Il faudrait Tinyerse : Neptanabus is in Phelip*s londc
Muche they desirith to schewe heore body, (107)
Heore faire heir, heore fair rody,
To hâve los and praisyng.
Al hit is folie, by hevene kyng I
So dude dame Olimpias,
To schewe h ire gentil face.
Scheo hette marchai and knyghtis, (109)
1 70 Greythen heom to ryde, anon ryghtis ;
And iadies and damoselis
Maken heom redy, a thousand delis,
In faire atire, in divers coyntise ;
Monye ther riden in riche wise.
A muyle aiso whit as mylk (i 1 3)
With sadel of gold, semely of selk,
Was y-brought to Iheo quene,
With mony bellis ofselver schene (122)
Y-fastened on orfreys of mounde 180 That hongon adoun to theo grounde.
Forth thei ferden with heore roite,
A thousand Iadies of swte.
A sperver that was honeste . (ï26)
So was at theo Iadies feste. . .
Au moment de commencer la seconde partie de son poème, celle qui débute par le récit des merveilles de l'Inde, le poète anglais fait une longue énumération des i< bons clercs » qui ont écrit sur l'histoire d'Alexandre, donnant à entendre qu'il les avait lus lui-même, tandis qu'il s'est borné à emprunter leurs noms à Eustache de Kent :
4772 Thoo Alisaunder went thorough désert, , Many wondres he seigh apert,
Whiche hc dudc wel dcscryvc
By good cierkes in her lyve ;
By Aristotle his maister that was ; '
Better clerk sithen non nas.
He was with hym, and seigh, and wroot
Aile thise wondres, God it woot.
4780 Salomon that al the werlde thorough yede,
In sooth witnesse helde hym myde.
Ysidre also, that was so wys.
In his bokes telleth this.
Maister Eustroge bereth hym witnesse
Of the wondres more and lesse.
Saint Jérôme, yee schullen y-wyte,
Hem hath aiso in book y-wryte,
And Magestene, the gode clerk
Hath made therof mychel werk.
4790 Denys ^, that was of gode memorie
It sheweth al in his book of storie,
And aIso Pompie of Rome lorde,
Dude it writen every worde
Beheldeth me therof no fyndcr ;
Her bokes ben my shewer,
And the lyf of Alysaunder
Of whom fleigh so riche sklaunder.
Je citerai encore quelques vers que l*on pourra comparer au morceau publié I, 226, sous la rubrique Cornent Ântipatef apparilla la poison :
1. Weber pense que Eustroge (v. 4284) est Eutrbpius (Metrical romancesj III, 311). Mais il faut tenir compte de la qualification de « maître ». il n'y a aucun doute que Maister Eustroge est notre Eustad» de Kent. Quant à Denys, qui, selon Weber, serait Denis d'Halicarnasse, voir ci-dessus, p. 284, n. 2.
7844 Antipater undurstod wel
That the kyng is fui crewel.
Adrad he was of heorte slygh,
How so hit ever beo,
The kyng scholde dyghe or he, 7850 Venym he tok and tempred hit with wyn,
The wyn hette Elboryn...
And to the kyng he hit sent.
The kyng askid drynk of that présent.
Me broughte hit him in a coppe of gold
The kyng therof drank ; that he no schold !
La fin est très abrégée, mais çà et là on retrouve encore la trace du texte français. Ainsi ces vers :
Now is the kyng ont of lyf ; Swithe ariseth gret stryf 7980 For the body beoriing,
rappellent de près celui-ci : Mult i oui grant estrif pur le cors enfuir (I, 233, v. 14).
