III. Cominent les cardinaux abusent des bénéfices
L D’asorp, quoi de plus scandaleux que cette accumulation à leur profit, de titres et de bénéfices incompatibles? ils sont à la fois moines et chanoines, réguliers et séculiers , et sous le même habit réunissent les droits, les atiributions, les prérogatives de tous les ordres’et de toutes les professions. Ce ne sont pas deux ou trois , dix ou vingt bénéfices qu'ils possèdent ; ils les entassent par cent et deux cents, et il n’est pas rare qu'ils aillent jusqu'à quatre ou cinq ceuts, et plus encore (7); et ce ne sont pas de petits et de faibles, mais les plus riches et les meilleurs qu'il leur faut. Si du moins, parvenus à cette prodigicusc fortune, ils s'en contentaient, et ne recherchaient pas autre chose, les pauvres clercs qui vivent de leurs restes pourraient s'estimer heureux; mais plus ils ont, plus ils veulent avoir : comblés de biens, ils s’'échauffent et s’agitent pour en être accablés. Ils réclament cha-
que jour de nouvelles concessions, de nouvelles grâces ; et, lorsqu'ils sentent qu'elles touchent à leur terme, ils se tourmentent sans trêve et sans relâche pour les rajeunir ou pour les accroître; si bien qu'il n'est pas une seule vacance importante qui leur échappe, et qu’en levant tout ce qui offre quelque produit, ils ne laissent rien d’un peu considérable à partager entre les autres. Qu'on ne croie pas que, par ces flots de bénéfices , l’ardeur de leur soif puisse être amortie; elle brûle avec un feu toujours croissant , leurs gosiers desséchés ; et ce ne sont pas tous les fruits des églises coustruites dans l'univers entier, c'est tout l’or du Tage ct du Pactole qui serait impuissant à les satisfaire. |
Il. Il arrive de là que les pauvres et t misérables ccclésiastiques, voyant qu'ils ne peuvent rien obtenir par eux-mêmes, et que leur unique espérance est dans l'appui de ces hommes tout puissans, finissent par s'adresser à eux en désespoir de cause; et, par dés transactions simoniaques, leur achètent des bénéfices, ou, ce qui est une autre espèce de simonie , les reçoivent d'eux moyennant une pensign annuelle; ou enfin, s’attachant bassement à leurs pas, implorent d’être admis dans leurs maisons, et obtiennent quelque titre dans l’église, par une longue et ignominieuse domesticité. Que peuvent aujourd'hui, pour un ecclésiastique , ses bonnes mœurs et son érudition ? Ce n’est plus par ces moyens, si efficaces autrefois,
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qu'on s'élève aux honneurs du clergé; c'est par ceux dont je viens de rendre compte, et par les services et lés importunités auprès des puissances séculières, dont je parlerai plus tard.
IL. Mais dans les monastères et autres lieux qui appartiennent à des cardinaux, comment Dieu est-il servi? comment les maisons et les divers édifices sont-ils réparés? c’est aux ruines et aux scandales à le dire. Tout s'y dégrade, tout dépérit, et souvent il est nécéssaire de transférer à des laïques l'administration de ces biens, jusqu’à ce qu’on y ait fait les réparations les plus indispensables. À l’égard de la tègle et de la discipline qu’on y observe, ce sont choses indifférentes aux nobles pussesseurs, pourvu que l'industrie de leurs intendans parvienne à remplir leurs cofffes-forts.
LT “oups XII.