II. Des élections abolies et des bénéfices réservés
TT. De la chambre apostolique, qui détruisit. les élections pour nommer , non les plus dignes , mais les plus opulens.
L. Les souverains pontifes (car c’est d’eux enfin que je veux parler) se voyant élevés en puissance et en autorité bien au-dessus de tous les autres, s'abandonnèrent aux passions désordonnées de l'orgueil et de la domination; les revenus de l’évêché de Rome et le patrimoine de saint Pierre, plus opulens que quelque royaume que ce soit, quoique diminués par l'indolence (3), cessaient de suffire à une représentation, que n'égalent aucun des princes, rois et empereurs de l'univers; en conséquence, ces avides pasteurs firent irruption dans d’autres bergeries riches de toisons et de lait. | |
II. En quelque lieu du monde que la réligion chrétienne soit répandue, ils s’arrogèrent les prestations et les revenus de toutes les églises vacantes, de toutes les prélatures et dignités conférées jus-
qu'alors par élection; et ces élections même que les saints pères avaient jadis instituécs et maintenues avec tant de vigilance et d'avantage, ils les détruisirent scandaleusement, pour remplir mieux la vaste capacité de leur bourse, et pour attirer par intrigues, de teutes les provinces chrétiennes, à leur chambre apostolique , d'énormes monceaux d'or et d'argent (3). - III. La constitution de cette chambre, et l'avidité avec laquelle elle a épuisé toutes les églises, toutes les provinces, tous les royaumes, sont choses aussi impossibles à croire qu'à exprimer. Mais les évêques de Rome, en s'attribuant la nomination aux siéges et aux dignités supérieures de l Église, et en abolissant les élections populaires, n'ont-ils pas voulu pourvoir mieux aux besoins ” des fidèles, et leur donner des pasteurs plus recommandables par leur vie et par leur doctrine? Peut-être quelqu'un serait tenté de le croire, si l'évidence universelle ne démentait une semblable supposition, et si nous ne voyions de toutes parts des hommes inutiles, mais opulens, être poussés aux grades supérieurs de l'Église par le patronage intéressé de Simon. Je dirai plus tard de quelle manière ces hommes conduisent les bercails qui leur sont confiés. °