‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 149 sur 178 · I. c'est le Roman en alexandrins · texte numérisé non relu

I. c'est le Roman en alexandrins

à Babylone. J'ai cité dans le paragraphe précédent, p. 312, quelques phrases très caractéristiques ajoutées au texte latin par le traducteur, où la nature des présents envoyés par différentes nations est spécifiée, Or ces phrases sont reproduites pour le sens, sinon dans leur teneur littérale, par Wauquelin [chap. 87 delà seconde partie) :

(FoL 3 3 s). Vous avez bien oyt par dessus comment Alexandre avoit envoijét en plusieurs parties du monde que on lui aportast treûs et recongnoissance comment il les avoit subjuguié; pour lequel commandement ne demoura gaire de tamps que après ce que le roy Alixandre eult laditte cité concquise, lui comenchierent a venir et a confluer de tous les rengnes du monde ducs, contes, princes et barons, tous lesquelx ly aportoient tribus et recongnoissances que il seul estoit leur signeur, leur roy et leur empereur. Entre lesquelz princes, dont les uns estoient de Rom me, de France, d'Espaigne, d'Allemaigne, d'Engleterre, de Sezille, de (v**) Sardaigne et de pluiseurs aultres isiles de mer, ceuix de Romme luy envoyèrent une tresgrant some d'or par nulles et chevaulx qui le portèrent et conduisirent. Pour lequel présent il les rechut moult honnourablement et grandement, et leur dist en tel manière : c Je voy, » dist il,

< clerement que ceulx qui nous ont rechupt et ce présent • envoijé nous ayment d'une amour cordialle. Et pour ce

< nous les retenons a noz tresespeciaulx amis. 1 Par laquelle parole on parchupt clerement et seult on que de sa proppre nature il estoit convoitteux et escars, et combien

' que toudis on lui ait donné le nom de larguesse > . Toutef-

I. L'observation est de Wauquelin. Nous reviendrons plus loin sur ce renom de largesse qui s'est attaché pendant tout le moyen âge au nom d'Alexandre.

foix ne Testoit il point par nature, mais il estoit tellement a chou induis, «t ossi il veoit clerement que par ses dons il possesoit de plus grans. Et pour ce c'est ung mot véritable qui se dist : Date et dabitur votis^^ qui est a dire en franchoix : « Donnez et on vous donra. » En ces presens et tribus devant dis ly Franchoix lui présentèrent ung moult noble et riche escut armoyez moult puissanment de ses armes, lequel escu il rechupt a tresgrant joye. Sy dist aux niessaiges qui ledit escu avoient a porté, oans tous ceulx qui oîr le volrent : « Tout ainsi que par nature et par usaige « la gent de Franche est (fol, 336) la plus viguereose gent c qui soit ou monde, me ont il envoijét présent lequel est c moult convegnable a nous qui porter le devons, et a eulx f qui envoijer le doivent. > Et ces parolles disoit il pour ce que il savoit bien que Tescu estoit tresconvegnables a ly, pour ce que il avoit par sa bachelerie tout le monde concquis, et a eulx pour ce que ossi il lui sambloit que la gent franchoise estoit la plus vaillant gent qui fuist ou monde a sa congnoissance^ d'armes, de forche et de soubtillité.

Peu après Wauquelîn reprend le roman en alexandrins, racontant la naissance à Babylone d'un enfant monstrueux, d'où un « astronomien d tire des présages funestes, puis les préliminaires de la trahison d'Antipater^. Viennent ensuite deux chapitres qui correspondent à l'épisode de Dauris et Floridas, et qui devraient se trouver un peu plus haut, si Wauquelin avait suivi l'ordre du roman en alexandrins ^ Le récit

Page 1