‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 164 sur 178 · Voy. ci-dessus p. 221 et surtout Romania, XI · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus p. 221 et surtout Romania, XI

)58 CHAP. XlII. — ÉPISODES

merveilleuse, mais dans l'//£r c'est lorsque le roi est de retour dans ses états qu'un vieillard juif lui explique les propriétés de cette pierre ; au lieu que dans le poème l'explication est fournie par celui même qui a donné la pierre. C'est aussi dans le poème seulement qu'intervient Aristote qui fait à son royal élève un long sermon sur la convoitise.

L'épisode du Voyage au Paradis, tel que nous le lisons dans les Faits des Romains, diffère assez sensiblement des deux rédactions que nous connaissions déjà. Voici les traits principaux de ce nouveau texte : Alexandre a poussé si loin du côté de l'Orient qu'il est arrivé au point où le soleil se lève. Là il trouve un grand fleuve, le Gange', que le narrateur identifie avec le Gyon', l'un des quatre fleuves du Paradis terrestre. Par ordre du roi, deux chevaliers, Mitone (ou Mistone) et Aristeus (ces noms ne paraissent pas dans les autres rédactions) partent dans une barque bien approvisionnée. Ils ont pour mission de remonter le courant jusqu'à ce qu'ils aient épuisé les trois quarts de leurs vivres. On suppose en effet qu'il leur faudra moins de temps à la descente qu'à la montée. Us arrivent auprès d'un manoir situé sur la rive du fleuve. En face était une haute montagne, et une chaîne, tendue entre la montagne et le manoir^ barrait la rivière. Ce trait est nouveau. Nos hommes, se

1. Dans certains mss. le Tygrant [Romania^WV, 14, note 3). Dans rinterpolation des Historiens des croisadçy c'est le Nil.

2. Dans Vlter (éd. Zacher, p. 20), le Gange est identifié avec le Physon.

EMPRUNTÉS A LA LÉGENDE d'aLEXANDRE. 359

voyant empêchés de pousser plus loin, agitent la chaîne, et bientôt voient apparaître à une fenêtre du manoir un vieillard dont les vêtements répandaient une odeur délicieuse. Ils le prient^ de faire lever ou abaisser la chaîne, afin qu'il leur soit possible de continuer l'exploration dont les a chargés Alexandre, le seigneur du monde. Ici je cite le texte, parce que la réponse du vieillard renferme des éléments inconnus aux autres rédactions de la même légende :

{Ms. fr, 25083, /. 112 d), « 01 ,»^ dist II hom anciens, È vous n'estes pas sage qui alez enquerant les secrez au > seigneur du monde. — Conment ! i dist Mitones, « est » il dont autres sires du monde que Alixandres? — Oïl, » dist li preudom, c uns autres qi^i n'a point de pareil. Alixan- • dres est aînnez de lui, et nepourquant il fu ançois que » Alixandres. II m'a baillié cest leu et cest passage a gar- » der, car ci outre a .j, riche vergier ou il ne veut que nus i entre. Iluec a .j. arbre, qui avroit mangié du fruit, il ne » porroit morir. Il a plus de .iij. mile anz que je gart ceste » chaaine, ne onques puis n'i passèrent que dui home, li i uns devant le déluge, et li autres après', et vivent et » vivront en cel v^rgier sain et sauf longuement ; ne je ne » me mouvrai de ci jusque il soient passé par ci arriéres, i mes ce ne sera devant que uns autres vendra avant, qui » voudra son reaume plus essaucier que Alixandres, car il » voudra monter (fo\. 113) jusques aus estoiles. Lor ven- » dra li rois par cui je sui ceanz, qui ne porra cel orgueil » souifrir, si envoiera par ci ses .ij. champions contre lui, i et me convendra avaler ceste chaaine. Je ne vos ^m puis

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