I . Voy. le chap. suivant
d^Alexandre dans le voisinage de Cadres (Gaza). Le siège de Tyr se prolongeant, Alexandre se trouve à court de vivres, et envoie une troupe, commandée par Emenidus d'Arcade^ l'un de ses fidèles, faire un fourrage du côté du val de Josapfaas (Mich. p. 93). Les Grecs s'emparent en effet, non sans combat, de troupeaux qu'ils se disposent à conduire à l'armée d'Alexandre, lorsque le seigneur du pays, Bétis i, sire de Cadres^ rassemble en hâte ses troupes, et se jette sur les hommes d'Emenidus. Ici prend place une scène qui pourrait avoir une certaine grandeur si elle était moins délayée. Emenidus prie successivement chacun des principaux guerriers de sa troupe d'aller demander du secours à Alexandre : tous s'y refusent, préférant rester au combat. Cette rodomontade, qui fait plus d'honneur au courage individuel des guerriers qu'à leur discipline^ se poursuit pendant près de 400 vers (Mich. p. 98-109). L'auteur de notre poème n'a pas, du reste, le mérite de l'invention, car une scène toute semblable est décrite dans la chanson de Jérusalem où l'on voit, à la bataille d'Antioche (28 juin 1098), tous les guerriers refuser l'un après l'autre de porter la croix trouvée par Barthélemi ^. C'est de même qu'au moment de la bataille de Hastings^ Wace nous représente plusieurs chevaliers refusant l'un après Tautre l'honneur de porter l'enseigne de Guillaume, afin de pouvoir prendre une part active au combat '•