‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 9 sur 126 · II. Des maut causés par les collecteurs · texte numérisé non relu

II. Des maut causés par les collecteurs

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1. Pour recuëillir ces immenses impôts et pour les transporter à leur gouffre, les papes instituèrent des collecteurs. Ils les choisirent parmi ceux qu'ils connaissaient les plus âpres à extorquer de l'argent , les plus industrieux, les plus diligens, les plus actrbes, les plus impitoyables ; parmi ces gens qui ne font grâce à personne , et qui tireraient de l'or d’un caillou ; ils leur conférèrent le pouvoir de frapper d'auathême jusqu'aux prélats, et de les excommunier, si, au jour prescrit, ceux-ci ne éournissaient les sommes demandées,

IL. Je ne finirais pas de rapporter tout ce que ces collecteurs ont fait de maux, toute-l’oppres- ‘sion dont ils ont accablé les pauvres églises ct les pauvres prêtres : il vaut micux passer ces choses sous silence. Aussi les églises retentissent-elles des plaintes générales de leurs malheureux ministres, que nous voyons partout se débattre sous le joug

intolérable qui les écrase, et partout mourir de faim (5). À chaque instant nos yeux sont épouvantés de ces suspensions du saint mfnistère, de cette intcrdiction de l'entrée des temples, de ces excommunications enfin misérablement prodiguées, ét que nos pères n'infligeaient que dans les cas les plus rares et pour les crimes les plus affreux, puisqu'il s’agit de séparer un homme de l'assemblée des fidèles ,'et de l’abandonner au pouvoir de Satan. Mais aujourd'hui elles sont tellement prostituées, qu'on les fulmine à tort et à travers, pour la cause la plus légère, et souvent sans aucun sujet. Telle est:la source de la ruine de tant d'églises, de la destruction de tant de monastères, du renversement de tant de chapelles mises au niveau du sillon. L'argent qu'on emploietait à les réparer” va se perdre dans ke torrent des impôts ; et souvent même, pour satisfaire à ces insatiables èxactions , il a fallu vendre jusqu'aux croix , jusqu'aux calices, jusqu'aux châsses, et jusqu'aux plus précieux ornemens. Qui ne sait qu'une multitude d’abbés et de prélats qui, par leur pauvreté, avaient encouru l’inimitié de la chambre, furent privés des honneurs funèbres et de la sépulture sacrée, et qu’il fallut qu'on les inhumât clandestinement dans quelque coin profane de leurs champs ou de leurs jardins? Nous avons vu des prêtres réduits par le dénuement à déserter leurs possessions et leurs bénéfices, et à mendier leur pain ou à se mettre aux gages des sécu-

DE L'EGLISE. a7 liers. Les plus riches de l'Église supportèrent quelque temps ces lourds fardeaux ; mais épuisés

enfin par l’avidité qui les écrase, ils sont réduits à les déposer.

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