P. Paris, Manuscrits français, Uy
les historiens anciens ' . C'est déjà la conception philosophique de l'histoire qui a prédominé jusqu'au siècle où nous sommes ^.
La Bouquechardière a été fort goûtée jusque vers la fin du XV® siècle. Il nous en reste un grand nombre de manuscrits ^ dont plusieurs portent les armes de grandes familles. Mais d'autres compilations virent le jour ; l'œuvre de Jean de Courci fut peu à peu oubliée et n'eut pas les honneurs de l'impression.
Jean de Courci a consacré à l'histoire d'Alexandre son cinquième livre presque entier. Sa principale source est VEpiîome, accompagné de la Lettre à Aristote. Il fait en outre usage de ï'Hiiîoria de pmliisj de Justin, d'Orose, de Solin,'de Josèphe, de Fulgence, du livre des Machabées, et surtout du chapitre consacré à Alexandre dans les Dicta philosophorum, ouvrage d'origine orientale qui a été connu aussi de l'un des auteurs du roman en alexandrins 4. Mais il n'a pas eu recours au texte latin qui, de son temps, était peu répandu : il a pris ses extraits dans la version française
1. Jean de Courci s'exprime ainsi dans son prologue (Bibl. nat. fr. 329. fol. î a) : « Ces compilations dont je vueil parler ont » substance de fait de haulte mémoire coulourée de couleur his- » torial et oudeur de moralité, compilées de pluseurs volumes ten- » dans a une fm en Rassemblement d'une concordance, ainsi que » pluseurs membres font ung corps et tous ensemble ne font que » ung propre corps. »
2. Il en reste quelque chose dans le titre de la chaire d'histoire du Collège de France : Histoire et morale.
3. Bibl. nat. fr. 62-3, 65-6, 307, 329, 330, 697, 698, 699, 700, i68j, 2686-7, 6183, I J4J?» 20124, 20130, Mus. brit. Harl, 4376; Ashburnham place, Barrois, 38, etc.