‹ Bibliothèque, essai sur le développement des bibliothèques publiques et de la librairie dans lesChapitre 38 sur 118 · II. — Dépôts bibliographiques · texte numérisé non relu

II. — Dépôts bibliographiques

Aujourd'hui tout homme instruit doit être capable de documenter un sujet. Les notions de bibliographie sont presque de l'instruction primaire. Plus de livres d'histoire ou de littérature, môme le plus humble manuel qui ne donne à la fin d'un chapitre une liste de livres à consulter. Ces habitudes sont récentes, et l'on n'en sait pas encore l'efTetsur les hommes mûrs. Quant aux études supérieures, il est admis, et peut-être pas assez admis, que nul n'est digne des grades de lettres, sciences, droit ou médecine, s'il ne sait établir la littérature d'un sujet. Toute thèse part d'une bonne bibliographie.

Or il suffit de jeter les yeux sur le tableau donné ici des bibliothèques françaises, pour se convaincre que ce couvert de la science n'est mis qu'à Paris et que les autres villes mangent avec leurs doigts.

Ce n'est pas toutde créer des Universités, il faut donner les

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moyens d'y travailler. L^infériori té de la France, ici, n'est pas contestée. On Texcuse : Targuent manque. Les Universités, d*ai Heurs, sont bien nouvelles. . .

Oui, Targt^nt manque. Ce livre est écrit tout entier pour crier : de l'argent! Moins d'arg^ent pour les paroles, plus pour les livres. Les bud/^ets des bibliothèques sont honteux.

Mais ici, il ne s'ag'it pas de livres, il s'agît de fiches.

A qui fera-t-on croire que ce soit faute d'argent que des bibliographies un peu complètes n'existent pas dans les provinces? Ce n'est pas l'argent qu'il faut, c'est un peu de bon sens. Etre renseigné seulement sur les livres qui existent, mais c'est déjà beaucoup I On se les procurera ensuite comme on peut, on empruntera, on louera, on achètera, on voyagera. Même, on s'en passera! du moins on n'ira pas refaire ce qui fut fait,dilton choisir un autre travail, ou attendre pour conclure et publier d'avoir pu lire ce qu'il fallait lire.

L'Allemagne, avec le prêt d'Université à Université, le Gesammtkaialog et V Auskunftsbareau^ assure largement les études dans tout l'Empire. Les Universités, qui sont très riches, ont établi une entente d'abord entre elles, puis avec les bibliothèques de leur ville, notamment avec les royales de Berlin et Munich, pour ne pas acheter les mêmes livres. Un catalogue d'ensemble peut sembler suffisant.

Il n'en serait pas de même chez nous, où tous achètent les mêmes livres. Le catalogue général de nos Universités, qui a été tenté, et même celui de toutes nos bibliothèques ne rendraient service que pour la partie ancienne. On a pu signaler quelques ententes entre l'Université et la Ville. Il y a entente à Caen ; à Clermont il y a eu fusion...

Mais entre elles, de ville à ville, il n'y a rien, et le prêt se heurte encore k mille formalités. Un catalogue unique des accessions ferait une économie. Mais il n'augmenterait pas les ressources scientifiques, n'enseignerait pas plus de livres à

lire...

Il s*agit uniquement d'avoir sur fiches classées systématiquement, des listes assez complètes de ce qui paraîtra désormais dans chaque ordre des connaissances.

Il faut nous représenter la bibliographie comme une chose toute nouvelle. 11 y a quelques années à peine qu'on a des

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bibliothèques, quelques années à peine que le problème del^ncombrement se pose, exige toute une science, — et même qu*cst vraiment admise et entre dans renseignement m secondaire » la notion qu'avant de commencer une œuvre on doit prendre connaissance des travaux précédents.

Ne laisser aucun homme de sa spécialité en savoir plus que soi, telle est selon Carnegie, la méthode du succès :

Au cours de mon expérience de manufacturier, je sais que notre maiwo a commis de nombreuses fautes, en négligeant cette seule règle : c Ne jamais rien entreprendre ayant que les directeurs n'aient été à même d'exa^ miner tout ce qui a été fait, sur la surface de la terre, dans leur spécialité ».

