Sujet. (Recueils documentaires
Il y a en plus les collections spéciales (images d'Epinal, exlibris, menus, programmes, etc.) comme dans les imprimés.
Ce qu'il nous faut retenir, c'est qu'il ne vient à personne ridée de classer au sujet une eau-forte de Rembrandt, ni de classer au nom du photographe la reproduction d'un tableau de Rembrandt, et que, partout, costumes, armes, ornements, meubles... forment des recueils méthodiques. Or il n'y eut jamais beaucoup d*hésitations — car une note de renvoi, si l'on n'a pas de double, pare la difficulté — à classer un portrait à Tune des quatre places possibles : graveur, peintre, personnage représenté, costumes — ni un paysage au graveur, peintre, nom du pays, ou recueil de scènes de genre*
Notation,
En éDum(5rant ces classements divers, nous avons montré qu'ils étaient tous susceptibles de numérotation décimale.
Nous avons compte 4 classements principaux. Le premier est le classementscientiEque décimal. Les*, par sujet, se subdivise en mots typiques (monographies) et noms propres (topo-etbiographie). Le 3*, auteurs et titres, constitue deux grandes séries distinctes. Cela fait 5 séries. Le 4* enfin peut se classer
— aôy —
3 4 façons : à un nom ou un mot tjpique, mais en série spéaie, ou à Fautorité, ou bien ^éographiquement, ou enfin par lies. ÀTec le o pour réserve, on voit qu'on peut exprimer en X chiffres dix façons de classer qui, en fait, correspondent à ix sortes d'ouvrages.
Ce n'est nullement ici un cours de bibliographie, ni Texposé e méthodes nouvelles données comme bonnes. Je prie que Ton ^garde ces pages comme de simples suggestions, des invitaoos à chercher, à expérimenter. Il se peut qu'on y trouve uelques grains utiles, et j'invite qui cela intéresse à en semer oor voir, non pas tous à la fois, un ou deux seulement.
Vraiment il ne semble pas que la merveilleuse invention de ewej ait dit son dernier mot, et si nos bibliothèques l'ont jetée si légèrement, on peut dire qu'elles avaient raison, leur tison éphémère, comme ceux qui s*attardaient aux diligences uand les chemins de fer ne marchaient qu'avec beaucoup 'accrocs.
L'idée d'appliquer la notation décimale aux conditions maté-
ellcs d'un livre, — par exemple — / périodicité, 2 formai,
époque, 4 langue, 5 comm odité, 6 caracière, 7 mé^
hode de classement, etc., — avant de l'appliquer au sujet
e ce livre, contient-elle quelque chose de neuf ou d'utile ?
Faire précéder la cote décimale, le nom d'auteur, ou le trc, d'un groupe de chiffres — nous en avons compté sept, n peut réduire... — n'est-ce pas compliquer à pltfisir?
Les grandes bibliothèques ont aussi des cotes assez compliuées. La Nationale emploie sept, 8 signes et plus. L'un inique le format, l'autre d'une façon tout à fait vague le sujet Sciences naturelles — Droit »... Et les autres signes ne sinifient rien,sauf pour la Médecine et l'Histoire de France. Là, et 4 signes veulent dire quelque chose, mais quelque chose 3nt le sens est écrit dans les centaines d^articles d'une ible très compliquée. Au British on a jusqu'à douze signes ont aucun ne signifie quoique ce soit. A Rome la cote indique i travée, le rayon et autres renseignements aussi intéressants ue définitifs... A Reims la date.
Nous avons vu, d'autre part, que la classification décimale
ewey s'appliquait à des fiches, mais correspondait peu à des
assements en place. Il y faut ajouter. . . au moins le format.
Nous ne croyons donc pas charger beaucoup les catalogues
en leur inventant sept sigpnes qui voudraient dire quelquechose, car il en faut généralement plus de sept.
Or nous voyons que, dans un très grand nombre de eu, ces 7 signes dispenseraient de tout autre signe : séries alphabétiques, chronologiques, etc. — Les volumes classés ainsi n*ont pas de numéros. Ils peuvent être numérotés comme on pagine, pour récolement, garantie de propriété, statistique on inventaire, mais ce chiffre n'aide pas à les trouver et n'a pas d'intérêt pour le public. Un registre d'arrivée — on en tient toujours un — dispense de mettre d'autres cotes.
Mais le nombre de cas est encore très grand ou ces 7 signes ne suffiraient pas, et ne dispenseraient pas d'autres signes aussi compliqués que si on ne les avait pas mis, notamment quand ils renvoient à la classification décimale.
Seulement, ce dont ils dispenseraient alors, c'est de toute autre description, du rappel de la fiche entière. Car il indique en 7 signes faciles à retenir tout et même un plus que ce qu'indique une fiche longue, détaillée, confuse.
