TRADUIT DE L’ANGLAIS
BIBLIOTH. ÉTRANG. T. Ill. 26
PARA S SR AARARARARAARRAAARPRAAAAAA NA RARAAARARPPARRARARA RPRPPRAAPRARARAR à SARA RAARARAARARRAAAAR VARARAARAAS
Les Anglais, par une louable disposition, aiment,, en général, à chercher d’intimes rapports entre les ouvrages et le caractère de leurs écrivains. Il est vrai de. dire aussi que ces derniers, moins distraits de la vie méditative qu'ils ne le seraient dans un pays plus gaiement pénétré par les communications sociales, moulent souvent sur les saillies propres de leurs personnes, les traits les plus marquans de leurs productions. Cette étroite relation du poëte avec les êtres animés par sa muse, relalion qui, j’aime à le croire, n’est qu'une supposilion injurieuse lorsqu'on
l’applique au célèbre lord Byron, est, à l'égard de James
Beattie, une honorable vérité. Son Ménestrel est lui-même ; comme lui, fils d’un simple villageois; comme lui, devenu poëte par l’exaltation d'un génie enthousiaste et rêveur ; comme lui, doué d’une sensibilité sauvage, et fondant sa philosophie sur les plus hautes et les plus touchantes idées de la morale et de la religion.
James Beattie, né en 1735 d'un berger écossais qui faisait des vers en conduisant ses troupeaux, est également célèbre comme métaphysicien et comme poëte. Le Ménestrel, à son apparition , produisit une sensation très vive parmi les Anglais, qui recherchent surtout dans les vers le charme vague et les beautés descriptives dont le poëme de Beattie est empreïnt. L'auteur est très habile à peindre cette nature belle et terrible qu'on admire dans
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les paysages écossais ; et la figure de l’homme y est jetée avec art comme la pensée et l’âme du tableau : voilà toute sa composition. Je crains que le vide absolu de l’action , et l’entassement , quelquefois un peu confus, des réflexions et des images, n'aient pas à beaucoup près un succès égal parmi nous , surtout dépouillés du prestige des vers et du vêtement original de la langue dans lequelle les pensées. ont été conçues ; mais l’exaltation religieuse dont ce poëme est rempli suflira pour lui concilier partout d’honcrables suffrages, et d’ailleurs. il est toujours d’un intérêt très philosophique de se faire quelque idée des ouvrages qui jouissent dans leur pays d'une haute réputation. Gelui-ci offre une singularité qui doit contribuer à son succès; l’auteur a rajeuni le rytlme de Spenser, qui n'est autre que la stance italienne du Tasse et de l’Arioste : c’est aussi celle que lord Byron vient d'adopter dans Childe Harold, comme comportant une grande variété de tons.
- Le docteur Beattie est décédé en r803, professeur de philosophie morale et de logique à l’université d’Aberdeen , où il avait été boursier dans sa jeunesse. La perte de ses deux fils, dont l’aîné, mort à vingt-deux ans, donnait les plus hautes espérances, avait redoublé depuis quelques années ses dispositions à la mélancolie ; il ne
voyait plus personne, et sa chaire était remplie par un suppléant. |
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