Juments, ce qui est la leçon du ms. 790 fol. 6$ a
2. Ms. fr. 15094, fol. i$o; le deuxième et le troisième vers sont omis dans Mich., p. 318. La même idée est reproduite dans la tirade suivante, qui manque aussi dans Mich., où elle devrait prendre place p. 318, entre le v. 22 et le v. 23 :
Gomar ot a non Teve ou se vont herbergier ; Ja hi midis passez quant ils durent mangier.
Atant ez vos les gaites qui revinrent noncier Que les olifant vienent ques suelent domagier. aIIx. comande : « Car montez, chevalier 1 »
A cens a pié comande les herberges gaitier, As chevax, por henir, fait les eves (juments) flairier. Et les muls rechaner et les pors grondillier... Gomar est l' « amnis Buemar » de la Lettre (p. 39).
devenant marécageux, Alexandre consent, à la prière de Porus, à revenir sur ses pas. Ils repassent devant les statues et^ comme c'était le jour des Calendes, ils offrent un sacrifice (Mich. p. 318-9). Cette circonstance ne se trouve pas dans la Lettre, qui place le retour un peu plus loin. Bientôt les Grecs sont attaqués par une béte étrange qu'on tue à coups de maillets et de coignées. Il est aussi question dans la Lettre^ mais avant l'épisode des éléphants, d'un monstre dont on ne put venir à bout que de cette façon, la lance ne pouvant percer sa peau [p. 38). Viennent ensuite « li Otifal » qui vivent dans l'eau aussi bien que sur terre. Ce sont assurément les Ichthyophagi de la lettre (p. 41) dont le poète a, selon son usage, agrémenté la description par quelques traits nouveaux. L'armée eut ensuite à souffrir du froid : Moût i fist grant froidure^ moût i plut e neja (Mich. p. 320, V. 8). Il semble que le Roman resserre ici en quelques lignes un épisode qui dans la Lettre est traité assez longuement (p. 41-4). Mais nous le retrouverons plus loin, § 15. Ce qui suit dans le Roman fait défaut non seulement à la Lettre, mais à toutes les formes du Pseudo-Callisthènes. C'est une étrange histoire. Alexandre s'est trompé de chemin. Il est entré dans une vallée profonde dont il ne peut plus sortir. L'armée est plongée dans l'effroi. Alexandre finit par trouver une inscription aux termes de laquelle l'armée ne peut être délivrée qu'à condition qu'un homme se dévoue pour tous et consente à rester dans la vallée. Cette nouvelle met l'armée en grand émoi, car personne n'a envie de se sacrifier pour les autres. Enfin Alexandre
174 CHAP* V"' § n-
se dévoue. Aussitôt le val périlleux commence à trembler et les Grecs trouvent leur voie hors des montagnes. Alexandre reste seul au milieu d'une tempête effroyable. Pendant toute une nuit les montagnes s'agitent, la foudre gronde et une puanteur insupportable se répand par tout le val. Bientôt apparaissent des dragons^ des démons hurlants. Alexandre est lépouvanté. Bucépbale, n'osant ni gratter la terre ni hennir, cache sa tète sous le manteau de son mattre. Au matin toutes ces merveilles disparaissent, et Alexandre se met à parcourir le val dans l'espoir de trouver une issue. Il trouve un diable qui était étendu sous une pierre et qui, si Alexandre veut le délivrer, s'engage à le faire sortir du val. Le roi accepte : il va d'abord vérifier l'existence du chemin indiqué, puis il revient sur ses pas^ met le diable en liberté^et court rejoindre son armée (Mich. p. 329). Je n'ai trouvé nulle part ailleurs cet étrange récit.
