‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 123 sur 178 · LA VENGEANCE ALEXANDRE DE JEAN LE NEVELOIS · texte numérisé non relu

LA VENGEANCE ALEXANDRE DE JEAN LE NEVELOIS

fut indigné de voir qu'Alexandre n'avait pas été vengé, et c'est alors qu'il se mit à l'œuvre.

L'action commence assez longtemps après la mort d'Alexandre, lorsque le fils de la reine Candace, nommé Alior, a atteint sa quinzième année. C'était un très beau jeune homme qui ressemblait à son père trait pour trait. Il ignorait encore le secret de sa naissance, lorsc^'un jour, en considérant le portrait d'Alexandre, que Candace avait fait faire par Apelle^ il y reconnut sa propre ressemblance. Sa mère le confirma dans sa pensée et hii apprit comment son père avait péri empoisonné par des traîtres. Aussitôt, l'idée de tirer de ce crime une éclatante vengeance naquit en lui. Il se fit armer chevalier, et, avec l'assentiment de sa mère, il envoya des messagers aux successeurs d'Alexandre, pour les convier à une action commune contre les traîtres. Ceux-ci y consentent, faisant trêve à leurs querelles, et promettent de se rendre auprès d'Alior à la prochaine Pentecôte. Ils tinrent leur parole, et bientôt le jeune prince se vit entouré des anciens compagnons d'armes de son père, ayant à leur suite une armée de soixante mille hommes. Cependant Antipater, l'un des traîtres, prévenu par un espion de l'expédition qui se préparait contre lui, rassemblait de son côté une puissante armée, et se disposait à résister dans Rocheflor, sa cité. C'était une ville très forte, qui^ située sur un fleuve, près de la mer, pouvait sans cesse se ravitailler. D'autre part, elle confinait à une forêt où les assiégés pouvaient, à leur

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