‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 36 sur 126 · AAA IN · texte numérisé non relu

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Ux grand plaisit des gentildhémmes vénitiens est d'aller au printemps à quelques .milleé de Yenisé, les uns seuls ; les autres en companié, passer un ou plusieurs jours ‘dans de pelitéé cabanes de planches, de' roseaux ou de piérres, : construites sur l’eau. Là ils s'amusent soit à teridre des filets auf oiseaut aquatiques , soit à pécher dans des réservoirs où le poisson.est nourri, soit à tout autre divertissement que le lieu compote; puis ils se retirent dans les cabanés pour manger, dormi?, causer ou se récréer comme il leur plaît. - Àl n'y a pas long-tenips qu'une de ces parties de plaisir fut faite par une société d'élite, composée de Giralamo Molino , Domenicÿ Veñiero, Lorenzo, Contarino, Fedérico Badovaro, Marc- Antonio Cornaro, Daniel Barbaro;, Bartolomeo Vitturi, Benedetto Cornaro, Alvigi Zorzi, tofs gen-

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tilshommes vénitiens. Dans la même société se trouvaient aussi Ercole Bentivoglio et le comte Alessandro Lambertino, l’un et l’autre Bolonais ; Speron Sperone, de Padoue; Pietro Aretin ; Alessandro Colombo, de Plaisance; Giam-Batista Suzio, de la Mirandole; Fortunio Spira, de Viterbe; et @nton Giacomo Corso, d’Ancône. Leur dessein était de passer trois jours dans les cabanes, et ils y avaient fait porter des vivres en conséquence, lorsqu'une tempête étant venue troubler leurs plaisirs, ils se mirent à dîner dans l'espérance « de voir renaître le beau temps.

« Dieu merci, dit le comte Alessandro, nous n'avons point ici de femmes; c’est l’absinthe qui rend amère, ou plutôt le venin qui corrompt toute aimable: et douce compagnie.» Chacun se. récria soudain contre ce trait brutal de satire; et , après ‘ unetlongue controverse, dans- laquelle le comte enchérit encore-sur ce qu'il vtpait d’avancer "il demeura constant que-ce-viblent dêtracteur des femmes n'était autre qu’un amant maltraîté.

Cependant le‘ciel devenant dé ‘plas ën'plus orageux, on'chercha de’ quelle imahière 4 la fois récrédtiveiet profitable on pourraït passer le-temps. L'un proposa de discuter la prééminence eûtre les armes .et les léttres'; lés'atities, d’agiter quelque question d'amour ‘ou de philosophie; brefs" c ‘était

enfin tousles suffrages ; ce fut quéréhicant &tonr de rôlè, racontât'urié Nouvelle--ou salirique,: ou

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gaie, ou touchante, et dans laquelle l’ agrément se joignît à l'utilité.

. Gontarino, choisi pour commencer, annonça une histoire tragique qu peut-être il se garderait de dire, s'il y avait des femmes pour l'entendre; car cncore bien, ajouta-t-il, que le cemte les regarde toutes çomme des tigres et des scrpens, leur sensibilité , j'en suis sûr , éprouverait de mon récit une impression de tristesse et de douleur dont la fermeté de nos âmes nous garantira.

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