XI
nau, Flandres, Brabant, Liège, Hazebain > et pluseurs aultrcs pays adjacens ou voisins ausdix pays.
L'histoire de Lirope et du chevalier Taron de Périgord occupe les chapitres ij à vij de la seconde partie, puis l'auteur revient à l'Historia de prsUiSfSiytc un chapitre (le huitième) sur Gog et Magog. Il poursuit son récit d'après la même source, sans cependant perdre de vue « Vincent le jacopin » et le roman en vers, ce qui parfois le met en présence de contradictions qui le jettent dans une grande perplexité. Ainsi nous avons vu plus haut {p. 170) que les deux versions latines du Pseudo-Callisthènes, celle de Valerius et celle de Léon racontent que Porus fut tué en duel par Alexandre. Au contraire, dans le roman en alexandrins, Porus accompagne Alexandre à travers les déserts de l'Inde et ne meurt que beaucoup plus tard. Cette différence entre les divers récits n'a point échappé à Wauquelin, qui, après avoir raconté la mort de Porus, tué par Alexandre, poursuit ainsi :
(Fol. 240). L* acteur dist de la mort Porus, De la noort le roy Porus meth en son histoire Vincent le jacopin ensi que dit est; ossi fait un aultre ystorijen appeliez Guillaume 2. Mais le histore que nous avons poursieuwy en ceste oevre, de laquelle nous ne savons l'acteur, car elle est
1. Ms. Hazebam^ mais Hazebain dans le manuscrit 9342. C'est le Hasbain, pays de l'ancien Etat de Liège comprenant Liège, Tongres, Hui.
2. C'est, comme on le verra plus loin, le traducteur en prose de VHistoria.
sans title > , dist que Porus ne fu point a celle heure ochiz du roy Alixandre, mais se rendi a lui et fu grant temps chevauchant aveuc le roy Alixandre parmy les desers, la ou Alixandre fu, comme vous orez chy après; et la ou il parla as arbres du solleil et de la lune, après lequel parlement des arbres, laditte histore sans title met que P'orus oans et entendans que Alixandre ne viveroit point longuement, le assally de camp, ouquel camp ledit Porus fu ochiz. Laquelle chose je laisse en le discrétion des lisans, car, quant que fuist,^ toutteffois se concordent touttes les histores que Alixandre ochist le roy Porus en ung camp de battaille, corps a corps. Or revenons a nostre pourpos.
La fontaine qui confère rimmortalité à ceux qui s'y baignent ne laisse pas non plus de lui inspirer des doutes. Nous avons constaté plus haut (p. 176) qu'elle ne se rencontrait ni chez Valerius ni chez Léon. Notre auteur fait la même remarque, ces deux traducteurs étant pour lui représentés par Vincent et Guillaume. Il termine le récit qu'il emprunte au poème en disant :
(FoL 266). S*il est vray, vray soit, mais Pistore Vinchent ne de Guillemme n'en parlent point, non ostant que assez dient de touttes les merveilles que Alixandre vitettrouva en Inde, mais de ceste il n*ont point escrit.
Voici maintenant un passage qui prouve que Wauquelin a fait usage de la version française de l'Historia et non du texte latin. Il s'agit des présents qu'Alexandre reçut de diverses parties du monde lors de son séjour