Tragt Mich. 72, v. 17, Trase 73, w
2. Il y a dans les romans d'autres exemples de cette libéralité, vo^r. par ex. Daarcl et Béton. On peut aussi rappeler à ce propos le récit bien connu du Chronicon Novalicense (III, x-ziv), MilFatori, Rer. ital. Script., II, 717-720; Pcrtz, Script., VII, loo-ioi.
Li rois prist la coronne, qui mult fist a loer...
Et dist a ceus de Tyr qu'il les laient aler
En la cité dedens por les dex célébrer.
Adonques se commence li dus a redouter,
Qui par force nel vot de sa cité jeter.
c Sire^ dedens la vile ne vos caut a entrer,
fit Quar nous les te ferons ça defors apporter »...
Alexandres ot ire, si commence a enfler...
(Mich. 76, 1-15.)
Le vent violent qui trouble les travaux d'attaque (Mich. p. 77, w. 23-31) est déjà mentionné par Quinte-Curce (IV, n, 7-9), et le poète ne peut revendiquer l'idée^ renouvelée de Xerxès, de faire fouetter la mer (Mich. p. 76, w. 30-1 ; p. 77, vv. 8, 9) K C'est encore de l'historien latin (IV, iv, 3-5) que vient le poisson gigantesque qui excite une tempête (Mich. p. 76, V. 32, à p. 77, V. 7) et qui selon les Tyriens n'est autre que Neptune :
<r C'est li Dex de la mer qui vous vint correcier ; « Ceste cités est sienne, si la veut caiengier. ff Neptunus qui la est, qui tant fait a prisier, « Encor vos fera pis se ne raies arrier. >
(Mich. p. 77, vv. 2^-9.)
Mais les emprunts à Quinte-Curce ont fourni, outre l'idée générale du siège de Tyr, un bien petit nombre de pages, et l'épisode entier, avec ce qu'on pourrait
I . Peut-être même y a-t-il simplement eu de la part du poète une imerprétation quelque peu forcée de ces mots de quinte-Gurce : tt Tandem remis pertinacius evtrheratum mare veluti eripientibus c navigia dassicis cessit. »
154 CHAP. vn, § 5.
appeler ses dépendances, occupe dans le poème près de 4,000 vers. Il est intéressant d'étudier les procédés par lesquels l'auteur est arrivé à allonger sa matière, pour employer ici l'expression du moyen âge.
Il L'a allongée* sans beaucoup de frais d'imagination, en introduisant dans son récit des faits de guerre, véritables Iieux-<:ommuns qu'il a développés jusqu'à la satiété. C'est d'abord (Mich. p. 84-91) une sortie des Tyriens, c'est ensuite et surtout un nouvel épisode qui porte dans certains mss. le titre de Fuerre (fourrage) de Cadres, et que nous étudierons à part.
§ 6. Le fuerre de Cadres (Mich. pp. 93-251). — Cet épisode se distingue très nettement de ce qui précède par le fonds d'abord, qui est indépendant des sources latines, puis par cette circonstance matérielle qu'on le rencontre parfois copié à part, ou cité comme un ouvrage indépendant ^ Le début en est clairement indiqué dans certains manuscrits, par exemple dans le manuscrit fr. 791 de la Bibliothèque nationale, par cette rubrique : Ci coumence le fuerre de Cadres. La fin est indiquée d'une manière non moins précise, comme on verra au § suivant , mais il se trouve que le morceau ainsi délimité contient en réalité plusieurs récits au premier desquels seul convient le titre de fuerre de Cadres. Pour la commodité de mon exposé, je limite ici l'épisode à ce qui constitue proprement le fuerre, c'est-à-dire au fourrage exécuté par ordre