui avouait. Il a un frère qui l'avoue pas, c'est tout le monde. Le public a depuis longtemps églementé les formats. Les éditeurs ne le savent que trop... /io-S* sérieux, Tin-i 8 romanesque ont pesé un demi-siècle sur la censée française, lui interdisant les formes les plus commodes, lécrétant que le roman doit avoir 3oo pages et qu'un ouvrage érieux doit être gros sous le bras ! Nous avons montré cette volution des formats sur les rayons de romans de notre «Nationale. Celle-ci n'a reconnu que trois formats, et appelle i^ tout ce qui n'a pas plus de 0,20 centimètres. Dans la praique on a gagné de la place — il le fallait — en couchant eux dont la tête dépasse, et rin-8^ Roman est plus bas que in-80 Droit.

C*est que, pour atteindre « le minimum de place », il fau- Irait décider des formats en place. L'in-18 Charpentier est un miforme qui peut classer une ou deux centaines de milliers le volumes, au xix® siècle. Mais il est en train de mourir.

Les formats identiques dans nos bibliothèques se chiffrent par dizaines de mille volumes. Comme nous l'avons dit à propos de mécanique, la place est un problème grave, et doit ^tre économisée avec avarice. Dix formats ne seraient pas trop pour adapter les différentes espèces de livres avec perte minimum d'espace, tout en observant des règles qui permettent le calculer un déménagement avec exactitude, car avec 3 fornats sur le papier on en fait plus do dix en fait. Ajoutons que lous ne parlons de précision que pour les petits volumes. Aulelà de o,4o de haut, on peut dire simplement les grands. Le aombre en est faible et les dimensions en sont très diverses; il

faut presque un format pour chaque. Puis il y a le cas des journaux. EnlSn le maniement des poids lourds dîSère.

Il semble donc qu'une notation de o à 5 pour les livres ordinaires, de 6 à g pour les grands livres, atlas, journaux, donnerait pratiquement tout ce qu'il faut savoir des dimensions; et Texprimerait plus rapidement que les formules de format en usage.

Une autre mention pourrait figurer dans la notation; c*est l'épaisseur, le nombre de pages, soit qu'on l'ajoute (escactemeDt ou par nombre de dicaincs) en exposant (4^), soit qu'il entre dans la numérotation môme (4, volumes in-8® de plus de 9C pages, 5, brochures in-8<» de iG à 96 pages in-8% etc.), soit entin qu'une étoile distingue les volumes — moins nombreux cer^ tainement.

Le grave reproche fait aux systèmes : « il faut les étudier 9, ici au moins ne s'applique pas, car l'in-ia ou l'in-folio ne disent guère la grandeur vraie, et Técu ou le Jésus qu'on j ajoute sont aussi choses à apprendre.

3. Epoque. — Nous abordons une troisième dassificatîoD, essentielle scion nous, s'appHquant aux choses, et que, aoD moins que les formats, de bon ou mauvais gré, il faut tât ou tard appliquer. Mais combien celle4à on Tavouera peu I C'est celle par époques.

Pourtant, il ne s'agit plus seulement de rayons et magasins spéciaux, mais de Mtiments spéciaux. Nous répéteras souvent (|ue ce serait le plus efficace des remèdes contre Tinertic des bibliothèques françaises qu'une séparation nette de fancien et du neuf.

Nous avons souvent Tair de dénigrer Tancien. Si oous avions pour but de défendre, non les vieux livres — cela nous semble inutile : ils sont bien défendus, — mais par exemple les monuments historiques, qui le sont très mal, on nous trouverait violents contre la modernité.

Public, soins de conservation, communication et prêt, rédaction de catalogue, personnel, savoir technique à exiger de ce personnel... je ne vois absolument rien de commun entre tes services des livres du xv^ siècle et ceux d'aujourd'hui. La maison ? xMôme pas. Le quartier où il est commode de la placer n'est pas le môme. L'Ai-senal est une admirable bibliothèque de vieux livres : on y met les journaux du jour. La paix du vieux quartier invite à de paisibles études. Mais nous verrions

» bien sur les boulevards une bibliothèque moderne, en utique.

