‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 53 sur 178 · LA RÉDACTION EN VERS DÉCASYLLABIQUES · texte numérisé non relu

LA RÉDACTION EN VERS DÉCASYLLABIQUES

§ I . — Préliminaires bibliographiques.

|a rédaction en vers décasyllabiques qui, dans le jprésent ouvrage, fait suite au texte d'Alberic, est demeurée jusqu'à ce jour inédite. On va voir qu'elle fournit d'importants éléments à la critique des poèmes français relatifs à Alexandre. Elle se rattache en effet d'une part à ce poème d'Alberic, et d'autre part au long roman de Lambert le Tort et d'Alexandre de Paris, qu'a publié M. Michelant. Elle est sortie du premier, et a été utilisée dans le second.

Mais d'abord quelques mots sur l'état dans lequel ce texte précieux nous est parvenu.

Nous en possédons deux mss., dont un seul parait complet, et de plus nous savons qu'à la fin du xvp siècle il en existait un troisième.

RÉDACTION DÉCASYLLABIQUE. 10}

Le ms. complet appartient au Museo Civico de Venise, où il porte le n° B. 5. 8. C'est un volume iiv-fol. de ]o8 feuillets à une seule colonne par page, et à cinquante vers par colonne. Il contient donc environ 10,800 vers. Il a été écrit dans la première moitié du xiv*^ siècle, et assurément par un copiste italien, comme le montrent la forme des lettres et de nombreuses particularités orthographiques.

L'autre ms. appartient à la Bibliothèque de l'Arsenal (Belles Lettres françaises, m 1 62 '). C'est un petit volume de 129 feuillets, dont les 89 premiei^ ont en général 27 vers par page', tandis que les autres oscillent entre 20 et 54. En tout, 7,500 vers environ. Il a été écrit vers le milieu du xiii" siècle, ce me semble, par deux copistes différents, car la main change visiblement au fol. iio (voy. t. I, p. 100). Cette copie, qui offre d'une façon bien tranchée les caractères du dialecte du Poitou ou de la région avoisinante, a certainement été exécutée en France, sans doute dans l'Ouest ; mais elle a dû être portée en Italie; car les feuillets 9 et 16' ont été refaits par une main italienne du xiv® siècle^. Le ms. d'après lequel ces feuillets ont été recopiés n'était certainement pas celui de Venise, les variantes que présentent les deux textes étant trop considérables pour

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