§ 14. Arrivée aux bords de V Océan, Femmes aquatiques» Les trois fontaines merveilleuses. Découverte de deux de ces fontaines (Mich. pp. 329-355) K — Les Grecs arrivent sur les bords de l'Océan. Des femmes d'une beauté merveilleuse vivant dans l'eau se montrent à eux. Ceux qui se laissent séduire ne tardent pas à périr dans leurs embrassements (Mich. pp. î29-}o). Cf. la lettre (p. 56- 7). « Quae itidem mulieres ignaros regionum homines « in fluminenatantes aut tenendo gurgitibus suffocabant,
I. Premier vers (Mich. p. 329, v. 35) <iui dans plusieurs mss. commence par une capitale ornée : au matin, par son l'aube, mon' terent li baron.
« aut in arundine tractes, cum essent specie mirabiles, « affectu suc avide viaos rumpebant, aut venerea « exanimabant voluptate. »
Quatre vieillards d'une taille gigantesque, velus comme des ours et cornus comme des cerfs, s'enfuient devant Parmée. Alexandre, aidé de quelques-uns de ses compagnons, réussit non sans peine à les capturer. On les interroge, et Pun d'eux fait savoir qu'il existe en un pays voisin trois fontaines faies^ c'est-à-dire douées de vertus miraculeuses. L'une ramène à l'âge de 30 ans tout vieillard qui s'y baigne; l'autre rend immortel, mais on ne peut la voir qu'une fois par an, la troisième ressusdte les morts. Cette dernière est celle que l'armée rencontre d'abord. Deux poissons cuits placés auprès de la source y tombent accidentellement * . Ils reviennent à la vie aussitôt et se mettent à nager. Alexandre fait élever une tour au-dessus de la source. Au moyen d'une roue que le vent fait tourner, l'eau monte au haut de la tour et de là se déverse dans une vasque garnie de plomb. Cela fait, Alexandre envoie un détachement à la découverte de ta fontaine qui rend immortel, avec défense expresse de s'y baigner avant qu'elle lui ait été montrée. Un nommé Enoc^, qui précédait la troupe des explorateurs, trouve la fontaine qui justement se laissait voir ce jour-là. Enfreignant les ordres du roi, il s'y baigne, et revient annon-
1. Ce sont c (/. lemer » qui les y font tomber; laer (Mich. 334, V. 2) est une mauvaise leçon.
2. Enoc est un nom bien choisi pour un homme qui va se trouver soustrait aux conditions normales de la vie.
lyô CHAP. vn, § 14.
cer à Alexandre que d'un an personne ne pourra voir la précieuse source. Mais par malheur ses cheveux étaient encore mouillés du bain qu'il venait de prendre. Alexandre s'en aperçoit, et, pour se venger, il fait enmurer dans un pilier construit en maçonnerie celui qu'il n'est plus en son pouvoir de faire mourir. Puis l'armée se remet en marche et nous la verrons plus loin arriver à la troisième source, celle qui rajeunit.
Je n'ai pas réussi à découvrir dans quel écrit le poète a pris les éléments de cet épisode. Il n'est question des trois sources merveilleuses ni dans Valerius, ni dans la Lettre à Aristote, ni dans Léon. De plus, je ne connais aucun ouvrage où elles soient mentionnées toutes les trois. Nous devons donc supposer que l'auteur a fait œuvre d'imagination ou qu'il a eu recours à un, ou plusieurs ouvrages perdus ou du moins non signalés jusqu'à présent par ceux qui ont traité de la légende d'Alexandre. Il y a lieu d'adopter la seconde de ces deux hypothèses, tout en laissant d'ailleurs, pour les détails, une part assez large au poète. En effet la fontaine qui ressuscite ne fait pas sa première apparition dans le Roman : elle est déjà décrite dans certains textes grecs du Pseudo- Callisthènes ^ La propriété de la source est constatée, à peu de chose près, comme dans le Roman : le cuisinier d'Alexandre met un poisson salé dans l'eau pour le laver et le voit s'échapper de ses mains tout vivant. Mais la
I . Dans C et L, voy. pour le premier l'édition de Mùller, pour le second celle de Meusel, 1. I, ch. xxxix; dans B il y a aussi quelques mots sur le même sujet; voyez Zacher, Pseuio-Callisthenes^ p. 140.
scène est amenée d'une façon tout autre, et il n'est pas question des deux autres sources. D'ailleurs^ la ressemblance serait-elle plus complète qu'il resterait toujours à trouver le lien entre le texte grec et le Roman.
