I . Variante : Bastre, plus loin Bautre
170 CHAP. Vil, § H.
geste, c'est*à-dire présentée comme une suite indéfinie de combats singuliers. Ce récit long et monotone (Mich. pp. 300-3 1 1) n'a que deux lignes dans la Lettre (p. 37). Dans le Roman comme dans la Lettre, Alexandre restitue à Porus son royaume. Au contraire, dans Valerius (Epit. III, 3] et dans Léon (Bibl. nat. N. acq. 174, fol. 25)^ Porus est tué par Alexandre en combat singulier.
Ici se place un épisode fort court et sans importance dans le développement du récit, qui soulève toutefois des questions délicates et compliquées dont l'examen devra être renvoyé à l'appendice. Entre les vassaux que Porus a appelés à son aide figurent « Gos et Magos » c'est-à-dire Gog et Magog, qui conduisent quatre cent mille hommes. Porus vaincu, Gos et Magos s'enfuient, poursuivis par Alexandre qui, désespérant de les atteindre dans les défilés de montagnes où ils se sont réfugiés, les y fait enfermer à l'aide d'un mur qui clôt les passages. Nous étudierons à l'appendice les différents récits que l'on a de cette fable; bornons-nous actuellement à constater qu'elle ne parait ni dans Valerius, ni dans la Lettre à Aristote, que d'autre part elle ne semble pas avoir été prise à VHistoria de ptàUiis.
§ 12. Alexandre se fait guider par Porj^ aux bornes d^Hercule, Stratagème contre les attaques des éléphants (Mich. pp. 313-318). — L'expédition contre Gog et Magog étant terminée, Alexandre revient en Inde où Porus se met en devoir de lui montrer ses trésors. Il est curieux de voir comment l'épisode de Gog et Magog
est venu s'intercaler entre deux événements que la Lettre à Aristote présente comme consécutifs et intimement liés : « Mox cum Indis contuli manum, superatis- « que his, ut volebam, arreptis armis, Poro régna res- « titui. Qui, ut insperato honore donatus est, mihi i< thesauros suos manifestavit quos esse ignorabam : « quibus me et comités meos et universum ditavit « exercitum. » Mais le poète traite la fable traditionnelle avec le mépris qu'elle mérite. Les données du Pseudo-Callisthènes ne sont pour lui qu'une indication générale des matières à traiter, et il se réserve toute liberté quant au sens dans lequel il les traitera. Aux offres de Porus, tout prêt à mettre ses trésors à la disposition de son vainqueur, Alexandre répond par une dissertation philosophique, appuyée de citations >, sur les dangers de la cupidité : ce qu'il désire, c'est que Porus le fasse conduire dans les déserts de Tlnde jusqu'aux c( bornes Arcu ». Ce ne sont pas les bornes Artus : il y a dans la lettre « [Porus] factus est amicus, « ex hoste^ Macedonibus, et ad Herculis Liberique c< trophsa deduxit » '.
Les Macédoniens étant donc parvenus jusqu'aux statues d'or élevées par Liber et Hercalesy qui sont devenus dans le Roman « Libis et Arcus » (p. }i7, V. 4], Porus engage Alexandre à ofirir un sacrifice à
1 . ses que dist Salemons el livre de Savoir ? Bons rois adrece tiere et le fait bien seoir.
(Mich. p. 31J, vv. 24-5.) Cf. Sap. VI, 26 : c Rex sapiens stabilimentum populi est. »
2. Il y a du reste Hercu dans certains mss. (vov. Romania, XI, 32}, n. 4), ce qui est vraisemblablement la bonne leçon.
ces statues et à ne pas aller plus loin. Alexandre persiste à avancer, tout en se livrant à des plaisanteries de mauvais goût sur le compte des statues, qu'il prend naturellement pour des idoles. Mais voilà que d'immenses troupes d'éléphants viennent attaquer l'armée. Alexandre a recours, pour les mettre en Âiite, au hennissement des chevaux et au grognement des porcs. Voici, d'après un manuscrit, le texte qui dans l'édition est totalement inintelligible. Le roi, dit l'auteur,
Ses cors et tous ses grailes commanda a souner, Les chevax por henir fist ces ives ^ monstrer, Et les truies fait prendre et batre por crier ; Les homes por noisier fait durement huer, Si que les olifansfait en fuie tomer^.
Il y a dans la Lettre (p. 39) : Imperavi Thessalicis tt militibus ut ascenderent equos, secum tollerent sues « quorum grunnitus timere bestias noveram... »
§ I}. L'armée se met au retour. Les Otifals, Le Val périlleux (Mich. pp. 318-329). — Cependant, le terrain