L*oubli de cette rèele nous a coûté beaucoup de centaines de mille dollars, et nous a rendus sages. £h bien, à l'homme qui a l'ambition d'apprendre, qui, peut-être croit avoir découvert quelque amélioration, je déclare que dans cette bibliothèque il peut trouver ou trouvera bientôt, placée devant lui, l'expérience du monde entier jusqu'à la plus récente date. Sur toute question de mécanique, toute question de chimie, toute question de

Sratique des haut-fourneaux, vous aurez à votre disposition les « records » u monde. Vous pouvez parcourir toutes les salles du bureau des inveotions à Washington, et y voir des milliers de modèles ou d'invention ayant trait à toutes les branches de l'industrie humaine. Or (19 sur 100 n'auraient jamais été placées là, si leurs inventeurs ignorants avaient eu à leur disposition les facilités que vous aurez dans cette bibliothèque.

Il n'y a pas de bibliothèque en France où tous les records du monde soient offerts au public. Et si tous les records du monde étaient offerts, ce serait précisément comme si on n'offrait rien, si rien dans cette forêt ne vous indique le chemin.

Mais la France a assez de livres, je veux dire dépense déjà assez d*argeiit danssesbibliothèquespour avoir assez de livres, pour pouvoir mettre à la portée des Français l'état de la science sur toute question. Et il y a des boussoles, des poteaux et des étoiles, et une foule d'autres moyens de se g'uider.

Non, il n'est pas possible, il ne le sera jamais, d'avoir en France dans iG universités, ou même dans 5 grandes villes, tous les livres du monde, ni même do la France. Mais peutêtre il l'est d'établir sur fiches une liste complète et à jour de ces livres et articles. Et si ce n'est pas possible pour l'état du monde depuis que le monde est monde et qu'il publie des livres, c'est possible — et cela se fait — pour une science donnée, pour une époque : la nôtre.

Et puisque c'est possible, le problème n'est plus qu'un problème d'administration. Un ^rand pas est fait vers un pays donné, quand on en a la carte exacte et détaillée. Connaître un pays, le voir même est impossible. Nul n'a vu « un département », en fût-il le préfet. Une connaissance suffisante, et

comme toute chose au monde sujette à revision, est donnée par des cartes, des documents divers, et la vue de quelques points.

Mais si Ton n'a pas les livres, si Ton n'a pas le moyen de les faire venir, si aucun progrès n*est fait dans ce sens... A quoi bon la bibliogpraphie ?

 nous apprendre notre ignorance. C'est beaucoup.

Une bibliothèque sans livres.,.

C'est là peut-être ce que nous verrons très bientôt.

Une bibliothèque... nous voyons à ce mot d'interminables galeries désertes, on a relégué cela dans le quartier le plus mort, on a choisi un séminaire, un vieux palais, tout ce qu'on a pu trouver de plus loin ctdeplus tranquille, c'est le cimetière, on se recueille avant d'entrer... Cimetière, même pas, un cimetière a des fleurs. Catacomhe, — le grand trou noir où s'entassent les livres...

Une bibliothèque... Mais il faudra un autre mot. Ce sera une boutique joyeuse sur le boulevard, il y aura un étalage de livres neufs, de nombreuses dactylographes tictaqueront à faire fuir toute l'Ërudition, le téléphone carillonnera comme un arbre à une aube de mai ; et, quant aux livres, il y en aura dans des caisses, il y en aura dans les monte-charges et dans les mains hâtives qui paquettent et ficèlent, mais pas un ne reste là, l'un pai't et l'autre vient.

L'on a organisé en France les conférences populaires. On n'a pas eu pour cela à faire selon les règles hurler toute une classe du Conservatoire, on n'a pas créé — la preuve, c'est qu'on a réussi — une Ecole de conférenciers. On a créé un service de prêt de vues pour projections lumineuses. Vous pouvez voir l'atelier, rue Gay-Lussac. Une dame dirii?;"e cette section, la plus vivante de la Bibliothèque et du Musée pédagogiques. C'est par milliers que sont expédiées chaque année les petites boîtes. Elles vont dans les campagnes faire apparaître les chefs-d'œuvre de nos musées, le travail des usines, les plantes de nos colonies. On en demande de partout, il faut parfois attendre son tour. Ni casse, ni perte, presque. Les boîtes sont expédiées en franchise.

