APPENDICES
On conserve précieusement dans les archives de l’église 5, Maria For. mosa, à Venise, un manuscrit qui ἃ été écrit dans la seconde moitié du xvure siècle par un homme dont la dévotion envers sainte Marine était fort grande. C’est un volume en parchemin, composé de soixante feuillets dont les trois premiers contiennent le titre, un avis de l’auteur, une dédicace à sainte Marine et une préface. Cinquante-deux feuillets sont occupés par le texte. L'ouvrage est orné de dix-neuf aquarelles représentant le monastère de Kanoubine, la grotte de sainte Marine, les reliquaires qui renferment ses restes, et la sainte elle-même. Une seule d'entre elles remplit une page entière. Enfin chaque page est entourée d'un large encadrement dessiné à l'encre noire en clair-obseur et mesurant, à l’extérieur, 029 X 036.
Ce manuscrit est intitulé : Biologia || 5. Marinæ || Monachum indutæ || Virginis || ex uetustissimo autho || grapho, ac variis tam antiquis quam modernis scrip || toribus || concinnata || studio et opera || Theodori D’Amadeni || Equitis, Comitis 5. Mariæ de Castro || et S. Marthæ Abbatis, etc. || Venetiis || Anno Domini MDCLXX VI.
Voici maintenant le contenu du volume :
Titre.
Donum et voluntas auctoris (1).
Sanctæ Marinæ Virgini sacrum.
Præfatio ad benevolum Lectorem.
S. Marina monachum induta, Virgo.
Vita 5. Marinæ V. ex Menologio Græcorum.
Biologiæ 5. Marinæ V. illustratio :
S. Marinæ V. Nativitas.
Monasterium S. Mariæ de Canubim.
(1) L'auteur nous apprend qu’il a composé son livre uniquement pour accroître la dévotion envers sainte Marine et il ajoute : « Insuper significo me hunc librum R® D. Michæli Fiorini, moderno ecclesiæ S. Marinæ Venetiis plebano tradidisse custodiendum et uelle, ut apud omnem eiusdem ecclesiæ pro tempore plebanos custodiatur. Omnibus eum legere, et Virginis encomia ex 60 percipere cupidis, benigne exhiberi desidero, copiam aut exemplar inde ducere pro arbitrio plebani et ad honorem Virginis permitto. Si quis vero plebanorum eum sibi appropriare, ut sic me explicem, aut alienare præsumpserit, S. Marinæ indignationem, et punitionem quantocijus incurrat. » Conformément à la volonté du bon Teodoro d’Amadeni, j'ai été autorisé à faire faire une copie du manuscrit.
Locus pœnitentiæ S. Marinæ V.
Tempus obitus $. Marinæ V.
Religio et habitus S. Marinæ V.
Translatio Corporis 5. Marinæ V. ex Phœnicia in Romaniam Græcorum et inde Venetias.
Ecclesia 5. Marinæ Venetiis.
Status corporis 5. Marinæ V.
Dies festus 5. Marinæ V.
Miracula et beneficia 5. Marinæ V.
De variis sanctis quæ sub Marinæ nomine in Ecclesia Roman. et Græc. celebrantur.
S. Marinæ V. cultus et erga eam fidelium devotio.
Index in Biologiam ejusque Illustrationem 5. Marinæ V.
Les différentes parties de ce manuscrit sont loin d’avoir toutes la même valeur, C’est ainsi que l’auteur ne nous apprend rien de nouveau, tandis qu'il émet un certain nombre d’'hypothèses fort risquées, dans les pages où il commente la Vie de Marine attribuée au Métaphraste, dans celles où il tâche de reconstituer l’histoire des translations de son corps, ete. Les chapitres véritablement intéressants de son œuvre sont ceux dans lesquels il décrit ce qu'il a vu lui-même, c’est-à-dire ceux qui contiennent d'amples détails sur l’église de Sainte-Marine, disparue depuis, sur le corps de la sainte et sur le culte qui lui était rendu par les Vénitiens. Quelques extraits en ont été donnés plus haut.
Je ne connais pour le moment de Teodoro d'Amadeni que ce qu'il dit de lui-même dans sa préface. Il était Belge. Obligé par des affaires pressantes d'aller en Espagne, il s’y rendit en traversant la France. Dès qu'il les eut terminées, il revint en Allemagne. Il franchit ensuite les Alpes et gagna Venise où l’appelait sa grande dévotion envers sainte Marine. Ayant obtenu par l’intercession de cette sainte diverses faveurs spirituelles, il voulut lui témoigner sa reconnaissance en écrivant sa vie. Mais, comme il était fort embarrassé pour le faire, parce que, à Venise, il ne trouvait aucun renseignement sur la sainte qui ne füt contenu dans les livres et manuscrits connus, il se décida, pour le moment, à partir pour Rome où le jubilé de 167 attirait les fidèles. Dans cette ville il eut la chance de rencontrer un prêtre maronite fort instruit, Faustus Nairon, professeur de langue syriaque (1). Par lui il apprit sur sainte Marine des détails intéressants et entièrement nouveaux. Dès qu'il les eut notés, il se hâta de retourner à Venise et pendant les quelques jours qu’il y passa pour accomplir une neuvaine, il écrivit sa Biologia « incompto quidem stylo et pro temporis brevitate inconcinno ».
(1) C’est à cet érudit, aidé par A. Ecchellensis, que l’on doit la publication des offices propres de l’Église maronite (Rome, 1856-1866, 2 vol. in-fol.),