P. Paris, Chansons d'Antioche, II, 200-j
). Roman de Rou, édit. Pluquet, w. 127 13 et suiv.; édit. Andréscn, II, w. 5797 et suiv. — M. Freeman (History oj thc Norman
Cependant la lutte s'engage entre les hommes du seigneur de Gaza et la poignée de Grecs d'Emenidus. Finalement, après un détail infini des exploits de chacun, un des Macédoniens, trop grièvement blessé pour continuer à se battre, va prévenir Ale:(andre de Pextréroité où ses hommes sont réduits (Mich. p. 151}. L'armée entière vole au secours d'Emenidus, et alors recommence l'interminable série de combats singuliers dont se composent les batailles de nos chansons de geste, jusqu'à la déroute complète des Gadrains (Mich. p. 186).
L'épisode n'est pas terminé. Les Grecs se mettent à la poursuite du duc Bétis, laissant derrière eux Emenidus et ses ce fourriers d, parmi lesquels bon nombre ont besoin des soins des médecins. Mais voici que l'amiral des « Arcois» (Mich. 192, 1 3) et le duc de Haman, ou de Naroan >, avec quinze mille hommes, viennent attaquer Emenidus. Alors se renouvelle, mais moins longtemps prolongée, la scène de tout à l'heure : c'est à grand'peine, et après avoir essuyé plusieurs refus, qu'Emenidus obtient qu'un de ses hommes, « un pauvre vavasseurde la terre d'Alier » (Mich. p. 195, v. 23), aille chercher du secours auprès d'Alexandre. Le roi macédonien arrive, cette fois encore, à temps pour sauver ses hommes, et tue de sa main le duc de Naman (Mich. p. 205). Puis il se remet en marche vers Gadres
eonquaty III, 465) n'a pas manqué de prendre ce lieu-<u)mmun épique^our de l'histoire.
I. Mich. p. 192, V. 2, var.; cf. p. 200, v. 2. La seconde leçon est la bonne.
qu'il se prépare à assiéger. Mais il apprend que les troupes qu'il a laissées devant Tyr viennent d'être battues par les assiégés 1. Abandonnant aussitôt le siège de Cadres^ il se dirige vers Tyr^ passant les défilés de Cayphas (Mich. p. ? 1 4, v. 1 7) , et ne tarde pas à apercevoir^ piquées sur des pieux, les tètes des hommes qu'il avait laissés devant la ville. Le siège recommence ; Alexandre saute le premier dans Tyr du haut d'un beffroi ; les Grecs le suivent et la ville est bientôt en son pouvoir. Alexandre revient assiéger Cadres (Mich. p. 218, v. 50). Chemin faisant il s'empare d'Araine^ (Mich. pp. 21 9- 22), et peu après la ville de Cadres tombe en son pouvoir (Mich. p. 230). De là il se rend à Ascalon qui lui ouvre ses portes (Mich. p. 231).
§ 7. Entrée (P Alexandre à Jérusalem. Défaite de Darius. Fin de la première partie du poème (Mich. pp. 2 3 1-249) '• — Ascalon occupé, Alexandre traverse la Syrie se dirigeant vers Jérusalem où il est reçu à grand honneur (Mich. p. 231). Le récit fort court de la reddition de cette ville doit venir originairement, sinon immédia-
1. Le texte de l'édition est ici fort mauvais, voy. p. 209, v. 27 et la variante, et p. 212, w. 6 et suiv.
2. Entre Tyr et Gaza le lieu dont le nom s'éloigne le moins d'Araine est Ramla, mais je ne vois pas que cette ville ait jamais été appelée, dans les documents latins ou français, soit Arenaf soit A raine. Il est possible que l'auteur, employant au hasard les noms
3ue lui fournissent ses connaissances géographiques, se soit souvenu u lieu appelé Arena par VHistoria Peregrinorum (Histor, occid. des crois. III, 190) qui est Harenc, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest d'Antioche.
3. Premier vers, commençant dans plusieurs mss. par une lettre ornée (Mich. 231^ 12) : Alixandres trespasse le règne de Surie.
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tement, de Josephe. Il y a en effet dans les Antiiimtés judaïques un chapitre (XI, viii) relatif à Alexandre qui, traduit en latin^ a été copié à part au moyen âge >.
Dès lors Alexandre se dirige vers la Perse. Darius, apprenant que les Grecs ont envahi son empire, cherche à intimider son adversaire. Il lui envoie une grande quantité d'une graine très menue et douce au goût, lui faisant dire que ces grains innombrables sont pourtant moins nombreux que les hommes dont se compose Par* mée des Perses. Alexandre lui répond que la douce saveur de cette graine lui représente la douceur^ et par conséquent la faiblesse, des Perses. Les Grecs sont autrement durs, et pour en donner l'idée à Darius, il lui envoie un plein gant de poivre (Mich. p. 232-3). Je n'ai pas trouvé la source de cette sorte d'apologue, qui a un air oriental.
Darius^ voyant qu'il faut, pour arrêter Alexandre, autre chose que des paroles, rassemble une nombreuse armée, et bientôt il se trouve face à face avec les Grecs; Mais il essaie encore une fois d'éviter la lutte. Il offre à Alexandre sa fille et la moitié de son royaume. Celui-<3 consulte les siens. Perdiccas est d'avis qu'il convient d'accepter. Alexandre s'irrite : « Si j'étais Perdiccas, « j'accepterais, mais je suis Alexandre et je refuse. « Jamais en ma vie je n'aurai ni pair ni compagnon » (Mich. p. 237). La scène est imitée de Quinte-Curce (IV, xi), le nom de Perdiccas ayant été substitué à celui de Parmenion.
I. Il se trouve noumment dans le ms. de Corpus, Oxford; voy. l'appendice l.
C'est maintenant qu'Alexandre va pour la première fois se mesurer contre Darius. La bataille a lieu c< parmi les prés de Pale» (Mich. p. 234, v. 34; p. 242, V. 24)». Y a-t-il là un souvenir d'Arbelles? Cela est douteux, car aucun trait du récit ne rappelle particulier rement Quinte-Curce, et tout ce que l'auteur du Roman aurait pu lui avoir emprunté peut aussi bien venir de l'Epitome de Valerius (I, 41). Comme dans Quinte- Curce (IV, XIII, 3 3), mais aussi comme dans Valerius, Alexandre rend inutiles, par une habile manœuvre, les chars armés de faux de Darius. C'est sans doute dans sa propre imagination que l'auteur du Roman aura pris l'idée de faire trainer les chars en question par des éléphants (Mich. p. 239). D'accord avec Valerius il nous montre la mère^ la femme et la fille de Darius tombant entre les mains du vainqueur (Mich. p. 245), événement que Quinte-Curce place à la bataille d'Issus (III, XI, 24). Si donc l'auteur du Roman a ici suivi Quinte-Curce, il faut admettre qu'il aura combiné deux circonstances empruntées, l'une (les chariots armés de faux) au récit de la bataille d'Arbelles, l'autre (la prise de la famille de Darius) au récit de la bataille d'Issus.
Immédiatement après la bataille des « prés de Pale » le Roman se rattache de nouveau à Quinte-Curce. C'est évidemment d'après cet auteur qu'il nous montre Alexandre entourant de respect et de soins la famille de Darius et manifestant une vive douleur à la mort de la