I . Voy. ci-dessus, p
TROISIÈMB BRANCHE. 219
Par suite, il est permis de supposer que Lambert n'a pas eu d'autre source que ces deux opuscules. Si donc nous rencontrons dans la partie du Roman qui nous occupe des épisodes empruntés à quelque autre source et que la tirade initiale n'annonce pas, il semble légitime de considérer ces épisodes comme autant d'interpolations. Or, tel est précisément le cas des deux épisodes en question qui, d'ailleurs, sont de véritables hors-d'œuvre, et comme tels interrompent la narration et se lient très mal avec le contexte.
Nous raisonnerons de même à l'égard de trois récits importants qui ne figurent ni à la tirade précitée, ni dans les sources constatées de Lambert. Le premier de ces récits est celui du Val périlleux, analysé ci-dessus pp. 17 1-2, et dont la source m'est inconnue ^ L'interpolation est évidente. On peut enlever tout ce qui est compris dans l'édition entre la p. )20, v. i, et la p. 329, V. ^4, sans que la suite de la narration en éprouve aucun dommage. Le second récit est celui concernant les trois fontaines merveilleuses. Il est divisé en deux fragments dans le Roman; voy. ci-dessus pp. 175-6, pour les deux premières fontaines, et p. 183 pour la troisième. Enfin, je considère comme également interpolée la gracieuse histoire de la forêt aux pucelles (cidessus pp. 181-2^) dont l'origine reste à trouver.
1 . Le ms. de Venise seul introduit le Val périlleux dans la tirade initiale de Lambert (voy. I, 274).
2. Dans l'édition le récit relatif aux deux premières fontaines s'étend de la p. 331, v. i, àla p. 33$, v. 37. La fable de la forêt aux pucelles et le récit qui concerne la troisième fontaine occupent les pages 341, v. i, à 3^1, v. 10.
Jusqu'ici, c^estpar des procédés de critique, qui naturellement laissent une part, si petite soit-elle, à Phypothèse, que nous avons reconnu dans la troisième branche un certain nombre de morceaux interpolés. Ces morceaux ont été composés et insérés dans la trame du poème à une époque ancienne^ antérieure en tout cas aux plus anciens manuscrits du Roman. Nous allons maintenant constater par des procédés en quelque sorte matériels toute une série d'interpolations plus récentes qui ont dû se produire à divers moments du xin® siècle et jusque dans le premier quart du xiv« siècle.
Première interpolation. Episode de Floridas et Dauris ou du duc Melcis (Mich. pp. 459 à 500, v. 21). La plupart des mss. du Roman contiennent cet épisode, qui a été étudié au chapitre précédent, § 23, et qui se distingue à première vue du reste du poème par l'emploi d'un agencement particulier de rimes qu'on appelle rimes dérivatives, ou plutôt, dans le cas présent, tirades dérivatives. Les seuls mss. du Roman, où je ne l'ai pas rencontré, sont les mss. de l'Arsenal, de Venise et ceux conservés à la Bibliothèque nationale sous les numéros fr. 787^ 1 594> M95* ^'7 ^^^^ ajouter probablement > le ms. de Parme n* 1206. Ce morceau n'a pas été intercalé dans tous les mss. à la même place ; dans certains l'intercalation ne s'est pas faite sans que de légères modifications fussent apportées au texte primitif afin de faciliter le raccord du morceau avec le contexte ; voir à ce sujet Romania^ XI^ 22 j -6. En outre,