^ 1$. Le pui de Faligoî. Encore les Otifak. V armée se met de nouveau au retour. Les hommes fendus jusqu'au nom^ bril. Tempête (M . pp. 3 3 6-9) . — L'armée fait l'ascension du « Pui de Faligot » qui était roideà monter (M. p. 336, V. 2]. Comme ils arrivaient «au pertuis que clôt Hercules Liber », ils sont assaillis par les Otifals, que nous avons déjà rencontrés plus haut^ § 1 3i niais qui cette fois se présentent sous une forme nouvelle : ils ont des tètes de chien (Mich. 336, 7), ce qui donne à penser que l'auteur a eu en vue cette fois non plus les Ichthyophagi, comme précédemment, mais les Cynocephali (Lettre à Arîstote, p. 41). Parvenus au sommet des monts d'Ethiopie S ils découvrent la mer qui enceint la terre entière. Alexandre se décide à revenir sur ses pas : c'est la seconde fois que nous le voyons prendre cette sage résolution; cf. § 13. — Il rencontre près d'un étang des hommes de haute taille, nus et velus, dont la partfcularité est d'être fendus jusqu'au nombril (Mich. p. 336, V. 32). Ces monstres attaquent l'armée à coups de pierres et lui font éprouver des pertes. Je ne sais d'où cela est pris, mais avec ce qui suit nous rentrons dans les données de la Lettré à Aristote. Au moment où l'armée
I. Il est bien connu qu'au moyen âge on a désigné l'Inde sous le nom d'Ethiopie. C'est d'un passage de la Lettre qui sera cité plus loin que le poète a tiré cette mention.
I yS CHAP. vii^ §15.
allait se mettre à la poursuite des hommes velus et fendus^ voici qu'un tourbillon de vent, accompagné de flammes ardentes qui tombent dru comme la neige, abat les tentes et met tout le camp en confusion. Les hommes se garantissent comme ils peuvent avec leurs boucliers. Vient ensuite une tempête de neige, à laquelle succède la pluie. Cet épisode est raconté, presque dans les mêmes termes, dans la Lettre et dans VHistoria de praliis :
Lettre, éd. 1706, p. 41-4. Léon, nouv. acq. 174,
fol. 27 v».