;e succès de ^histoire fabuleuse d'Aiexaftdre I s'est prolongé bien au delà du temps où les longues narrations en vers étaient en faveur. A mesure que l'art de la lecture se répand dans les classes supérieures de la société laïque, le rôle du jongleur perd de son importance; et comme la forntie mesurée et rimée était surtout appropriée au chant et à la récitation, elle fut confinée peu à peu en un certain nombre de genres, et cessa graduellement d'être employée dans les récits d'histoire ou d'imagination. Dès le milieu du xiii^ siècle on ne compose plus guère de chansons de geste ou d'ouvrages en forme de chanson de geste en dehors de la France septentrionale, où le goût pour cette forme littéraire semble avoir per • sisté jusqu'à une époque avancée du xw siècle. C'est dans la seconde moitié du xiii« siècle qu'apparaît le
premier roman en prose française d'Alexandre. Deux autres datent du xv^ siècle. De ces trois compositions, deux sont traduites du latin, la troisième est une rédaction en prose du roman en vers >. Nous allons étudier successivement ces trois ouvrages en commençant par ceux qui sont traduits du latin.
§ 1. — Traduction de VEpitome et de la Lettre
à Aristote.
Nous avons vu que VEpitome de Valerius et la Lettre à Aristote, ordinairement joints dans les manuscrits, formaient la source principale des récits merveilleux qui se répandirent sous tant de formes diverses au moyen âge. On peut dire que, jusqu'au xii® siècle en-
1 . Il est probable qu'il a existé un quatrième texte en prose aujourd'hui perdu. Voici en effet ce qu'on lit dans l'inventaire de la bibliothèque de Charles VI :
« Alixandre en prose translaté l'an mil III" XLI par frère Jehan « de Vignay; escript de lettre formée a deux coulombes. Comm. « ou .ije. fo. sa langue au palais^ et ou derrenier tint et vindrent. M Couvert de cuir, a deux fermouers de laton. xvj. s. p. » {Inventaire de la bibliothèque du roi Charles VI fait au Louvre en 1 42 3 par ordre du Régent, duc de Bedfordy publié par la Société des Bibliophiles français, pp. 79 et 80, n. 271; cf. Delisle, Cabinet des mss.y III, 163, art. 1070 de la libraiiiedu Louvre.)
Ce devait être une version de VEpitome ou de VHistoria de praliis, mais différente des deux ouvrages qui seront étudiés ci-après. VanPraet dit [Inventaire de ^ancienne bibliothèque du Louvre, p. 7j) que la version de Jean de Vignay se retrouve dans le manuscrit 7 J04 de la Bibliothèque royale; mais c'est une erreur, car la version contenue dans le manuscrit 7504 (aujourd'hui 1385 du fonds français] apparaît dans des manuscrits antérieurs d'un demi-siècle peutêtre à l'année 1341.
viron, à part un petit nombre de lettrés qui lisent Justin ou Quinte Curce, on ne connait sur Alexandre d'autre livre que ces deux opuscules. A partir du XII* siècle et surtout du xiii®, la vogue de VEpitome et de la Lettre à Aristote, sans diminuer très sensiblement, est partagée par une composition qui, au point de vue historique, ne vaut pas mieux, VHistoria de prddïis, qui, bien qu'écrite au x* siècle', ne paraît pas avoir été connue et mise à profit en France avant la fin du xii^) siècle, époque où nous en retrouvons la trace dans la partie la moins ancienne du roman en alexandrins *. Le succès de VHistoria de prdiis grandit rapidement et] fit tort à VEpitome. Les manuscrits de ce dernier opuscule deviennent rares après le xiii® siècle, et si la Lettre à Aristote fut imprimée dès 1499 '> la même fortune n'échut pas à VEpitome. Il n'en est que plus intéressant de constater qu'une fois au moins ^ probablement au xv® siècle, on eut l'idée de traduire en prose française l'abrégé de Valerius et la Lettre. De cette traduction nous ne connaissons qu'un seul manuscrit qui peut bien être l'exemplaire même du personnage pour qui le travail fut fait. Ce manuscrit, conservé à la Bibliothèque royale de Belgique sous les n°* 11104-111054, a appartenu à Charles de Croy, prince de Chimai, le parrain de Charles-Quint