‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 109 sur 126 · XXX VII · texte numérisé non relu

XXX VII

» Que vos ombrages étaient doux, bosquets des premiers temps, dont les rameaux lui apportaient sa nourriture et son abri! Pur alors dans ses plaisirs et heureux dans ses amours, l’homme avait le sourire aux yeux et la joie au cœur. Santé, divertissement et travail se tenaient par la main; tous les besoins que la nature inspire, elle se chargeait de les satisfaire. Nul n'allait à la poursuite de sa proie; nul ne cherchait à lui tendre des piéges. Un lot égal était le partage de tous; aucun vassal ne craignait son seigneur; aucun tyran ne redoutait son esclave.

XXX VIII. | » Mais hélas ! jamais la muse de l’histoire n'’osa

percer la profondeur dé ces ombres sacrées. C'est là un de ces rayons que l'imagination détache sur les visions des Bardes cnchantés, qui se plaisent à décrire des fables délicieuses. Salut, flamme sacrée de l'imagination ! Salut, songe ravissant, qui enlèves à l’âme fatiguée l'aspect du crime et du malheur! Condamne mon choix qui voudra; je brûle de m’envoler où l'amour et la pensée veulent me conduire ; J'aspire à méditer sur les choses du ciel ; j'ai assez de celles de la terre.»

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