Peut-être ce qu'elle fait pour l'enseignement primaire, la France aurait intérêt à le faire pour l'enseignement supérieur. Des savants autres que les déchillreurs de manuscrits pour-

raient recevoir aussi des livres en franchise. Peut-être seraientils aussi soigneux que les instituteurs ; ils retourneraient, tout porte à le croire, les livres confiés.

La London Library^ dont nous avons parlé, demande une cotisation élevée, mais assure aux savants anglais toutes les commodités. Ceci nous montre qu'on peut se passer de l'Etat. Mais les savants anglais sont payés tout à fait. Les nôtres à moitié seulement.

L'Etat prête aux savants des livres, des manuscrits surtout. Nous disons ailleurs les formalités nécessaires, il faut un bon mois d'attente, demande au Ministère, etc. Mais les vues pour conférences ont un bureau spécial auquel on s'adresse directement. Et alors que les savants qualifiés et diplômés doivent lire sur place les volumes les plus ordinaires, nos bibliothèques populaires prêtent à domicile, et s'en trouvent bien.

Ce n'est que pour le peuple que nous voudrions des bibliothèques de luxe ! Le luxe, c'est de la réclame. Nous voulons de la lumière, des images, des couleurs. C'est la maison commune, la bibliothèque libre, avec sa salle pour les enfants, son auditorium, et même, comme à Pittsburgh, sa salle de billard...

On s'imagine toujours que les bibliothèques sont des nids à vieux savants. Mais non. Les vieux savants ont d'ordinaire un domicile. Ils ont même, surtout, un laboratoire, et c'est bien là que les livres leur font le plus défaut.

Le jour viendra où les villes et les États, lassés de ce solennel enlaidissement des rues qu'à des prix si hautains nous baillent les architectes, renonceront au sot orgueil qu'il y a à condamner à l'ascension d'un escalier monumental des gens dont le temps vaut bien le prix de la pierre de taille.

Avec la poste, les autos et le téléphone, les bibliothèques n'ont plus à être des catacombes avec ces salles annexes où, pourvus de geôliers, des gens sérieux sont admis à se mettre en classe.

Les bibliothèques ne seront plus des « monuments », mais des agences. Les livres alors sont peut-être dans les faubourgs, ou la banlieue, là où il y a de la place pas chère, où l'on peut ranger comme on veut, mais ils sont aussi à Brest ou Nancy. Y a-t-il une petite salle spéciale, pour lire les livres prêtés? les prête-t-on à domicile, ou les prête-t-on à la bibliothèque la plus voisine de l'emprunteur ? N'importe, ici c'est l'agence, le bureau de renseignements, de correspondance. Ici se tient

la concordance des bibliographies et des catalogues, et celle des livres à lire et des endroits où les lire. Ce n'est pas même une liste qu'on prend en main, un catalogue géant rangé en cent mille boîtes à fiches. Ces boîtes peuvent ne voisiner que par le téléphone.

Et le jour viendra peut-être où les livres nomades, allant et venant là où un lecteur les appelle, n'auront plus d'adresse fixe, sinon la Poste restante^ le bureau bibliographique chargé de les trouver et de leur faire joindre celui qui a besoin d'eux.

Je ne rêve pas, je raccourcis un peu, voilà tout. On peut lire à Bordeaux un livre de Mayence, il suffit d'écrire à la bibliothèque de Bordeaux qui écritàTlnstruction publique, qui écrit aux Affaires étrangères qui écrit à TAmbassade, qui écrit à Berlin, qui écrit à Mayence, qui envoie à l'ambassade, qui envoie.., etc. Le progrès, c'est le passage de l'état simple à l'état complexe. Je réclame donc non un progrès, mais une mesure vraiment d'une simplicité toute réactionnaire : le coup de téléphone.

Que Ton ne dise pas que l'appel téléphonique coûte cher. Additionnez seulement l'eacre et le papier du procédé actuel.

La création décentres bibliographiques n*estpas du tout une utopie. Nous avons même l'organe, mais il ne sert à rien.

Il y a en effet au Ministère une Direction des bibliothèques. Le principe est donc admis qu'on dirige de loin. L'on s'accorde assez à dire que cette Direction est assez gênante pour les bibliothèques. On lui pourrait trouver une occupation utile...

