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On voit que le ms. de Fauchet, d'accord en cela avec celui de Venise, mentionnait Simon comme l'auteur de notre rédaction. Mais d'ailleurs les deux mss. ne sauraient être identifiés, car les deux vers du début rapportés par le savant président difFèrent sensiblement des vers correspondants du texte vénitien (voy. I, 257). Le ms. de l'Arsenal ne peut pas être non plus celui dont s'est servi Fauchet : parce que, sans parler d'autres différences, il ne possède pas le couplet où il est fait mention du clerc Simon. Quant aux sept vers alexandrins cités par Fauchet, j'ignore s'ils se trouvent dans le ms. de Venise, que je n'ai pas lu en entier, mais ils ne sont certainement pas dans le ms. de l'Arsenal K II se peut que le ms. de Fauchet se retrouve quelque jour : les vers qui nous en ont été conservés permettront de l'identifier aisément». Pour le présent, nous pouvons le ranger parmi ceux dont la trace est perdue, et on sait que bon nombre des mss. qu'a vus Fauchet sont dans le même cas.
§ 2. — Auteur, style, versification, langue.
Étudions maintenant le poème que les deux mss. de l'Arsenal et de Venise nous ont conservé.
1 . Je ne les ai pas trouvés non plus dans le poème de Lambert le Tort et d'Alexandre de Paris, au moins tel que nous le présente l'édition de M. MicheUnt.
2. Il existe à la Bibliothèque nationale, n" 24726 du fonds français, un recueil de notes et d'extraits de la main de Fauchet. On y trouve des citations nombreuses de romans de chevalerie, les mêmes parfois, mais ordinairement plus amibes que dans ses Œuvres imprimées. J'y ai vainement cherché la mention de VAlexandre de Simon.
RÉDACTION DÉCASYLLABIQUE. IO7
Ce qui frappe tout d'abord dans cette rédaction, c'est qu'elle se compose à proprement parler de deux morceaujc juxtaposés, et qui, assurément, ne sortent pas de la même main. Le début, 785 vers dans Arsenal, 804 dans Venise, est en vers décasyllabiques ; le reste, plus des neuf dixièmes, est en vers dodécasyllabiques, autrement dit, pour employer une expression qui est ici particulièrement à sa place, en alexandrins. Cette seconde partie est identique au poème de Lambert le Tort et d'Alexandre de Paris; c'est ce poème même à partir de l'expédition contre Tyr'. La partie décasyllabique cesse avec la victoire d'Alexandre sur Nicolas. Entre cet événement et l'attaque de Tyr sont placées un certain nombre de tirades de raccord (au nombre de quatorze dans Venise) qui les unes sont tirées de différentes parties du roman de Lambert le Tort et d'Alexandre de Paris >, tandis que les autres, ne se rencontrant point ailleurs, semblent être l'œuvre de l'arrangeur qui a soudé l'un à l'autre le fragment décasyllabique avec le roman en alexandrins.
Le lecteur pourra se rendre un compte exact de ce raccord en recourant aux pages 271-281 du tome I du présent ouvrage. Il me parait tellement évident que les quatorze tirades en question ont été les unes écrites, les autres disposées p6ur servir de transition entre les deux
1. Édition Michelant (Stuttgart, 1S46), p. 93, v. i. — Voj. le texte du ms. de Venise, t. I, p. 281. Pour les raisons exposées çlus haut, le point où se raccordent les deux parties dans Ars. ne se laisse pas déterminer exactement.
2. Pour plus de brièveté, je dirai désormais : le roman en alexandrins, ou, simplement, le roman.
parties de l'ouvrage, que je crois pouvoir me dispenser d'en fournir la démonstration. Une simple observation résout la question. Parmi ces quatorze tirades de transition, six se trouvent dans la version en alexandrins à une tout autre phase de l'histoire. Ces six tirades ne peuvent pas être originales dans les deux rédactions. Il faut qu'il y ait eu emprunt d'une part ou d'autre. Or, la simple lecture du roman en alexandrins prouve surabondamment qu'elles y sont beaucoup mieux placées, et beaucoup plus naturellement encadrées que dans la rédaction de Venise et de l'Arsenal. C'est donc à cette rédaction que l'emprunt doit être attribué.
Cette conclusion ne touche en rien la partie décasyllabique dont nous allons maintenant nous occuper.
Tout ce que le poème nous apprend sur son auteur est contenu dans le second couplet .du ms. de Venise'. Nous y lisons que Thistoire a été trouvée en un navire venant d'Egypte. Un clerc, nommé Simon, la contrescrit, c'est-à-dire, la traduisit, la mit en romans^ pour servir d'exemple. Si ces vers manquent au ms. de l'Arsenal, Fauchet devait les avoir dans son ms., puisqu'il attribue, comme nous l'avons vu, le poème en question au a clerc Simon. » Il est fâcheux qu'il ne nous en ait pas fait connaître la teneur. Le second couplet du ms. de Venise est très incorrect, et il eût été possible, à l'aide de la comparaison avec le ms. de Fauchet, de vérifier si ces incorrections doivent être attribuées au copiste du ms. vénitien ou à Simon lui-même. Malgré