‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 104 sur 178 · D'autres mss. ont milUs · texte numérisé non relu

D'autres mss. ont milUs

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action se soit limitée à cette partie du poème. Alexandre de Paris se présente à nous comme l'auteur d'une édition revue, corrigée et très augmentée de divers poèmes indépendants ayant pour sujet Alexandre le Grand. Si dans le Roman nous rencontrons des morceaux qui ne soient réclamés par personne, qui offrent un air de famille et qui puissent convenir à un auteur né en France (dans le sens ancien et restreint du mot) ou devenu français par une sorte d'adoption, il sera légitime de les lui attribuer. Or nous avons remarqué en étudiant la première partie de notre quatrième branche deux caractères saillants : un sentiment très français qui fait en quelque sorte explosion de la façon la plus inattendue ; une érudition que nous n'observons pas à beaucoup près au même degré dans les parties de la troisième branche dont Lambert le Tort est l'auteur. De ces deux caractères, le premier convient parfaitement à un auteur qui tire son surnom de la ville de Paris ; quant au second nous verrons plus tard qu'il se manifeste aussi dans les parties du Roman auxquelles on peut supposer que ce même auteur a mis la main. Provisoirement contentonsnous de poser qu'il n^est point invraisemblable que la première partie de la quatrième branche soit l'œuvre d'Alexandre de Paris. Nous verrons bientôt cette hypothèse gagner en vraisemblance.

Arrivons maintenant à la seconde partie. Nous avons vu à la fin du chapitre précédent qu'elle ne pouvait être du même auteur que la première, parce qu'elle fait en quelques-unes de ses tirades double emploi avec celle-ci, parce qu'elle suit VEpitome tandis que la première partie

suit VHisîoTia, Elle se raccorde assez bien à la troisième branche, et par suite on pourrait être tenté de l'attribuer à l'auteur de cette troisième branche, c'est-à-dire à Lambert le Tort. Mais, à cette hypothèse il y aurait deux objections très fortes. L'une est que l'auteur du morceau que nous étudions semble être beaucoup plus lettré que Lambert le Tort, ou du moins beaucoup plus porté à faire étalage de ses connaissances littéraires. Nous rencontrons en effet dans ces dernières pages du poème un assez bon nombre d'allusions à l'antiquité. Il fait intervenir, à propos d'Alexandre, Paris et Hélène (Mich. 5 35, 1-2), Cloto et Lachesis(5 37, 19), Enée et Didon (541, 11-3). Il n'était pas moins versé dans la Bible, qu'il cite à plusieurs reprises (531,6; 540, 16*, 549, 6). Evidemment cette partie du poème est l'œuvre d'un clerc. L'autre objection à l'opinion selon laquelle ce clerc pourrait être Lambert le Tort est que l'auteur s'est nommé, ou du moins paratt bien s'être nommé dans des vers que nous ont conservés un assez bon nombre de manuscrits >, et entre autres dans celui qu'a suivi M. Mîchelant (542, 4-6). Les voici d'après le ms. 24365 qui les donne sous une forme plus correcte que l'édition a :

Pierres* de S. Cloot si trueve en rescripture

1. Fr. 786 (= édition J42, 4), 790 {Romanîa. XI, 306), 791 {ibid., 287), 1J90 {ibid., 313), 24J65 {ibid., 283). Dans plusieurs mss. (voy. Romania, XI, 268, 275) le nom deTauteur est remplacé par ces mots Signor, H sages hons,.. Dans d'autres mss. la tirade où se trouve ce passage est omise ; voy. Romania, XI, 324.

2. Les deux premiers de ces vers ont été cités, selon toute apparence d'après ce même ms., par Fauchet, Œuvres (1610), fol. $m*

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