‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques; (volume 2)Chapitre 51 sur 57 · L'OCCASION · texte numérisé non relu

L'OCCASION

A PHILIPPE DE NERLI (r).

Qu es-tu, toi qui ne sembles pas une femme mortelle, toi que le ciel a dotée et embellie de tant de grâce? Pourquoi ne poses-tu pas sur la terre? Pourquoi des ailes à tes pieds?

— Je suis l’Occasion, que peu de personnes connaissent; et ce qui fait que je suis toujours en mouvement, c'est que j'ai le pied sur une roue.

11 n’est point de vol égal à ma course, et si j'ai des ailes aux pieds, ce n'est que pour éblouir les regards. .

De ma longue chevelure éparse sur mon front je me couvre le visage et le sein, de peur qu’on ne me reconnaisse à mon arrivée.

Mais derrière la tête je n'ai point de cheveux. Me retourné-je, ou suis-je passée? c’ést peine perdue de vouloir me prendre.

— Dis-moi; quel est cet homme qui te suit? — C'est le Repentir (2). Qui me laisse échapper, le saisit.

Et toi-même, tandis qu'égaré dans des pensées vaines, tu perds le temps à discourir, vois; sans que tu t'en apperçusses,

J'ai passé.

AAA AAA AAA A AMAR AAA AAA AAA A vw

Page 1