Cf. Ars. w. 515-6, 623, et Mich. p. 18, vv
les plaines qui sont devant Cesaire (Mich. p. 37, v. 1). C'est un souvenir de l'Orient qui arrive assez mal à propos ; et Fauteur de la rédaction décasyllabique avait été mieux inspiré, en mentionnant Césaire^ sans faire intervenir le Cobar. Car ce fleuve, l'un des affluents de l'Euphrate, coule en Mésopotamie, près des confins de la Perse ^ et fort loin de toutes les villes qui ont porté le nom de Césarée au Kaisarieh.
La terre de Nicolas étant conquise, Alexandre en donne l'investiture à Ptolémée, selon le roman, tandis que dans la version en décasyllabes il parait la garder pour lui (voy. Ars. coupl. 77]. Ainsi se termine l'expédition d'Alexandre contre Nicolas, épisode de quelques lignes dans les deux versions latines du Pseudo- Callisthènes, qui s'étend à 340 vers dans le poème décasyllabique, et dépasse 1000 vers dans le Roman.
La partie en vers décasyllabiques des mss. de l'Arsenal et de Venise s'arrête ici. Dorénavant c'est aux textes latins que nous aurons à comparer le roman.
§ 3. Expédition d'Athènes. — Second mariage de Phi^ lippe (Mich. pp. 4J-S2). — Alexandre avait à peine triomphé de Nicolas^ lorsqu'on lui annonce qu'il existe une cité antique et renommée pour la sagesse de ses habitants qui ne reconnaissait aucun seigneur. C'est Athènes. Alexandre, manifestant les sentiments d'un roi
I. Guillaume de Tyr, I, yii {Histor» occid, des crois,, I, 23); Albert d'Aix, IX, xxziz {ibid, IV, 615] ; c'est le Xa6(6paç de Pto-> lémée.
d'épopée du moyen âge, déclare qu'il en aura la seigneurie, ou sinon qu'il la détruira et fera couper la tète aux habitants. Mais bientôt, grâce à la sagesse d'Aristote, le danger qui menaçait Athènes est détourné, et Alexandre, cédant aux suggestions. qui lui sont adressées, se décide à poursuivre ses conquêtes du côté de l'Orient '.
Le fonds, ou du moins le point de départ de cette histoire, parait avoir été fourni par le Pseudo-Callisthènés 1. II, chap. i et suiv. (version de Valerius] ^. Entre autres différences très considérables qui séparent les deux récits, on remarquera dans le roman la substitution d'Aristote à Démosthènes et à Eschine^ auxquels le Pseudo-Callisthènes fait jouer un rôle dans cette affaire. Ces deux noms étaient en effet fort peu connus dans le moyen âge occidental, tandis qu'Aristote avait toute une légende. Ce n'est pas le seul cas où le roman donne à la personnalité d'Aristote un relief qu'elle n'a pas dans les textes latins de l'histoire fabuleuse d'Alexandre.
Alexandre s'éloignait d'Athènes, lorsqu'un message lui apprend que son père, suivant les conseils de Jonas, sénéchal de Grèce, a répudié Olympias pour une certaine Cléopâtre « née de Pincemie» 3. Colère du jeune prince, qui monte à cheval, se dirige vers la Grèce (ou plutôt vers la Macédoine) et entre dans la salle où déjà on célébrait les nouvelles noces de Philippe et de Cléopâtre. D'un coup d'épée il coupe la tète du séné^