I. Cardinaux, : auteurs de tonte jerversité
IE. Vices nombreux dans l'Église, passés sous silence.
I. C’est m'attacher trop long-temps à de médiocres abus, arrivons à la ruine entière de l'Église, causée par la féroce ambition de.ces hommes de bien. Qui ne sait, en effet, que cette peste cruelle et exterminatrice qui consume et dévore tout, je veux dire le schisme de l'Église, a été enfantée, . nourrie, accrue et propagée par la perversité des cardinaux? Voilà près de vingt-trois ans (8) que, grâce à eux, le christianisme est dépouillé de ses forces, de son éclat , de ses honneurs, et entraîné dans un gouffre de misères , dont l'éloquence d’un Cicéron, s'il revenait au monde, ne pourrait exprimer la profondeur.
IL. Je ne dis rien des simonies sollicitées auprès des papes; des patronages accordés à prix d’argent; des corruptions ou des promotions honteuses ct infernales dont ils ont presque toujours été les auteurs et les conseillers. : J'omets les récompenses et les gages qu'ils reçoivent des princes
temporels pour s'ingérer dans leurs affaires, au grand détriment des véritables intérêts de l’Église. Que leur font ces intérêts, pourvu qu'ils soignent leur fortune personnelle? croiraient-ils, à ce prix, acheter trop cher le dommage de la chrétienté? Je ne veux pas non plüs rapporter en détail les fornications , les prostitutions, les adultères, dont ils souillent l’enccinte même du sacré palais. Je passe sous silence la vie obscène et dissolue dé leurs scrviteurs , si bien assortie à celle-des maîtres. Encore moins veux-je -parler de leurs usures, et des négoces criminels qu’ils exercent publiquemént ; de l'argent qu'ils prêtent sur gages aux marchands ct aux banquiers, toutes choses qui leur ont valu à eux-mêmes le riom de banquiers de l'Église (9). Je laisse de côté toutes ces choses , et beaucoup d’autres plus graves encore, dont Île récit serait trop long et trop fastidieux.