£t c'est le moyen de multiplier les renvois en peu de place» et à peu de frais, de dépouiller les périodiques, et décrire, non les titres des volumes, mais ce qu'il 7 a dedans 1
Et cela en des catalogues clairs et maniables.
Un premier groupe de trois chiffres nous dit :
Tirage à part de moins de 8 pages, de format in-8, publié ces dix dernières années.
Le second groupe de trois chiffres nous dit :
Ouvrage en anglais. Peut-être prêté. C'est un ouvrage d'enseignement supérieur.
Le dernier signe nous indique le classement dont cet ouvrage relève. On le trouvera à la date, au sujet ou au titre, ou à l'auteur, ou à la classification systématique... Et suit le mot, le nom de sujet, titre ou auteur ou le nombre décimal indice du classement.
Môme dans ce dernier classement, il est nécessaire d'ajouter un mot à ces signes. Nom d'auteur ou sujet, ou un mot du titre. Il s'agit uniquement d'un cas, mais important : celui où le lecteur connaît déjà le livre dont il s'agit.
Or ce n'est que pour la commodité de la démonstration que nous avons énuméré et compté par sept chiffres ces sept idées distinctes. Pour éviter toute confusion avec la classification décimale, il serait possible de réduire ces sept chiffres à trois lettres, ou une syllabe. Chaque chiffre se divisant eu lo, les
de sept chiffres tiendraient aussi bien en 3 fois 25 = Les alphabétiques, ce qui distinguerait, d'abord, des
postérieurs. G*est une étude spéciale à faire et Tusage vrait en décider.
fparation de dates semble si importante que je propo. le faire tenir : i<^en 20 consonnes les mentions de périot de format, comme il a été dit ci-dessus; pendre voyelles (et diphtongues au besoin) pour la men- »poque : A ancien, E i7« et i8« siècles, etc.; amener aux vingt consonnes, ou aux consonnes suivies louvelle vojelle, toutes les autres mentions, devrait arriver par une habile division à ce qu'en 3 let-
volume soit « conditionné». Exemple : bar, signi- )lume in-folio déplus de 100 pages, antérieur au xvu* classé dans la réserve au nom d'auteur. Ajoutez le nom Luteur, soit Homère. Et peut-être y a-t-il moyen défaire X mêmes lettres si c'est un Homère en grec ou en s, nous saurions en tout cas si c'est un Homère de classe r enfants, s'il est mis dans la salle à la portée de la .'il fait partie des livres qu'on prête, etc. Sans doute le n'est pas déterminé et celte description peut répondre mrs ouvrages semblables. Je répondrai : qu'est-ce que it nous faire ? — ils sont semblables. Et s'ils ne le sont olument, les mentions à ajouter pour avoir l'exemplaire ne sont pas bien compliquées. La mention générale firaà presque tous les renvois d'un catalogue, ellesuf- •resque toutes les recherches en place, et comme nous toujours en vue l'accès du public aux rayons, elle roitle public à l'endroit où sont tous les volumes ana-> k celui qu'il cherche. Il fera mieux que lui donner re demandé, il lui en montrera peut-être un meilleur I connaissait pas. Ceci n'est pas d'une utilité flagrante omère, mais pour les moteurs électriques, pour l'hisune ville ou les livres sur Homère, il y a là vraiment } intérêt.
'ouvera d'ailleurs dans ces simplismes mille contradicrésoudre. Et il est clair que les classements se comit l'un l'autre. C'est l'écueil éternel, et Dewey n'y a appé.
remièrc lettre indiquant si c'est un volume ou un ]ue, et quelle sorte de chacun des deux, modifie le sens îcon Je. Il n'y a pas besoin de la seconde pour un pério-
dique, il faut mettre l'année. La vojelle indiquerait alors (to lieu du numéro que nous avons dit) la périodicité: BA io-folio quotidien. Nous n'entrons d'ailleurs pas dans le détail de daisement des périodiques, qui di£Père totalement. Noos insistooi seulement sur leur dépouillement. Il nous faut des formules brèves qui dispensent de tous les titres : Mémoires, rerDe, journal, bulletin..., etc.
Quant aux volumes, que Ton doit dépouiller aussi, la tomaison peut s'indiquer en exposant, (B^, si nous renvoyons à no chapitre du tome II d'un volume in-folio ancien.
De même les divisions proposées : langues, caractère, eommodité. Notre 2^ groupe a-t-il le caractère universel da premier : format^ époque, livre complet ou périodique?...— Evidemment non. On peut admettre des fonds spéciaux à établir: livres pour la jeunesse, livres de prêt, etc., — ce qui semble indispensable — et réfléchir à l'établissement d'une note de valeur, selon la très vag'ue hypothèse émise en ce chapitre. De toutes façons nous réclamons a l'admission à la cote» d'un sig'ne nous donnant ces renseig'nements utiles.
