‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 145 sur 178 · Voy. ci-dessus p · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus p

)l8 CHAP. XI, § 3.

Je vais maintenant transcrire quelques extraits de la compilation de Wauqueiin, et d'abord le prologue :

(Fol. 17). Chi aprils sUnssieult la prologue jaittt sus la geste ou jstoire du noble roy Alixandre roy de Macedonne,

Pour ce que, par le record et remenbranche de nobles emprises et fais d'armes, conquestes et vaillandises faittes et achevées par les vaillans, poissans et nobles hommes du tampz anchien et par chy devant passet, les coers des nobles et vaillans hommes du temps présent, desirans et vueillans attaindre la haulteet excellente vertu de proeche et de bonne renommée sont esmeu, eslevé et incité plus em parfont a toutte honneur et perfection et ossi a tout certain entendement de raison, et meisment tous jones coers de chevaliers et escuyers s'en doient esveillier et eslever en hauiteur et en proesche quant telz faiz oent recorder/ pensant toudis a l'acquisition de bonne renomée, je, de ce non digne, povre et non sachant, a la requestc. etprincipallementaucomnriandement de treshault^ noble et puissant seigneur monseigneur Jehan de Bourgoingne, conte d'Estampes et seigneur de Dourdaing, etc., ay mis et fermet mon porpos de mettre par escript en iangaige maternel les nobles faiz d'armes, conquestes et emprises du noble roy Alixandre, roy de Macedone, selon ce que je l'ay trouvét en un livre rimét dont je ne say le nom de l'acteur, fors que il est intitulé Vistoire Alixandre, Et pour ce, se de la vraye histoire de ce tant noble et poissant roy (v°) je suy aucunement desvoyé, que non, s'a Dieu plaist, ou s'aucune deffaulte en la poursuilte de la ditte matere est trouvée, par bon, vray et certain jugement il soit benignement et favourablement corigié et amendé, s'il y a quelque oevre digne de louenge, elle soit a Dieu atribuée, et la deffaulte a ma négligence tournée, laquele a le mienne volenté ëuist autant de favourans que de contre-

disans. Et pour ce ossi que en le ditte histoire je n'ay point trouvét en quel tamps après la création du monde ce fu, au mains la droitte certaineté, je supplie que s'il est aucun qui certainement le troeve, que il le voeille anecxer et adjouster a ceste présente oevre, en laquelle, pour comenchement moyen et fin je appelle et requier en mon ayde le benoitte ' grâce du saint Esprit.

Jusqu'à la fin du Fuerre de Cadres Wauquelin n'a. pas d'autre modèle que le roman en alexandrins; mais il ne le suit pas exactement^ il l'abrège ou le paraphrase très librement. Voici un des passages où il m'a paru s'écarter le moins de son original ; je le transcris de préférence à d'autres, parce qu'on pourra le comparer avec les vers du Roman qui ont été rapportés ci-<lessus, pp. 139-40 :

(Fol. 19). Mais a son enfantement moult de signes ou chiel furent veûbz et oys de touttes pars et de tous peuples par universe monde, car, comme dist l'istoire, 11 airs se mua en diverses couleurs, et furent moult d*escrois et de tonnoires oyes, dont moult de peuplez furent esbahis et pensix; et nommés seullement li airs s'en mua, mais ossi la terre en trambla en plusieurs lieux. Et qui plus est, les bestes en frémirent de paour et de hide, (v») qui fu une grande signiffianche ; et avoecq ce et au deseure, dont che fu une tresgrant joie, nasquirent en celle propre heure que le dit roy Ailixandre nasquit, .xxx. filz de princes qui pour ]e plus grant partie estoient tous de Gresse et des parties entour; et de ceulx chy parlera le histoire ens es fais dudit noble roy, car ce furent ceulx qui lui aidierent a faire ses conc* questes, çheux chy souffrirent aveucques lui moult de do-

leurs, comme en la terre escaudée et ailleurs, et toudis vesquirent d*armes, comme dist Tistoire. La signiffiance des signes qui advinrent a la nativité de cestui noble roy Alixandre est assez clere a entendre, car selon l'entendement, il fàult dire que tout fremy a sa naissance, pour ce que tout devoit a lui estre subget. Bien y parut selon ce que chy après sera déclaré.

