‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 39 sur 178 · I. M. Rochat, Germania, I · texte numérisé non relu

I. M. Rochat, Germania, I

peut difficilement être admise. Mais d'abord, sans nous occuper davantage de Lamprecht, étudions en lui-même le poème roman. Nous en examinerons successivement la versification, la langue, les sources.

S 2. — Versification.

Les 105 vers octosyllabiques du iragment d'Alberic sont distribués entre quinze tirades napnorimes. Hors ce fragment on ne connaît que deux poèmes, Tun et l'autre aussi réduits à l'état de fragments, qui présentent la même forme. Ce sont Isembart et Gormonty en français, et la vie de sainte Foi d'Agen, en provençal.

De ces deux morceaux le plus ancien est incontestablement le premier, qu'on peut faire remonter jusqu'aux premières années du xn" siècle. Le second, quoique probablement moins ancien, appartient cependant encore au XII® siècle, de telle sorte qu'on peut considérer l'emploi du vers de huit syllabes en tirades monorimes comme un signe d'antiquité.

Les vers du fragment d'Alexandre ont presque tous un accent à la quatrième syllabe. Le plus souvent cette quatrième syllabe termine un mot :

Dit Salomôn || al premier pas.

C'est le cas des vers i, 5, 7, 9, 1 1-2, 14, 19, 22-5, 27-34» 36-40» 42> 44> 49-5 3» 5 5-6, 58-60, 62-3, 65- 74, 76, 79» 80, 82-5, 87-92, 94» 96, 99> ioo> 102, 103, 105. D'autres fois la quatrième syllabe étant

ALBBRIC DB BESANÇON. 75

tonique est suivie d'une syllabe qui s'élide sur le mot suivant, comme dans ce vers (13):

Chi per batâlle || et per estric

Il en est ainsi des vers i î, 4i ^ 64, 86, 96, 97, 98.. Ces dçux, cas reviennent au même, 11$ nous Qfirent la séparation du vers en deu)^ hémistiches, fait qui a déjà été remarqué dans nos plus anciens poèmes en vers octosyllabiquçs'. Toutefois cette division du vers en deux parties n'est pas, à beaucoup près» suivie avec autant de rigueur que dans les vers de dix et de douze syllabes. l.e fragment d'Alexandre nous présente d'assez nombreux exemples (un cinquième environ) où la division n'existe pas^ bien que l'accent soit à la quatrième syllabe \ ainsi dans ce vers (2) ;

Quant de sqq libre mot lo clas.

Même disposition aux vers 8, 10, 1 5-8, 20, 2 1 , 26, 45-8^ 61, 77, 81,93, 95, ICI, 104.

Le cas le plus rare est celui où la quatrième syllabe est atone, comme aux vers 35 ^, 43 ', 54, 57, 75, 784.

Les rimes sont toutes masculines. On sait que dans

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