« Mais où commence... où finît... La séparation est arbilire! » — Nous aurons ving^t fois à éviter cette raillerie facile. l'y a-t-il dans l'univers qui puisse avoir de séparation nette? s frontières des peuples en sont une. Il y a un poteau qui dîque : ici, la France. Il suftit donc de mettre un poteau, ettons-en. 11 est d'ailleurs permis de discuter s*il est plus mmode de les placer ici ou là. Quelquefois c*est indiqué : I fleuve, une montagne. IVIais en plaine nue, il faut bien se ettre d'accord sur une ligne toute idéale. On peut se battre, est encore plus idéaliste, selon Moltke. Mais c'est façon utale de se mettre d'accord pour placer ici ce poteau qu'on lurrait parfaitement mettre là.

Les lignes idéales ont elles au moins des lois connues? ême pas. Entre les extrômes, l'un où les livres de l'année derère sont inutiles — les cas abondent dans l'industrie — et la éologie, où les livres vieillissent en se bonifiant, suivant l'une bibliothèque est plus riche de tel ou tel crû la limite rie. Il n*y a pas une loi, il y a des jugements de partage, et droit pour tous de ne pas rester dans l'indivis. Quelques exceptions, dira-t-oo, seront à faire. D'anciens Tes, non réédités, sont utiles. Mais quelle bibliothèque n'est s obligée d'avoir certains livres en double ? Lfa plupart des livres vraiment utiles ont été réédités et une jliothèquede tous les livres parus depuis cinquante anslais- "ait au passé une part certes importante, mais d'un usage is rare. Division arbitraire, sans point fixe, variable, — lis obligatoire. Voilà ce qu'il faut comprendre. Car si les usions format et périodicité ne s'appliquent pas aux calaloles, celle d'époques est commune aux livres et aux fiches. land nous avons mis à part les périodiques et divisé les rmats, nous n'avons en rien déchargé les catalo|ç;ues. Nous $ons, au contraire qu'un article 'récent sur les procédés de aie d'un métal a le môme intérêt qu'il soit dans un livre ou ns un périodique, et que le papier sur lequel il est imprim It plié en quatre ou en six. Aucune raison de séparer i catalogues, car le public aurait à chercher deux fois. lis que cet article date d'hier ou du xvn® siècle, il n'en est ts de même. Le public n'aura pas à le chercher deux fois^ pce que le public qui cherche l'histoire d'un objet et celui i en étudie la fabrication actuelle n'est pas le même.

Nous pouvons donc ici traiter la question catalogue en même temps que la question livre. Même la question de diviser les bouquins peut n'intéresser que les spécialistes : le public se soucie peu de savoir d'où vient un livre, il se plaint seulement de l'attente. Mais l'encombrement d'un catalogue, il lèsent très directement, parce qu'il doit j chercher lui-même. Il faut bien dire que la plupart de nos catalogues sont déjà si encombrés que Ton est absolument rebuté d'y chercher. Que sera-ce dans quelques années?

L'idée de cAoïa: intervient alors. Ce sera un gros sujet dediicussion. On fait intervenir les grands principes : un bibliothécaire ne doit pas choisir, ne doit pas a condamner à l'oubli >, comme dit M. Delisle, telle œuvre humaine. Mais ce n'est pas condamner à l'oubli que de faire deux séries, l'une très commode, d'usage courant, l'autre de réserve, où ceux qui ont le temps peuvent pêcher. Or il y a un Choix pratique, pas arbitraire du tout, la date.

Il faut bien dire une fois pour toutes qu'un catalogue général, unique, tenu à jour est une utopie. Mettons que c'estpossible jusqu'à un million de volumes. Mais puisqu'on publie des catalogues, c'est pour que les autres bibliothèques, celles qui ont moins de livres, aient au moins la liste des livres qui leur manquent. Le British Muséum a imprimé son catalogue, dit M. Garnett, par économie; il tenait tant de place et croissait si vite qu'il allait jeter dehors bientôt livres et lecteurs. Imprimé, il est encore gros et menaçant. Or le fait même d'imprimer établit une scission ; avant et après le catalogue.

