LETTRE D'ALEXANDRE A ÂRISTOTE. IJ
oomem Indiam peragravh, lai>orM»iim nimis pro aquarnm ÎDopu et serpentium booramqiie asperitite subiens Mer, ut in ifistola qaam Aristatdi préueptori suo misit cognosurc fês est, Dom igitur desiderio Candacis regine...
La leçon de Vepitome est semblable, sauf une variante insignifiante : îlle autem rébus erdinatis^ au lieu de : Poa hdc autem ordinads rébus.
Il résulte de ce passage qu'au temps où vivait le premier abréviateur de Valerius, la lettre en question avait déjà été détachée du Pseudo-Callisthènes et circulait comme un opuscule complet en soi. Et en effet, les mss. nous la présentent très fréquemment copiée à la suite de Vepitome dont elle est en quelque sorte le complément. EUe commence ainsi :
Semper memor lui etiam inter dubia belloniinque nostromm pericula, carissime praeceptor, ac secundum matrem meam sororesque meas acceptissime...
Jointe le plus ordinairement à Vepitome^ elle apparaît comme lui dans les mss. dès le ix^ siècle ^ Toutefois il faut bien qu'elle lui soit un peu antérieure, puisque Vepitome y fait allusion dans le passage rapporté à la page précédente. Cette version latine de la lettre d'Alexandre à Aristote est tout à fait indépendante de Valerius. Les faits y sont contés plus longuement et souvent autrement. Elle ne se rattache à aucun des textes grecs connus, qui du reste présentent à cet égard
une bien grande variété, car le ms. de Lejde et d C donnent une partie de la même matière sous la forme d'une lettre à Olympias et à Aristote à la fin du second livre'.
La lettre d'Alexandre à Aristote, se trouvant ordinairement jointe dans les mss. à VepitomCy a naturellement participé au succès de celui-ci. Nous en verrons la preuve lorsque nous étudierons les poèmes romans relatifs à Alexandre. L'importance de cette épitre pour l'histoire de la légende d'Alexandre en Occident fait vivement désirer qu'une édition critique en soit publiée >. Ce serait un utile complément à l'édition de Vepitome donnée par M. Zacher.
§ 4. — Correspondance entre Alexandre et Dindimus.
La lettre à Aristote n'est point la seule qu'on ait fait entrer dans l'histoire fabuleuse d'Alexandre. Soit isolément, soit à la suite de cette lettre, on rencontre souvent dans les mss. toute une correspondance entre Alexandre et le roi des brahmanes Dindimus. Cette cor-
1. Voy. Zacher, Pseud<hCalLy p. 132 ss. Les textes de B C, pour cet endroit assez différents, ont été publiés par Berger de Xivrey, Traditions tiratologiques. p. 334 ss. (C) et 3(0 ss. {B). Pour le texte de Leyde, voyez l'édition précitée de M. Meusen, p. 759 ss.
2. La première édition a été publiée à Venise en 1499 {Epistola de situ et mirabilibus Indiàs) et plusieurs fois réimprimée. Voy. Brunet, Manuel, sous Alkxander magnus, et cf. Hain, Répertoriant, n^ 800. Une édition indépendante a été publiée à Giessen en 1706, où la version est mise, sans motif, sur le compte de Cornélius Nepos : Alexandri magni epistola de situ Indiàe et itinerum in ea vastitate ad Aristotelem praceptorem suum perscripta, ex inierpretatione Comelii Nepotis, Nunc denuo recensait.. , Andréas Paulini. Gissx, 1706, in-8*.
ALEXANDRE ET DINDXMUS. 29
respondance, qui a été plusieurs fois imprimée >, peut être résumée ainsi qu'il suit :
L Sapius adaures meas... Alexandre a appris que les brahmanes menaient un genre de vie différent de celui des autres hommes : il écrit à leur roi afin d'obtenir à cet égard des informations.
II. Desiderantem tescire... Dindimus, satisfaisant à la demande d'Alexandre, lui fait connaître la vie simple, exempte de passions et de désirs que mènent les brahmanes. Procédant par voie d'élimination, Dindime expose ce que les brahmanes ne font pas plutôt que ce qu'ils font; son exposé prend ainsi le caractère d'une satire de la vie ordinaire.
I. A la suite de l'ouvrage de Palladius, voy. plus haut p. 20, note I, puis par Froben, Alcuird opéra, 1777, II, 600 (cf. Tavertissement. ibid., p. 556). Les lettres d'Alexandre et de Dindimus ont été insérées par Vincent de Beauvais à la fin du IV* livre de son Spéculum historiale (ch. 67*71). Vers 1185, Godefroi de Viterbe les a retiaites très librement, en vers, et insérées dans son Panthéon, Voir les mss. B. N. lat. 4894 ff. 99 v* et 100, '4895 fol. 76 c. S. John's Coll. Cam. G 16 ff. 281 ^, 282 a. Voici les premiers vers, d'après le ms. 4894 :
Bracmanides vidit nec eos servire coegit, Scripsit eis et ab his rescripta volumina legit. Que loca sunt régi, quomodo re^a régit, Scribite quas leges, quod opus, que jura tenetis Prelia si geritis si tempora pacis habetis.
Si Bachus est vobis ^ sive bibenda Tethis.
Quod ^enus armorum vel opes que forma cioorum Quis ntus, quis honor, que templa vel ara deorum Venditor aut emptor, que bona, quodve forum ? (Réponse :) Talia dum querh cupiens rex ipse doceri Hic ait ^ austeri nolo sub lege teneri
Sed magis innatum jus midii semper erit Prelia non gerimus, etc,