JACQUES VI, ROI D'ÉCOSSE
Dos que les États m'ont nommé votre précepteur, tous mes opuscules ont été admis dans votre familiarité intime et placés sous votre royale protection; mais surtout mon Jean-Baptiste a des droits particuliers à votre patronage. En effet, tout avorté qu'est ce fruit , c’est le premier de ma muse; cette production rappelle les jeunes gens, des jeux vulgaires de Ja scène, à l’imitation sévère de l’antiquité, et combat de toutes ses forces contre les progrès presque universels de l'irréligion. J’ajouterai, comme un titre encore plus spécial à votre adoption bienveillante, qu’elle peint avec énergie les tortures secrètes des tyrans, au milieu de leurs apparentes prospérités ; or il vous est nécessaire d'apprendre à haïr dé bonne heure ce que vous devez fuir toujours. Je veux d’ailleurs que, si jamais vous vous laissiez séduire par de mauvais conseils ou emporter par la licence du pouvoir, plus forte que l'éducation, cet ouvrage témoigne pour moi, dans la postérité, que c'est à vous seul qu’il faudra s’en prendre, et non pas aux sages leçons de vos maîtres. Ah ! que Dieu vous donne une meilleure destinée, et que, selon qu'il est dit dans votre Salluste, l'habitude de bien faire devienne en vous une seconde nature! C’est ce que j'espère et souhaite avec tous les gens de bierf. Adieu. |
Ce 1° novembre, 1576. ,