S'il y a encore pour un catalogue d'auteurs quelque possibilité d'être unique, il n'y en a déjà plus aucune pour un catalogue de matière. La Nationale a dû couper en deux celui qu'elle commença il n'y a pas trente ans. On va droit au récent, ou droit au plus ancien. Et le gain est immense, car la partie ancienne, arrêtée, peut être disposée de façon plus commode que la partie moderne où l'on intercale encore.

La réduction à 3 séries nous semble un minimum dans toute grande bibliothèque. Nous l'appliquons aux livres comme aux fiches de catalogue :'

A. Livres récents. Ils sont à garder tout près de soi, et le catalogue qu'on peut en faire n'a qu'un mérite : celui d'élre tenu à jour.

Il s'agit donc de prendre les voies les plus rapides : la

aachine à écrire ou le découpage des notices dans tel journal le librairie. En Amérique, en An^ji^leterre, on affiche les nouveautés, parfois même à la craie sur un tableau noir I A )zford, au British, on fait une autographie en 5 exemplaires. k>ston et d'autres, voire des populaires à Berlin, ont une mprimerie. Une liste annuelle d'accessions, rangée par maières, rend de grands services^ mais nous l'avons en France : e journal de la librairie d'une part, les bibliographies scientiiques de l'autre. Dans l'état des bibliothèques françaises, l'im- |>ression mensuelle des acquisitions semble la plus absurde les dépenses. Nous avons parlé à propos de Dépôt légal de iches imprimées une fois pour toutes, ce qui trancherait la {uestion.

Il est recommandable de marquer chaque année d'un signe apparent, soit la teinte du papier sur lequel on colle la fiche, soit un timbre dans un coin. A date fixe, dix ans, par exemple, on fera aisément passer les fiches marquées de tel signe de la série moderne A dans la série plus ancienne, B.

B. Livres du siècle. Entre dix et cent ans combien faire de séries? Le Lorenz nous parut plus pratique décennal que quinquennal, et il semble nécessaire d'avoir une seule série où tout ce qui a moins de cent et plus de vingt ou trente ans s'intercale. On peut discuter si, une fois le catalogue de cette série (empiétement et méthodiquement rédigé, il importe d'imprimer le tout ou seulement quelques parties plus utiles.

G. Les Antiquités, L'on peut essayer là, si l'on a le temps et l'argent, de faire des catalogues définitifs. Il n'est pas nécessaire que cet argent soit celui de l'Ëtat et il n'est pas désirable qu'il vienne en déduction des crédits plus utiles destinés aux acquisitions. C'est ici que le mot « œuvre personnelle » a tout son sens, et l'offre de travail abonde.

Le Catalogue de la Bibliothèque Nationale eut la folie d'englober le prient et l'avenir. L'un des plus grands regrets que l'on puisse avoir, c'est que les éminents historiens qui s'en sont occupés ne se soient pas arrêtés à la Révolution. Leur science aurait laissé un monument durable, digne d'eux, digne de la Bibliothèque... que dis-je : terminé!

Nous croyons devoir insister sur cette division d'époques. Elle peut aller très loin et aurait en France une importance immense. Je dirais même : elle sauverait nos bibliothèques. Et je ne parle pas seulement de faire deux catalogues, d'avoir des

rajons spéciaux, une g^alerie à port. Je parle ni plus ni moini de construire ailleurs, et d'emporter loin du musée, loin des archivistes, dans un autre quartier, la partie vivante.

Une classification par époque choque le bon sens ?

Mais seule elle permet un classement de bon sens. Seuk elle maintient les recherches à faire dans les limites du boa sens!

Elle est arbitraire, n'a jamais été appliquée...

Elle est forcément appliquée, puisque tout catalogue qui paraît tranche en deux, arbitrairement, le sujet qu'il traite, et qu'une série nouvelle s'ouvre du fait -même qu'il paraît. Catalogues, suppléments... Ce sont en effet des sections arbitraires. Nous allons voir que cet arbitraire peut être réduit...

La classification en 22 divisions donnée par M. Delisle est excellente pour une bibliothèque qui s'arrêterait à Louis-Philippe. Mais il eût fallu ouvrir là une série nouvelle. Ou cherche des divisions log'iques. La vie en fournit de toutes faites.

