I . Cer mania f II
Besançon au xiii* siècle : des chartes et la traduction en vers de Végèce par Jean Priorat ^ Nous y voyons que le latin at, at's y est rendu par iy es ou par iiy Us quand im son palatal ou mouillé précède. C'est l'usage du français de l'Ile-de-France. Je concède qu'on peut bien sur ce point avoir subi en Franche-Comté l'influence de l'orthographe française. Mais, dût*-on s'en tenir aux formes que présente le patois actuel, a d'une part, ie d'autre part', on serait toujours en présence de deux produits très différents, selon que l'a du latin se trouve ou ne se trouve pas précédé d'un son mouillé ou palatal. C'est ce phénomène de la persistance de Va latin dans le premier des cas ci-dessus indiqués, et de son passage à é dans le second, qui constitue le principal caractère du groupe de dialectes que M. Ascoli qualifie de dialectes franco-provençaux. Il faut descendre jusque dans l'Isère', ou du moins jusqu'au sud de l'Ain, pour trouver Va latin se conservant, comme dans notre texte, dans les deux cas sus-indiqués. Nous voilà donc arrivés à cette conclusion que notre fragment ne peut guère avoir été composé en une région située au nord du 46^ degré environ.
L'examen de la tirade en ar nous conduira à placer plus au sud encore l'idiome d'Alberic. Le premier vers de cette tirade se termine par le mot toccar qui serait en ancien français tochier^ les rimes qui suivent, sonar, tem-
1. Vdy. les noticfls de M. U. Robert, BibL de l'École des chartes, XXXV (1874), 205-6, et de M. casuti, îWrf., xxxvi (1875), i jj-6.