‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 10 sur 126 · L. Des procès de la cour de Rume · texte numérisé non relu

L. Des procès de la cour de Rume

IT. Des règles et des constitutions de la chancellerie.

II. A quels signes on juge de la prospérité de la cour de Rome. JV. Qui est * pleine à de larrons.

1. Sr; je veux sortir de cet abîme, il faut que je néglige beaucoup de choses. La cour de Rome, ainsi qu'ils l’appellent , quoiqu'ellé ressemble si peu à l’ancienne Rome , est le séjour des fraudes et des cglomnies; je ne saurais dire combien elle renferme d'artisans de procès, corrompus à prix d'argent, combien de piéges y sont tendus à l'innocence, par combien de sentences vénales elle se déshonore. L'or y est une puissance pour le renversement de la justice. Il est presque impossible à l'homme pauvre d'y gagner un procès, surtout contre un adversaire opulent. Il n'est à, pour ainsi dire, aucun titre qui puisse, sans querelle ct sans adversaire, vous mettre en possession de votre bénéfice.

Il. Car qui sont, s’il-vouseplaît, toutes ces nouvelles règles et constitutions décrétées par les di-

vers pontifes pour l'abolition des anciens «lioits et usages primitifs, sinon des filets insidieux et des germes féconds de ‘procès, au. moyen desquels d’obliques courtisans et des’ ,destructeurs sophistiques de tout droit suscitent ; contre la justice et la vérité, des difécultés Hfinies »La fraude s'y ménage tant de moyens coupables’ de nuire, qu'à peine. peut-on trouver un bénéficier , se$ titres fussent-ils plus clairs que le jour, dont l'instiiution ait lieu sans débat.

TT. Ils regardent la cour pontificale comme d'autant plus prospère et plus florissante, quelle abonde davantage en procès et contestations, et qu'elle retenttit de clameurs plus vives et plus prolongées ; au contraire, ils la jugent stérile, déserte ct pauvre, si elle est dénuéc de jugemens et de disputes, si la paix y règne, si les droits des possesseurs sont assurés. Îl importe peu, ou plutôt il n'importe point du tout, de quelle manièrc'sout acquis les bénéfices, et si lc vrai pasteur entre par la vraie porte, ou si quelque larrov se glisse frauduleusement dans la bergerie.

IV. Ah! si quelque habile investigateur pouvait rechercher au juste le nombre de ces derniers, combien, je n'en doute pas, trouverait-on qu'il surpasse dans l'Église celui des pasteurs véritables ! Tant on a pris plaisir à justifier cette parole du Christ, qui disait aux vendeurs en les chassant du temple: « Ma maison est une maison de prières, et vous en faites unc caverne de voleurs. »

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