Conclusions.
Nous n'osons conclure...
Mais nous avons à faire observer que rîen de ce qui est proposé ici ne contredit la classification scientifique décimale. Elle en est une application, une adaptation à des réalités. Sans discuter autrement les méthodes de raison, nous avons cherché une clé, un rapporteur, qui permette une concordance entre la hiérarchie des idées et les tas de bouquins qui nous encombrent. Je crois possible, en se servant de plusieurs des moyens donnés ici, d'ajouter juste 3 ou 4 sigpnes commodes qui permettent d'adapter la classification la plus scientifique aux données matérielles que les salles, le public, les formats, les collections et les crédits imposent sans îog'ique.
Séparer les périodiques, et faire des divisions d'époque et de format, romans, pièces de théâtre, thèses, oeuvres complètes, puis, résolument, admettre les groupements qui se présentent pour ainsi dire naturellement : affiches, tarifs, bréviaires, classiques^ poésies, guides de voyages, topographie^ biographie..,f voilà, ce semble, l'élémentaire.
Les calalog'ucs do libraire nous donnent des groupements excellents. Il y a peu de bibliothèques où cette méthode ne nous donnerait pas vin^ ou trente classes bien nettes, — et c'est
— ayi —
tout ce qu'on peut se mettre dans la tête. Ces moyens transitoires faciliteraient grandement la tâche plus noble du classement des livres, brochures et articles de périodiques d'après les meilleurs principes et donneraient de bonnes indications pour savoir si le classement principal doit être d'auteur, de sujet, ou tout autre...
La science des bibliothèques est toute récente parce que vraiment il n y a pas cinquante ans qu'on a des bibliothèques. Les très anciens dépôts de livres qui existaient alors n'avaient à résoudre absolument aucun des problèmes que nous nous posons: lutte contre l'encombrement, conmiunication rapide au public. Le conservateur de la Nationale vers iSSo, Van Praet c connaissait »^ dit-on» la bibliothèque. Une mémoire humaine, — mémoire de bibliothécaire, il est vrai — pouvait tenir lieu de classement et catalogue, et en toute science un spécialiste savait le nom de tous les auteurs écrivant dans sa partie.
On peut prévoir que d'ici vingt ans il j aura dans le monde plus d'un cent de bibliothèques dépassant le demi-million de volumes.Et un million de villes peut-être auront des dépôtsavec bibliographie complète et le moyen de procurer les livres, au moins par prêt.
Classer les livres n'est donc pas une question spéciale, de peu d'importance, qui regarde les gens de métier. Le mépris que le public — et même, hélas I les gens de métier — ont pour ces questions en France est tout k fait regrettable. Qu*on est loin de se douter du rôle intense que joueront les bibliothèques dans la science et dans la civilisation I
Eh bien ! penser qu'en si peu de temps — trente ans environ que l'on a conscience de la question — une science ait pu atteindre une méthode parfaite est vraiment une conception primaire qu'il faut laisser aux vanités académiques.
En tout ce qui regarde les bibliotlièques — architecture, classification, catalogue, public, etc., — toute conception définitive est absurde. En imposer est la plus grande entrave qu'on puisse mettre à leur développement.
Il faut désemmaillotter ces enfants.
Sans doute, comme en thérapeutique, comme en toute science pratique, il faut agir tout de suite et Ton ne peut attendre le dernier mot que la science dit si rarement. Tout est bon pourvu qu'on guérisse. Mais justement des séries entières vont mal, très mal, et meurent sans soins quand d'autres sont dorlotées à frais considérables.
L'exemple de Tabioluet du définitif que nous allons montrer dans le chapitre suivant nous dispensera d'autres preuves de la nécessité d'un provisoire fécond et propice aux recherches, un de ces provisoires que Ton nomme progrès.
Le plus grand progrès fait est, certes, celui de Dewej.Mais entre la pile de Volta et les accumulateurs modernes on a dd tâtonner. La notion même des rôles de l'électricité n'a pas empêché de s'éclairer aux chandelles, d'aller à cheval, et de mettre des lettres à la poste. Ainsi faut-il encore de vieux systèmes pour vieux livres. Mais les nouveaux réclament des méthodes nouvelles. Ces méthodes existent. Des savants les emploient. Il appartiendrait aux bibliothèques de leur donner cette perfection pour ainsi dire mécanique que confèrent la pratique et l'adresse professionnelle et sans laquelle les plus utiles inventions, tels le vélocipède ou le ballon, restent de simples jeux ou des utopies.