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Si l'on tient compte de ce fait que soixante-quatorze feuillets manquent au commencement, on sera tenté de conclure que le Saulianus 33 contenait un ménologe complet pour les treize premiers jours de janvier.
ὃ SAINTS JUMEAUX ET DIEUX CAVALIERS.
Mais trois dates sont étranges : celles des saints Théodore, Charitine, Speusippe et consorts.
La date du cinq janvier, attribuée à saint Théodore, est en contradiction avec l'indication de Gédéon, Βυζαντινὸν ‘Ecerons- +127, Qui place ce saint au ὃ janvier, d'après le cod. Pantocrator, 13. Saint Théodore ne se trouve d'ailleurs point dans les synaxaires.
Charitine figure généralement au IS décembre. Cependant certains synaxaires la commémorent le 20 janvier; d’autres la placent au 15 (1).
Quant aux trois jumeaux, ils figurent tantôt au 16, tantôt au 17 janvier et notre texte lui-même dit qu'ils ont subi le martyre le 17 (πρὸ deux ἐξ χαλανδῶν φεδρουαρίων)-
On peut se demander si ces trois indications ne constituent pas tout simplement l'erreur d'un copiste qui se sera imaginé avoir affaire à une série complète, alors que, comme dans les plus anciens ménologes, l'ordre chronologique n'était pas strictement observé, et que plusieurs jours n'étaient représentés par aucun saint.
Il arrive en effet fréquemment, dans les anciens recueils de cette espèce, que pour des raisons d'ordre intrinsèque, un texte est rapproché d’un autre alors que leurs dates devraient les séparer. Or, les deux biographies de Michel le Syncelle et de Théodore ont ceci de commun que les deux saints étaient surtout vénérés au monastère de Chora, à Constantinople, que le second avait fondé et où il avait été higoumène (+ 816) (2). Quant à Charitine et aux Trois Jumeaux, nous pensons qu'ils se suivaient dans le modèle (3) qu'avait sous les yeux notre copiste, comme étant respectivement du 15 et du 16 janvier; tandis que les 12, 13 et 14 janvier étaient simplement passés. Le copiste, voyant se dérouler du 6 au 11 janvier une suite ininterrompue, écrivit pour Charitine μηνὶ τῷ αὐτῷ ιδ΄ et pour Speusippe : μηνὶ τῷ αὐτῷ γ΄, comme il avait placé Théodore au 5 janvier, parce que sa Vie figurait entre Michel (4 janvier) et les homélies de la
(A) Synaxarium ecclesiae Constantinopolilanae, ed. Delehaye (Propylaeum ad Acta Sanctoruni Novembris) 395, 47, 57.
(2) CF. Gédéon, LL. 6.
3) Modèle où peut-être la mention μηνὶ τῷ αὐτῷ... manquait, ou bien était effacée,
Théophanie (6 j.). Que si l'on trouve le procédé insolite, il faut se souvenir que les trois Vies mal datées sont précisément les trois plus rares du recueil, celles qui manquent dans les autres ménologes de janvier.
Notre manuscrit contient, en fait de légendes rares, deux histoires cappadociennes (Carterius, les Trois Jumeaux), une histoire cilicienne (sainte Charitine). Saint Théodose est originaire de Mogariassos en Cappadoce, et saint Polyeucte était de Mélitène en Arménie. Évidemment, ce n’est pas le hasard seul qui ἃ fait prédominer dans ce recueil l'élément asiatique. Et de même que M. Krumbacher (1), s'appuyant sur la grande importance attribuée, dans le Vaticanus 1589 et le Laurentianus XI 9, à l’ascétisme palestinien, admettait que le premier recueil du genre avait été formé en Terre Sainte, nous pouvons reconnaitre dans notre ménologe un type asiatique et probablement cappadocien.
Mais voici enfin le texte du martyre des trois jumeaux. Nous avons été forcé d'y faire de nombreuses corrections; la lecon du manuscrit est toujours indiquée dans l’apparat critique. — L'iota est le plus souvent ascrit; les mots qui dérogent à cette règle sont signalés dans l’apparat. — Il n'y ἃ guère de remarques à faire au point de vue paléographique. A l'exception des compendia usuels ουνος ανος τς χες etc., les abréviations sont rares ; on n'en trouve qu'à la fin d’une ligne — οὐρανῷ est même parfois écrit en toutes lettres au lieu de l'usuel οὐνωι.
Nous avons cru bon de réimprimer, en face du texte grec, la passion latise qui ne se trouve en entier que dans le livre inaccessible de Bougaud. Dans les notes, À désigne le texte des Acta Sanclorum, B celui de Bougaud. Nous avons noté un certain nombre de variantes intéressantes, et adopté les lecons les plus probables, sans prétendre faire une édition critique.
1) Studien zu den Legenden des hl. Theodosios, p. 236, 257.