Le développement de la poste, du téléphone, et de lapro/iri^/^ pablique ont changé toutes les conditions des bibliothèques.

L'on peut voir aux chiffres que nous donnons sur l'Allemagne que la lecture sur place dans les bibliothèques supérieures tend à devenir l'exception, VAuskanfïsbureau de Berlin, dont nous avons parié, prend de plus en plus d'importance. C'est le premier modèle de bibliothèque sans livres, l'agence officielle qui — moyennant les frais de poste — recherche et amène le livre que vous désirez, de la bibliothèque d'Allemagne où il se trouve à celle qui est la plus proche de votre domicile.

L'industrie privée a tenté de suppléer au désintéressement de l'Etat en cette matière.

La Biblio|s^raphie n'est déjà plus seulement une science spéciale^ c'est une industrie nouvelle, dont l'essor rapide laisse prévoir l'extension future.

L'Institut bibliographique a un sièg'e à Paris, qui vend des fiches toutes faites, plus complètes et moins chères que n'importe lesquelles, manuscrites, dactyles, imprimées.

La Belgique a fait de son Institut une institution officielle. Quand la France suivra-t-elle cet exemple ?

En Amérique on utilise les fiches de Boston et Washington. Et Washington nous a donné l'indication d'une centralisation utile : Dépôt légal, bibliothèque, catalogue et bibliographie. Ces deux derniers bureaux bien distincts : Catalogue : fabrique et commerce de fiches pour toutes bibliothèques. Bibliographie: renseignements publics, éditions de listes d'ouvrages sur les questions d'actualité, et collaboration possible aune bibliographie scientifique internationale.

D'une bibliographie scientifique internationale aux errements suivis dans nos bibliothèques, le saut est rude.

En dépit de tout largent enfoui aux catalogues, et qui dépassent de beaucoup ceux des acquisitions, c'est de l'entreprise privée que la science attend sa bibliographie.

Sans doute on a catalogué, recatalogué les mêmes vieux bouquins h. Cambrai et k Aix, que dis-je! à Paris même, une fois dans le II® et une autre dans le V* arrondissement, — mais les bibliographies scientifiques arrivent comme des intruses, on ne sait ce qu'elles veulent, à quel public elles vont, et ce qu elles viennent faire dans une bibliothèque. L'Institut de Bruxelles envoie des boîtes de fiches... A quel titre classer cela?

Au mot « BOITE »?

Cependant l'Etat, qui par le dépôt légal reçoit tous les livres, qui a une centralisation toute faite, est mieux outillé que les particuliers i)our rétablissement de centres bibliographiques. Et dans un pays où toute l'instruction dépend de l'Etat, oii l'on ne peut attendre que les services généraux de la science soient institués par des ti^éncrosilés de particuliers, il est normal de s'adresser à l'Etat qui a tout pour cela, — tous les livres, toutes les bibliothèques, tous les spécialistes. Si des particuliers arrivent à créer, raal;rrré la sourde opposition des pouvoirs, une entreprise de caractère scientifique, il faut bien s*attendre à la voir végéter, car tout ce qui est « d'Etat » ne s'en servira

pas. On refera, officiellement, ce qui fut fait librement, ou bien on s'en passera, mais on ignorera. Seule a eu quelque succès la médecine, qui possède, hors de l'Etat, un public pos-^ sible : 26.000 médecins.

C'est donc bien d'une réforme complète du Dépôt légal qu'on peut espérer l'établissement de centres bibliographiques.

Il en faut de fjénoraux pour les livres français, il en faut de spéciaux (Sciences naturelles, Commerce, etc.), pour la bibliographie internationale.

Ces dépôts spéciaux, voisinant ou non avec une bibliothèque ou un Institut, doivent relever du Dépôt légal, chargé d'assurer l'arrivée et l'envoi des publications françaises, de les répartir, d'en faire les fiches, de dépouiller périodiques et volumes, et de vendre ou distribuer en grand nombre ces fiches aux bibliothèques.

