‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 157 sur 178 · Dans VHistoria c'est Alexandre qui tue Pausanias · texte numérisé non relu

Dans VHistoria c'est Alexandre qui tue Pausanias

por départir e por doner as vailians chivaliers cui il fîst assambler e venir a lui de Macedonie et de moût diverses contrées.

Que il Romain envoler enî a Alixandre une corone d*or.

Des Macédoniens ot il avec lui a pié, armes portans .XV™. e .viij™. chivaliers et .ij". e .vij<^. d'autres contrées et .vijc. dou règne de Trasse moût vailians as armes....

Après le récit de la mort de Darius et du châtiment de ceux qui l'avaient tué en trahison (Valerius, II, 20, 21), intervient le voyage d'Alexandre à Jérusalem, événement dont il n'est question dans aucune des deux versions du Pseudo-Callisthènes : Que li rois Alixandres repair a ariere en Jherusalem (fol. 2 32 ^). Que Alixandres s'agenoilla contre le non Deu (fol. 2 3 2 fc). — Content Alix, entra en Jherusalem (fol. 233 ^). Le compilateur conte ensuite la visite de la reine des Amazones (à ce propos Orose est cité, fol. 234(2) ; la lutte contre Porus, la traversée des déserts de l'Inde, l'excursion aux arbres du soleil et de la lune, le duel d'Alexandre et de Porus. Tout cela est conté d'après la Lettre à Aristote. Puis vient l'épisode de la reine Candace (Valerius, III, 18-23). Alexandre revient à Babylone où il trouve la mort. La fin (fol. 252 a) est très écourtée et ne vient pas directement de Valerius. Les dernières phrases semblent indiquer une réminiscence du roman :

De la mort le roi Alixandre ne vos voill je ore plus descrire, ne de la dolor que si baron en démenèrent, se tant non soulement que assés le plainstrent e plorerent e durement regreterent ses vaiors e ses grans proeces. E ses

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serors le plainstrent tnout ausi e sa inere Olimpias sor tos les autres tant com li cors fu ars e mis en la sepouture qui tant fu riche, sans plus dire, com el dut estre, d*or e d'argent e de pierres preciouses.

Mais, après quelques chapitres sur les dissensions des généraux d'Alexandre, nous retrouvons (fol. 2 j8fr] le dernier chapitre de J. Valerius :

.XII. ans régna li rois Alixandres e porta corone, e .xx. ans avoit il tant seulement dVage au jor qu'il fu primes coronés : ce furent .xxxij. ans qu'il vesqui tant seulement. E es .xij. ans qu'il régna conquist il .xij. roiaumes e si estera .xij. cités qu'il totes de son non apela et noma Alixandres. Il i fu Alixandres qu'il fist la ou ses chivaus Bucifaus fu ocis, e s'' ^u Alixandres montuosa, e Alixandres la Porrus fu ocis e Alixandres in Scithia, e Alixandres jouste Babiloine e Alixandres as Massagetheiens e Alixandres en Egypte e Alixandres Origalam et Alixandres sor le flum Granicum ou Daires fu vencusli rois de Perse, et Alixandres a Troadam qui fu moût riche, e Alixandres sor le flum Tigridem e Alixandres en Escante. Geste fu la dousime, e en chascun mur de ces .xij. cités fist il faire par sa grant segnorie .v. kareptes grijoises teles com vos ci poés veir a présence II B F A N. Ge dit et senefie Alixandres roiaus lignée (sic) me fist, e lui cui fers ni aciers ne potsormonter ne vainlre en tôt le monde ocist venins meslés ensamble [od] vin e toli la vie, l'an tôt droiturerement que li siècles ot esté comenciés a faire .iiij. mile e .ix. cens e .x. Etsicomensa a régner devant la naissence'nostre Seignor Jhesu Grist en terre .ccc. ans e .xlviij., si com l'estorie tesmoigne '.

I . Ces dates ne se trouvent pas dans le latin, dont le texte a été

Dans une autre compilation intitulée Les Faits des Romains y ou Vie de César, on trouve un récit du voyage d'Alexandre au Paradis. Ce récit n'est pas traduit ni même simplement imité de ïlîer Alexandri magni ad paradisum dont il a été traité ci-dessus, chap. m ; il ne vient pas non plus du roman en alexandrins : l'occasion se présentera dans le chapitre suivant d'analyser ce morceau.

§ 4. ' — La Bouquechardlère.

La Bouquechardlère ou Boucachardière est le titre d'une vaste compilation d'histoire ancienne rédigée par Jean de Courci, seigneur de Bourg-Achard, dans l'arrondissement de Pont-Audemer. Bourg-Achard se trouve fréquemment écrit Boucachardy qui est encore la prononciation locale ', d'où le titre de l'ouvrage. Jean de Courci était déjà « plein de jours et vuidié de jeunesse », selon les termes dont il se sert en son prologue, lorsqu'il entreprit, en 141 6, la compilation qui est son principal ouvrage 2. H l'acheva en 1422 J, et

rapporté ci-dessus, p. 210. Mais elles ont dû être ajoutées à certains textes de VHistoria de praliis^ car on les retrouve à peu près dans la version italienne (éd. Grion, p. 180).

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