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sister. dans le roman que les longues conversations et intrigues amoureuses , «et ces grands coups d'épée si chers à Mec de Sévigné. * Sous là Régence et sous Louis xv, la corruption le gangrena, la manière l’affadit'; et il ne fallut rien moins que Ja grande amélioration de mœurs et de goût, produit définitif de la révolution, pour le rendre ce qu’il est aujourd’hui en France, la peinture des caractères et l'expression de la société.
Mais les choses, en Italie, se passèrent différemment. Dès le quinzième siècle, là langue y était formée dans toute sa pureté et. brillante de tout son éclat. Lors donc que les romans de chevalerie pénétrèrent dans cette langue harmonieuse et favorable à l'inspiration poélique, ce fut sous la forme de poëmes auxquels la vie fyt donnée par la vive imagination des Bernardo Tasso, des Boyardo, des Pulci, et surtout par le génie du divin Arioste. Ainsi les longues narralions en prose furent réservées exclusivement pour l’histoire; ainsi le roman, tel qu’il est devenu parmi nous, ne se fonda point alors dans cette belle contrée, et, à défaut d’un grand foyer central, les circonstances successives de sa civilisation. ne permirent
. guères de l’y introduire plus tard.
Cependant, les romans de chevalerie ne peignaient que les mœurs et les habitudes des nobles, lesquels, dans les premiers temps de la féodalité, étaient , à proprement parler, les seuls hommes; le reste ne pouvait g guères compter que pour du bétail. Mais à mesure que ce bétail revêtit la figure humaine, et que les fronts plébéiens, courbés misérablement vers la terre, se redressèrent pour contempler les cieux , il se développa parmi ces êtres régénérés ,.des caractères, des usages, des actions à observer et à peindre, et les fabliaux naquirent. Les fabliaux, écrits en
® NOTICE. 99 vers cornme les romans : mais moins anciens et moins étendus ; retinrent chez rious leur vêtement: poétique que te conte en vers repréduit encore de nos jours," ‘tandis que, cheziles ‘Italiens ‘la prose naissante , et ‘qui à 'avaît point trouvé ‘d’äsile dans le roman, se réfugia eñ toute ‘hâté dans. ce dpmaine plus étroit. : De’ la combinaison dés ‘fabhiaux. français et des püésies' amoureuses dès trouba- ‘dous, Boccacé enfanta la Nouvelle ftälienne , dont il'füt “à la fois l'inventeut ef le' modèle} ét! qui offre" 18: cbdtinuel mélange dé récits ficencieax’ou ‘tragiqiies" et de ces subtils débats soumis ‘à la - juridibtion des coûts d'amour.
On conçoit combien ce genre une fois trouvé, dut paraître agréable et piquant à des peuples qui ne conpaissaient pas le roman proprement dit, et qui, scindés en une multitude de petits étais, voyaient figurer dans un recueil de Nouvelles, les'mœæurs et les coutumes de chacun d’eux. Voilà ce qui explique le nombre immense des imitateurs de Boccace, imilateurs qui nous sont presque tous inconnus, quoique plusieurs soient loin de mériter cette défaveur.
L'un des plus ignorés est assurément Girolamo Parabosco, né à Plaisance au commencement du seizième siècle, et dont le nom ne se trouve pas même dans celles de nos Biographies qui ont la prétention d’être complètes. Cependant il est ingénieux dans ses inventions, clair, naturel , élégant‘ dans son style, et, quoiqu'il peigne de bien mauvaises mœurs, il pousse la licence beaucoup moins loin que la plupart de ses confrères. Sa troisième Nouvelle, ainsi que l’observe M. Ginguené, offre des rapprochemens curieux avec le Tartuffe, et cela seul ‘serait pour nous un motif puissant d'intérêt littéraire.
Avant de terminer cette Notice, je pe puis m'empêcher de revenir sur l’affreuse cerruplion dont les écrits italiens du seizième siècle nous présentent le tablegu. On ne saurait trop répéter que le {ravail ; l’industrie, l'égalité politique., peuvent seuls fonder les bonges mœurs des peuples , et il est diflicile. que les esprit ne soient pas frappés de celte vérité, lorsque l’Ilalie, même long-temps encore pprès le mayen âge, nous mantrait à la fois pratiques religieuses dans les églises, brigandages sur les routes, assassinats dans les rues, infämes débauches dans les maisons, et presque partout dépravation et hyppcrisie.
FIN,DE LA NOTICE
“+. STURUEE ; .