L. Hier, je pris en main les divines écritures; et
m'arrétant à la première épître de saint Pierre, je tombai sur ces mots : « Il est temps de commencer
le jugement de la maison de Dieu. 5 J'avais lu en
courant ce qui précédait; mais, à ces paroles si
frappantes, je m'arrétai, saisi d'une espèce de
subite horreur, et m'enfonçai dans une profonde : et douloureuse méditation. Mes esprits glacés de trouble et d'épouvante, se représentèrent toutes les afflictions, toutes les calamités dont l'Église est maintenant la proie, et tous les désastres pius grands encore auxquels, si je ne me trompe, elle cst réservée.
IT. Mais en mème temps s'offrirent à ma pensée les causes trop légitimes de ces déplorables malheurs. Je réfléchis que les ministres de l’Église, qui n'ont proprement que le Christ pour dot et pour possession, devraient être purs de la contagion de toute cupidité terrestres que ceux qui accomplissent et confèrent aux autres les célestes sacremens, et par les mains desquels le prix de notre rédemption nous est donné, devraient être chastes, et étrangers à toutes les souillures, à toutes les pétulances de la chair;
IIT. Que la piété serait indispensable aux hommes qui représentent la source de toute piété; la justice, aux vicaires du juste; l'humilité , aux serviteurs de l’humble; la concorde, aux médiateurs entre les hommes et Dieu; toutes les perfections enfin, à ceux sur les mœurs desquels les mœurs publiques sont formées :
IV. Et je vis qu’au lieu d'être ornés de toutes les vertus , ils sont infectés de tous les vices. Qu'y a-t-il donc d'étonnant si plusieurs adversités leur surviennent, ou si Dieu se détournant de leurs crimes et de leurs turpitudes, s'écrie par la voix du psalmiste : « Je hais l'église des méchans. »
Dans le dessein que j'ai formé de passer sommairemeñt en revue quelques-uns des excès qui leur ont mérité les coups de la colère céleste, je vais commencer par la cupidité, ce foyer de tous les maux. |
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