Toutes nos bibliothèques sont divisées actuellement en deux: Imprimés, Manuscrits (autogpraphes modernes mis à part). La découverte de l'imprimerie tranche en deux les bibliothèques.

Je me hasarde à dire que celle des chemins de fer n'a pas beaucoup moins d'importance Même sur les livres.

Ce sont des mutations de l'espèce civilisée. L'imprimerie fut moins une invention qu'un besoin. 11 fallait qu'on l'inventât, et on l'aurait inventée de toutes façons, comme, si en i84o U locomotive sur rails avait échoué, on aurait, et l'on en fut bien près, trouvé l'automobile.

L'époque des chemins de fer ou la Révolution de i848 peuvent clore nettement une classiHcation de livres. Depuis lois les industries, métiers, inventions, le commerce, les sciences neuves ont droit à une série de chapitres très nets. Qu'on discute si la Décoration est de l'architecture ou de la peinture, et si Chaussettes pour dames est de l'Histoire de France... — mais la photographie, par exemple, est une section bien claire, et il importe peu qu'elle soit des beaux-arts ou des sciences appliquées, et le nom des auteurs même j est sans intérêt» mais la liste des livres et des recueils factices de cette série doivent être fournis tout de suite dans une bibliothèque qoi se prétend « classée «.De même la psychologie^ qui s'éparpillait entre la théologie, la philosophie, la médecine, les sciences naturelles, les sciences appliquées, la littérature, le droit et la zoologie, forme — non pas depuis toujours — mais depuis cinquante ans, une section fort distincte et qu'il faut isoler. Mab

ici à cinquante ans une ne suffira pas. Les catalogues futurs iTTonl faire plusieurs sections.

11 faut donc se résigner à des classifications éphémères, bandonner le métier sous le prétexte qu'on n'y peut fourrer lojB^que ou son système est une désertion. C*est celle de ces iros qui ne veulent combattre qu'à l'arme blanche, dont la op grande bravoure capitule devant le canon.

Les systèmes de classification sont éphémères? Oui, ils le »nt. Mais pensez-vous que vos catalofp^ues soient éternels ? On peut s'en servir quand ils sont bons, quitte à en avoir autres plus tard. Nul ne sonp^e à imposer une section Photo* ^aphle à une bibliothèque de manuscrits et incunables. Ces ?rniers seront ranisfés utilement aux villes ou au nomde Tim- •imeur, puisque l'impression seule en fait l'intérêt. La Rhérique peut aujourd'hui disparaître comme section spéciale. La béologie peut être moins divisée qu'elle ne Tétait... Des grou- ^s très importants, comme les Mazarinades, les Anasy les hysiologies peuvent être formés à certaines époques. Doit-on 3nc renoncer à toute raison, parce qu'on n'en trouve pas une ipable de comprendre l'éternité des siècles ? Il ne faut pas confondre une division par époques avec celle itre livres précieux et livres courants. Cent mille brochures de L Révolution sont intéressantes, non précieuses, et tels livres icents sont de g'rande rareté, mais laids et fragiles. La distinction du manuscrit et de l'imprimé se trouve en fait (venir à une distinction d'époque. Celle des Périodiques a ivert en fait, là où on l'emploie, une autre distinction d'é- 3que.

La machine à écrire et la machine à composer ouvrent, à n'en is douter, une ère nouvelle. La distinction de l'imprimé et du anuscrit va devenir impossible. Cela ne gênera pas nos con- Tvateurs de manuscrits qui refusent toute œuvre moderne que >pinion n'impose pas. Mais nos conservateurs d'imprimés, qui imposent <c de ne pas choisir », vont se trouver dans la nécesté d'innover . D'autant que 1' « impression à petit nombre d'exemaires » — qui est censée définir l'objet précieux, — va se trouir justement, avec nos dactyles, définir ce qui no Test pas. Je n'ai pas d'autre solution à donner à ces problèmes que » pas les poser. Nous n'avons pas à classer l'avenir, mais le 'èâent. Ce n'est pas à nous à lui assigner sa place définite. Ne le mettons pas là-bas, à la queue des siècles, gar» >as»le tout près, sous la main, et ne nous inquiétons que

