Ci-dessus j3p. 157 et
d'une allusion à l'histoire de notre héros ^^ Rutebeuf, dans son Dit Aristote ^, rappelle les enseignements d'Aristote. Mais « le livre versifié d'Alexandre » auquel il se réfère est certainement le poème latin de Gautier de Chatillon. L'expression même qu'il prête à Aristote : Ja serf de Aj. langues n'amer, est la traduction du serves contemne bilingues de VAlexandreis (I, 85). Dans Renan le besîourné il tire exemple de la mort de Darius tué par les siens en châtiment de son avarice ^ J'ai rapporté ci-dessus, pp. 239-40, quelques allusions au Fuerre de Cadres, On n'en finirait pas si on voulait dresser la liste des innombrables témoignages qui attestent la popularité de la légende d'Alexandre pendant tout le moyen âge. Et ce n'est pas seulement dans la littérature qu'il faudrait les recueillir : les monuments figurés fourniraient aussi leur contingent 4. J*en citerai cependant encore quelques-uns, les choisissant entre ceux qui mettent le mieux en lumière le caractère que nos vieux poètes ont prêté à Alexandre. A partir de la seconde moitié du xiP siècle, et jusqu'à la fm du moyen âge, le mérite pour lequel Alexandre est universellement célébré, ce n'est pas son génie pour les choses de la guerre, — au moyen âge on guerroiait beaucoup, mais la stratégie était une science à peu près perdue,' — ce n'est pas même son courage
1. Voy. Le Roux de Lincy, Le livre des légendes, pp. 213, 215.