‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 7 sur 126 · I. Des expectatives · texte numérisé non relu

I. Des expectatives

II. Quels sont les candidats qui assiégent la cour de Rome. HT. D'où est né le mépris du sacerdoce.

I. J’ar à finir ce que j'ai comméncé au sujet des souverains pontifes, qui, surpassant la magnificence de tous les mortels, et même le luxe des roïs, ne se sont pas contentés d'attirer à eux les élections, mais qui, pour arroser leur cour d’une multitude infinie de petits ruisseaux, -ont encore enlevé à tous les diocésains et à tous les patrons, la présentation et la collation des bénéfices, et leur ont interdit, sous peine d’anathéme , d'oser inso- Jemment (car tel est devenu le style de leur chancellerie) en revêtir quelque candidat que ce püt être, au préjudice de ceux à qui eux-mêmes auraient jugé à propos d'en conférer l’expectative.

IL. Et quel est aujourd'hui, bon Dieu, le nombre des expectans! Quelle espèce d'hommes afllue de toutes parts à cette curée! Ne croyez pas qu'ils sortent des écoles, c’est de la charrue et des arts mécaniques qu’on les tire pour gouverner des

paroisses ; la plupart ne savent pas plus de latin que d'arabe, et distingueraient à peine un & d'un #4. Si du moins la pureté des mœurs rachetait en eux l'ignorance! Mais bien plutôt l'ignorance engendre chez eux les mauvaises mœurs.

Étrangers à toute instruction et à toute discipline, et nourris dans l’oisiveté , ils ne connaissent qu’impudicités, jeux, débauches, querelles et frivoles discours. De là tant de prêtres pervers, ignares, misérables, dont les infâmes habitudes entraînent partout le scandale et la ruine.

IT. De là aussi, dans la bouche du peuple, tant de mépris et de dégoût des prêtres; de là, pour tout l’ordre ecclésiastique, un déshonneur, un ‘ opprobre, une ignominie, dont ses membres rqugiraient, s'ils savaient rougir , et si plusieurs ne s'étaient fait un front d’airain. Autrefois le sacerdoce était honoré des laïques, et rien n’était plus respectable à leurs:‘yeux : aujourd'hui, rien n’est plus méprisable ni plus abject (4).

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