de commodité. Sa place est comme ses services, provisoiie. Cela ne veut pas dire qu'il ne le faut pas classer méthodiquement, au contraire. Votre méthode pour classer les livres de votre temps sera peut-être, si elle est bonne, celle des âges futurs, qui d'ailleurs, pour leur temps à eux, en auront d'autres. Mais ce qu'il faut abandonner résolument, c'est cette prétention d'eng'lober passé et avenir dans un système universel, de s'épuiser à refaire tout ce qui a été fait. Tel bibliothécaire veut, dans un système définitif, catalo^er tout ce qu'il voit. 11 n'j arrive pas et l'on voit les bibliothèques manquer de tout clas^ sèment méthodique, alors qu'en se bornant à une époque donnée peut-être on pourrait, vraiment^ faire du définitif.

ff

Tels sont les trois grands plans dans lesquels on peut — il faut — trancher une masse de livres.

I® Périodicité; — a» Formats; — 3^ Epoques.

Nous ne les inventons pas, nous les observons simplement. Qu*on le veuille ou non, il faudra toujours y avoir recours. Ib tiennent aux choses mêmes.

Nous avons song'é à un moyen de les noter, et nous l'avons expliqué pour les périodiques et le format. Les époques ne sont pas plus malaisées à chifiFrcr. Mais nous sommes habitués à donner aux livres leur date précise. Indiquer le siècle (6 pour i6oo, 7 pour 1700, 9 pour 1900) paraîtra insuffisant, môme en adoptant des périodes de dix ans dans la suite : 1 pour 1910-1920, etc. ce qui ne serait bon que pour 4o ans.

Suffirait-il de diviser en livres antiques, vieux livres, livres du siècle ou des dernières années, nouveautés? Pour remplacer la date dans les fiches, on peut dire que dix chiffres ne sont pas assez. Je pense le contraire. Tantôt il faut une date exacte : c'est l'année d'un journal, ou l'édition qui annule Is précédente, tantôt — et, quoi que les bibliophiles puissent en dire, dans la moitié des cas — le siècle suffit si c'est ancien, et deux périodes (5o et dix ans) si c'est récent.

Nous ne savons si ces sugg'estions méritent d'être approfondies. Il serait peut-être intéressant de tenter un catalo^e méthodique d'une branche quelconque des sciences avec dépouillement des ouvrages de toute nature, livres et revues, en remplaçant par trois chiffres toute mention de date, de périodicité, de format, sauf dans le cas où l'année et le tome

ont indispensables pour trouver Touvrage, auquel cas Ton jouterait entre parenthèses les deux derniers chiffres de Tan- ^^« 53g (07) signifiant, par exemple, Tannée 1907 d'une evue de format très proche de rin-8« jésus, et paraissant ous les 1 5 jours), 128 un ouvrage grand in-folio du xviii* sièle, et de plus de 100 pages. Le nom du livre ou de la revue >eat en ce cas être réduit au strict nécessaire ou remplacé par la cote. Ces idées ne sont nullement au point et ne sont pas ine proposition de système. Nous voudrions simplement atti- 'er Tattention sur Futilité qu'il j aurait à adopter pour Tétat natériel d'un imprimé une graphie analogue au système décinal pour la classification par sujet.

Cette notation serait facile à apprendre. Même sans retenir exactement les chiffres de grandeurs et d'époques, pour peu ju'on ait présent l'ordre des chiffres, on évalue à peu près. On sait que 9 est plus grand que 8, ou 5 plus vieux que 6.

Les avantages ont-ils besoin d'être énumérés? Qui n'a été Frappé de voir les catalogues illisibles, et les dépouillements le périodiques — le plus intéressant d'un catalogue — déclarés impossibles !

Il faudrait qu'en aucun cas une mention ne dépassât une ligne. Dans un catalogue de matières où le sujet est donné en titre de chapitre, on se soucie fort peu de reproduire les titres exactement. Souvent un nom d'auteur et un chiffre suffiraient. Mais ce chiffre dirait l'époque, l'importance, le format, et le sujet.

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