Or le Dépôt légal, même réformé, n*aura jamais que deux à cinq livres à distribuer. Vingt bibliothèques ne peuvent pas avoir tous les livres, mais vingt peuvent avoir la liste de tous les livres. Certes, on devrait rattacher un service de prêt direct et d'échange à ce ministère de la lecture, mais ce qu'avant tout 1 on demande, c'est la liste des livres qu'on n'a pas.

Autant il est baroque de dépenser de Targent à ne donner que des fiches quand on a les volumes, autant il est utile d'avoir toutes les fiches dont les volumes sont loin.

Ce ne sont pas des catalogues qu'il faut faire, ce sont des bibliographies.

Nous admettons ici toute méthode comme bonne. Centralisation toute matérielle, et non unification, La meilleure méthode se trouvera une fois dans les trente essayées.

Quelque opinion qu'on ait sur la bibliographie, qu'on la veuille par auteur, ou décimale, ou autre, on peut souscrire aux propositions de ce chapitre.

Une seule supposition peut sembler hasardeuse : l'entente sur le format des fiches. Je n'en nie point l'importance. M. A. Cim, dans son livre « le Livre », se demande pourquoi les bibliographies scientifiques se sont amusées à changer le format des fiches, employées en large au lieu d'en long. C'est, je crois, parce qu'il existe des machines à écrire...

Dans nos bibliothèques où Ton manque de place, où le public n'est pas admis aux fiches, que seules deux ou trois personnes ont le droit de manier, la petite fiche française, large de

o,o6, haute de o,og, a de vrais avantages, s'entassant en grand nombre dans de petites bottes maniables.

Mais si beaucoup de personnes les consultent à la fois, si l*on se sert d'autocopie, machines à écrire, etc., si l'on fait des additions d'éditions, dépouillements, etc., la fiche de l'Institut international, la i/a de lon^ sur 8 i/a de haut, reste la plus pratique.

Cette centralisation des fournitures pour bibliographie est une des plus efficaces décentralisations intellectuelles qu'on puisse tenter.

Renan se demandait : peut-on travailler en province? — Paris même a toutes les richesses, mais non toutes les facilités.

Des centaines déjeunes gens, candidats à la licence, se voient refuser l'entrée de la Nationale. La place manque. Leurs professeurs certifient que la Nationale leur est indispensable, et les chargent de travaux de bibliographie qu'ils seraient bien en peine de faire ailleurs.

Comment font les provinciaux ? Et les thèses des doctorats courants de droit et de médecine, peuvent-elles être bien sérieuses sans bibliographie, c'est-à-dire sans la connaissance des travaux antérieurs? Où la prendre, hors Paris?

Or, il n'y a pas que les sciences et le grand enseignement. Il y a le bon commerce et la bonne industrie, qui ont besoin de savoir ce qui s'est fait de nouveau, et ce rôle auquel les bibliothèques se refusent totalement, des bureaux de renseignements bibliographiques y seraient d'autant plus adaptés que l'intérêt des commerçants est suffisant pour qu'ils n'hésitent pas à acheter les livres. Il ne se passe pas de jour qu'on ne demande à la Nationale un livre rien que pour voir avant d'acheter, ou pour connaître son titre. — Et ces demandes-là» dont j'ai pu connaître des centaines, oflfraient, je l'affirme, un intérêt plus national que la plupart des travaux historiques et autres qu'on prétend devoir seuls être faits dans une Bibliothèque Nationale.

Il nous faut donc sur le présent, sur toutes les sciences du jour, des bibliographies, des possibilités de renseignements dans plusieurs points de France. Il y aurait intérêt à les joindre à des Bibliothèques Nationales au nombre de cinq, de six, de dix au plus; les Universités sont déjà trop, à moins de se diviser en spécialités. Mais ce service peut être indépendant des bibliothèques. 11 ne trouve — comme l'Institut biblio-

graphique de Bruxelles — qu'une commodité de yoisinagpe avec une grande bibliothèque.

Nous avions écrit ces pages sans connaître encore rétablissement de YAaskun/tsbureau à Berlin. La charge d'indiquer et celle de procurer les livres se complètent. Ce ne sont point là des entreprises formidables à créer d'une pièce, et Ton peut commencer bien humblement. Je m'étonne qu'aucune tentative en France n'ait encore été faite en cette voie... En France où il y a une Direction des bibliothèques !

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