‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 72 sur 126 · JEAN-BAPTISTE, OU LA CALOMNIE · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE, OU LA CALOMNIE

misérablement, tant de saints patriarches que la croix, l'épée, les ondes ou la flamme ont privés de la lumière du jour. Ah! bien plutôt devonsnous saluer d’augures propices le martyr de la vérité qui meurt pour sa religion ou pour son pays; tous nos vœux doivent appeler pour nousmêmes un semblable trépas.

LE CHŒUR. |

Tu dis vrai; mais, hélas! jouets insensés de l'erreur et de l'opinion, nous nous précipitons dans nos destinées, par le soin même que nous prenons de les fuir. Le feu nous a-t-il épargnés? Nous périssons dans les eaux. Échappons-nous à l’humide élément? C’est pour succomber sous les vapeurs pestilentielles de l'air. La guerre a-t-elle respecté nos jours? Une affreuse maladie les tranche inopinément. Dieu nous permet de différer et non d'éviter nos destins. C'est dans les maladies, les pertes , les douleurs et les souffrances de toute sorte, que nous reculons le paiement de la mort. Une longue vie n’est qu’une chaîne de longs maux, dont le dernier anneau est le trépas. Et traîner misérablement le poids de ces fers, nous n’appelons pas cela être esclaves ; tant la servitude nous plaît mieux que la délivrance !

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(x) Cette dédicace ne sent point le courtisan; il est facile de Voir que le précepteur qui parle ainsi à son royal pupille n’a pas têté normmé par la cour. Buchanan pressentait les dispositions de Jacques en faveur du pouvoir absolu, et il s’attache à les combattre par des leçons vives et frappantes, puisées dans la philosophie et dans l'histoire. Quelqu'un laccusait d’en avoir fait un pédant : « C’est tout ce que j'ai pu en faire de mieux; » répondit-il. |

(2) Jésus-Christ préchait depuis deux ans; mais ce ne fut qu après la mort de Jean-Baptiste , que ses miracles éclatèrent et attirèrent l'attention inquiète des Pharisiens.

(3) Tout à l'heure Malchus vient de déclamer contre la tyrannie d'Hérode, et maintenant il va s’en faire le ministre et le provocateur. Ce trait de caractère est habilement jeté.

(4) Jeat-Baptiste est amené par des satellites, il a déjà Été mis en prison par l’ordre du trétarque. ,

(5) La scène est censée représenter la place publique sur laquelle donnait la prison ; ét, comme la détention de Jean-Baptiste n’était pas rigoureuse , il lui était permis de se promener sur la place, à la vue de ses gardes. Liu, Du 4

(6) L’Homme-Dieu commençait, en effet, à prêcher aux Juifs sa morale céleste.

«Mes frères, disait-il, et c’est la vérité, Mon royaume est le ciel ; ma loi, la charité. L’ancienne loi nous dit, et Moïse lui-même :

Haïssez qui vous haïit, mais aimez qui vous aime; Les scribes, les. païens à ces vœux sont soumis ; Moi, je vous dis : Aimez jusqu’à vos ennemis.

Donnez sans espérer; imitez votre père ; Qui pardonne aux ingrats, recevra son salaire. Je vous le dis encore, et c’est le vérité, Mon royaume est le ciel; ma loi, la charité, Allez-vous à l’autel offrir un sacrifice ?

Sachez de votre cœur épurer la justice.

Où donc est votre frère ? il n’est point avec vous | ; L'auriez-vous offensé ? serait-il en courroux ?

# Laissez-là votre offrande ; allez à votre frère ;

- Implorez son pardon d’un cœur droit et sincère ;

"Et votre encens plus pur, rallumé sur l’autel,

Avec votre amitié montera vers le ciel. »

Mais les prêtres, les juges, les Pharisiens, s'émeivent à cette doctrine qui les condamne et qui menace leur pouvoir.

«Quel est ce Juif rebelle, | { Qui, jetant dans le peuple une voix criminelle, Et, dans le sanctuaire usurpant le saint lieu, Se dit le roi des Juifs, le Christ, le fils de Dieu? Ce fils de charpentier, qui naquit saua le ebaume, Dispense les honneurs du oéleste royaume | Nous, rois du sacerdoce et princes de l'autel, Nous, maîtres de la loi, prêtres de l'Éternel, Ést-ce à nous de souffrir que ss bouche profane Au tribunal de Dieu nous juge et nous condamne ? Quel est donc cet abime entr'ouvert sous nos pas? Quels sont ces jours promis au delà du trépas? De notre augaste loi blasphémateur parjure, Veut-il changer aussi les lois de la nature?

Ennemi de César, sa sainte charité A ce peuple séduit prêche la liberté.

‘Avide de trésors, jaloux de la puissance, Il accuse les grands et proscrit l’opulence.

La foule qui le suit, ardente à s'émouvoir, De l’ancien d’Israël menace le pouvoir, Et, bravant du sénat la justice sévère, Sur le trône du monde ose insulter Tibère !

11 suffit : conjurons contre cet ennemi Les foudres de l'Olympe et ceux du Sinaï!

SUR JEAN-BAPTISES. 271

Pour enchaîner ce peuple et brises ses idole, Avec le tabernacle armons le Cspitolé ;

. Que l’autel soit vengé per et &ommun effort : Jésus est un rebelle ; il mérite la mort. »

Ces deux morceaux , dont l’un retrace avec une simplicité pleine de charme les principaux points de la môrale évangélique , et dont: Pautre peint avee éuergie la fureur des scribes et des Pharisiens contre Jésus, sont empruntés du poëme sur l’Immortalité de P Ame, par M. de Norvins.

FIN DES REMARQUES

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