Quinte-Curce III, 5; Justin XI, 8; Orose III
Mais ici le fleuve n'est pas nommé, et Pauteur français a modifié le récit traditionnel en un point important. DanslePseudo-Callisthènes * comme dans Quinte-Curce et Justin, le médecin Philippe est accusé de vouloir empoisonner Alexandre à l'instigation de Darius, mais cette accusation est présentée comme mensongère. On ne suppose pas un seul instant que Darius ait exi effet cherché à corrompre Philippe. Dans le poème français, au contraire^ non seulement cette supposition est faite, mais un messager vient porter les propositions de Darius à Philippe qui d'abord accepte, puis rejette loin de lui toute pensée coupable. Les faits acquièrent ainsi une apparence plus dramatique, mais Alexandre n'a plus de rôle. Le rimeur français n'a pas vu ^ue le vrai drame était dans le sentiment qui portait Alexandre à se livrer à son médecin, au moment même où on le lui signalait comme un traître.
Puis les Macédoniens traversent le royaume « de Libe et de Lutis » ' et parviennent au pied d'une montagne qu'il leur faut passer, et qui jouissait d'une propriété merveilleuse : les vaillants y devenaient couards, et les couards vaillants. Je ne sais à quelle tradition a été puisée la merveille du « tertre aventureux » 5.