Atque jam cuncta tentoria Circa vero horam undeci-
erecta erant largique ignés ac- mam tanta virtus Euri venti
cens!, cum repente Euri venti flare cepit quod omnes tendas
tanta vis exorta est^ ut omnia et papiliones de ipsis castris
tabernacula principiaque nos- ad terram dédit , et erat
tra conturbaverit , everteits- magna angustia ipsis militibus
que, ultra omnem modum no- eoque tolTebat ventus scintil-
bis stupentibus. Quadrupedia las et titiones de ipsis focis
multo vehementius vexabantur auos accensos habeoant. et
exituque scintillarum ^ et titio- feriebant iilos et incendeoant
nibusin terga venientibus adu- eos... Cum autem recessisset
rebantur... Vix tandem, re- ipse ventus, continuo ceperunt
coliectis sarcinis ex integro milites ejus colligere que ipse
in apriciori valle castrorum ventus disperserat. Et amoto
sedem inveni... Cadere mox exercitu, venerunt in quan-
in modum vellerum cœperunt dam vallem maximam, et
nives, Quarum aggerationem castrametatus est ibi.... (Fol,
metuens, ne castra cumularen- 28). Et tune precepit accendi
tur, militem calcare nivem focos plurimos, cepitque ma-
jubebam, ut auam primum gnum frigus accrescere, et
injuria pedum taoesceret, pro- ceperunt cadere nives sicut
derenturque ignés aliquatenus lane majores. Continuo prece-
quf nive erant pêne extincti. pit militibus suis ut calcarent
I. Edit. scintillU; corrigé d'après l'èdit. de Bologne, i$oi.
Una tamen tum re$ saluti fuit, eas pedibus, quia timebant ne
auod momento tetnporis hae cresceret ipsa ni vis. Adjuva-
aeletae sunt nives, imbre su- bant enim eos maltum ipsi foci
perveniente largo, quem pro- quos accensos habebant ; sed
tinus atra nubes subsecuta tamen mortui sunt quingenti
est, vîsxque nubes alix de milites ex ipsa nive, quos
cœlo ardentes tanquam faces jussit Alexander sepeiiri.
decidere, ut incendio earum Deinde venit maxima pluvia
totus campus arderet.... Jussi que fuit causa salutis eorum,
autem milites suas vestes op- et cessaverunt ipse nives.
ponere ignibus. Nox serena Inter hec supervenit cum ipsa
continuo nobis orantibus red* pluvia nubes maxime obscura.
dita est, ignés ex integro ac- ita ut très dies sine colore *
cenduntur, et a securis epulae essent, eo qnod nubes obscure
capiuntur. Et triduo sine sole pendebant supçr eos, et cèpe-
claroid nobis continue accidit, runt cadere de celo ardentes
minaci pendente nube. Tum nubes sicut facule, ita ut
sepultis admodum quingentis totum campum arderet de
militibus qui inter nives incendio illarum. Statimque
perierant, castra inde mutari Alexander fecit diis suas vie-
imperavi. timas^ et, orante eo, continuo
serenitas reddita est celo.
Je me suis permis cette citation un peu longue pour plus d'un motif. D'abord j'aurai besoin <lans un chapitre subséquent de m'y référer; ensuite il m'a paru intéressant, à côté de tant de passages où la Lettre et VHistoria diffèrent si notamment, d'en rapporter un où ces deux textes reproduisent, à bien peu de chose près, la même leçon. Il est certain qu'ici il serait difficile de décider lequel des deux textes latins a servi de base au Roman , et l'incertitude est encore augmentée par la liberté avec laquelle le poète français traite sa matière.
I . Corr. soU, cf. la traduaion italienne, éd. Grion p. 1 ) i : « che bene stettono tre giomi che non viddono sole. »
1 80 CHAf». VII) §15.
On voit qu'il a modifié l'ordre selon lequel les textes latins présentent les phénomènes météorologiques, plaçant en premier lieu la pluie de feu ; on voit aussi qu'il suppose que ces divers phénomènes se font sentir dans le même lieu.
Dans l'épisode immédiatement suivant l'accord du Roman avec la Lettre devient de nouveau manifeste. En effet on lit dans la Lettre, à la suite du passage " qui vient d'être rapporté, ces lignes :
Nam ad édita cœlo promontoria et ad Oceanum in i^thiopiam venimus, ad Dionysios quoque montes et antrum Liberi. Perdidi quoque homines in antrum missos qui dicebantur tertia die febribus mori, quia speluncam Dei introîssent. Quod fuisse manifestum mortibus eorum probavimus, quia vi intrare prster relîgionem et sine muneribus specus petierant(p. 44)^.
C'est la matière qui est développée aux pages 338-9 du Roman, et il n*y a rien de semblable dans VHistoria. Le Roman nous dit qu'Alexandre est guidé et renseigné dans cette partie de l'expédition par deux vieillards indiens, qui paraissent assez civilisés et sont tout à fait distincts des quatre vieillards ci-dessus mentionnés (§ 14) qui semblent s'être évanouis : on n'en entend plus parler. Ces deux nouveaux venus proposent au roi macédonien de le conduire auprès d'arbres merveilleux qui lui feront savoir l'époque de sa mort. Cela encore est pris de la Lettre. Nous y arriverons tout à l'heure.