Après avoir conté la prise de Cadres > , Wauquelin résume en quelques lignes l'épisode de Floridas, et introduit l'analyse des Vœux du paon ^, qui se termine par un chapitre tiré du Restor du paon ?. Viennent ensuite quelques chapitres tirés de Vincent de Beauvais, c'est-à-dire de YEpitome de Valerius, qui ont trait à la mort de Philippe et aux préliminaires de la guerre contre Darius 4. Notre auteur revient ainsi à la prise

1 . Chap. liij de la première partie : a De la mort le duc Betis, et comment la citét de Cadres tu prinse. y» — Cf., pour l'original, ci-dessus p. ijy.

2. Chap. liiij : c Coment, après touttes ces conquestes le noble c roy Alixandre encontra le viel Cassamus du Laris, frère de Ga- « diner, qui avoit esté ochiz devant Cadres. » (Fol. 64.)

3. Chap. cxij : tv Des noeches et du Restor du paon, que da- « moiselle Edea fist restorer de fin or, et de pluiseurs aultre^ « choses. » (Fol. 139 V"*.)

4. Chap. cxiij : « De la mort du roy Philippe de Macedonne, c comme raconte Vincent, ung historien qui composa ung traittiét c d'Alixandre. i (Fol. 141.) — Chap. cxiij : « Comment le roy « Alixandre veuga son père du roy Pausania, dist Tistore de Vin- « cent. > (Fol. 142 v".) — Chap. cxv : «Comment Alixandre fist « son père enssevelir, et comment il se party de rechief atout son € ost pour aller sur le roy Dairè. » (Fol. 144.) — Chap. cxvj : c Des responces du dieu Apolin , et comment Alixandre vint en (( Ytalie, et de la responce d'un dieu qui s'appelloit Séraphin. » (Fol. 14 j v'.) — Chap. cxvij : « Coment la cité d'Alixandre fu c fondée, dont le pays d'Alixandre sortist son nom, et de la prinse

LES RÉDACTIONS EN PROSE. )2l

de Tyr qu'il a déjà racontée d'après le roman en vers, et cette circonstance n'est pas sans lui causer un certain embarras. Il se tire d'affaire en supposant que la ville, une première fois prise et détruite par Alexandre, aurait été rebâtie par Darius, pour être de nouveau assiégée par le roi macédonien ' .

La guerre contre Darius est contée en partie d'après la traduction en prose de VHistoria, en partie d'après le roman en vers. Il faudrait des citations multipliées pour rendre compte de la façon dont le compilateur a procédé. Je me borne à transcrire un passage où l'imitation du poème est certaine :

(Fol, 172 v^). Et dist nostre histore que en ce foulis il furent jusques a nonne, que adont dou tout en tout se comenchierent a desconfir les Parsans, car il parchurent que le partie plus grande de leur capittaines y estoient mors, et en nomme Tistore aucuns telz comme le roy de Valage qui s'appelloit Ballot 2, et ung aultre roy qui s'apeloit Parcael ?, lesquelx .ij. estoient tresvaillans hommes d'arme, et ens esquelx les Parsiens avoient grant confidence. Item Mabon 4 deMongibier, Lucien, Pinados(, Léon, Gardinas, Lippas, {'assien^, Orbas, et pluseurs aultrez que je laisse; et tous ces hommes ichy estoient les chapittaines des eschelles.

« d*Escalongne. » (Fol. 147 V.) — Chap. cxviij : a D'un ymagc « que Alixandre trouva faitte a la samblance de Nectanebus', dua quel raconte le devant dit Vincent en son livre. » (Fol. 148 v*.)

Page 1