I. La fin de ia phrase est corrompue. Elle l'est d'autre façon dans l'édition de Bologne, 1501. Toutefois on comprend le sens général.
ANALYSE ET SOURCES DU ROMAN. l8l
§ i6. Toujours les Otifals. La forlt aux pucelles (Mich. pp. 340-7). — Les Grecs, guidés par les deux vieillards, continuent leur route, et ne tardent pas à être assaillis, pour la troisième fois, par les Otifals. Puis ils pénètrent dans une forêt où jamais l'homme n'a porté la cognée. On y trouve en avril et en mai la mandragore et bien d'autres plantes précieuses dont l'une a la vertu de rendre aux femmes leur virginité perdue. Mais la merveille la plus extraordinaire de cette forêt, c'est que sous chaque arbre habite une pucelle. Ces jeunes filles, toutes d'une merveilleuse beauté, excitent chez les Grecs, Alexandre y compris, des transports que le poète décrit avec complaisance, mais il n'est pas facile de les aborder. En effet, l'approche de la forêt est défendue par une rivière. Sur cette rivière est construit un pont tournant à l'une des extrémités duquel sont placés deux enfants en or fondu qui agitent des massues et font mine de s'opposer au passage. Mais l'un des vieillards a recours à certains enchantements à la suite desquels l'un des enfants est précipité dans l'eau, où les poissons, pourvus d'un appareil digestif puissant, le dévorent^ tandis que l'autre est enlevé par un démon. Voilà donc le passage libre. Les Grecs s'y précipitent, et chacun d'eux trouve parmi les jeunes filles une compagne pleine de bonne volonté. Mais les joies de ce monde sont passagères. Au bout de quatre jours, l'armée se remet en marche. C'est en vain qu'Alexandre veut emmener avec lui une belle fille dont il voudrait faire une reine couronnée. Les Grecs apprennent que les gracieuses créatures qui ont apporté une si agréable diver-
l82 CHAP. VH) g l6.
sion à leurs fatigues ne sauraient vivre hors du bois qu'elles habitent. Tout ce qu'elles peuvent faire, c'est d'accompagner l'armée aussi loin que durera le couvert de la forêt. Alexandre doit user de menaces pour arracher ses hommes à ce séjour de délices. Interrogeant les deux vieillards, il apprend que ces jeunes filles entrent dans la terre à l'entrée de l'hiver et en ressortent au printemps en façon de fleurs.
Il y a longtemps qu'on a remarqué l'absence de cette fable dans les textes soit grecs soit latins du Pseudo- Callisthènes et sa présence dans le poème de Lamprecht^. On a conclu de cette double circonstance qu'Alberic avait le premier introduit les femmes-fleurs dans la légende d'Alexandre. Hypothèse qu'il serait oiseux de discuter : elle peut être fondée comme elle peut ne pas l'être ; nous n'avons aucun moyen de la vérifier. Notons cependant qu'il résulte des recherches présentées au chapitre VI, § 3, que l'œuvre de Lamprecht ne peut, sauf en son début, être considérée comme représentant avec exactitude le poème d'Alberic. Et puis c'est une hypothèse qui n'explique rien. Il a été constaté ^ que la fable en question est d'origine orientale. On la trouve chez Edrisi et chez Maçoudi. Qu'elle ait été adoptée par Alberic ou non, il n'importe guère : ce qui importe c'est de savoir comment Alberic ou tout autre poète roman, qui apparemment n'ignorait pas l'arabe, a pu en avoir connaissance, et c'est ce que nous ne savons pas.
1. Zacher, Alexandri magni itcr ad Paradbum, p. 14-5; Bartsch, Germania, U, 458.