‹ Bibliothèque hagiographique orientaleChapitre 32 sur 195 · APPENDICES · texte numérisé non relu

APPENDICES

I. Hymne sur saint Jean bar Aphtonia dile par Jean Psaltès (7).

A l'image du prophète Samuel, Jean l'illustre chef et le directeur d'élection de notre communauté fut réservé et offert au Dieu de l'univers dès le sein de sa mère. Aussi, durant toute sa vie, il ne trompa jamais le vœu de sa mère; mais, dès sa jeunesse, il aima la conduite pure du monachisme ;

(1) Cf. I Timothée, 1v, 7.

(2) 11 s’agit ici de Sévère qui lui annonça sa mort. Cf. Vie de Sévère patriarche d'Antioche; ROC., 1900, p. 300, et p. 96 du tirage à part : « (Sévère) écrivit de sa propre main une longue lettre au saint et vénérable Jean archimandrite appelé bar Aphtonia.. Dans cette lettre il prophétisa sa mort et celle de son correspondant ».

(3) Luc, ar, 29:

(4) Cf. Vie de Sévère, p. 17.

(5) Le 4 novembre 537, âgé de 54 à 62 ans. Voir l’/ntroduction.

(6) Cf. Jean, xvir, 12.

(7) D'après le ms. de Paris syr. 337, fol. 995-100. Ce manuscrit est en très mauvais état, bien des mots sont illisibles. — Il renferme la revision que fit Jacques d'Édesse de la traduction syriaque de l’Octoëchus de Sévère (cf. ROC.; 1900, p. 296, et p. 92 du tirage à part). D'ailleurs la revision de Jacques d’Edesse porte aussi sur les hymnes de Jean Psaltès et de Jean bar Aphtonia.

il réforma et subjugua sa chair dans les travaux de l’ascétisme et son esprit dans le zèle et les prières. ἃ l’image de l’illustre Moyse, il réprimandait par son zèle les ennemis de la vérité, et par ses prières il intercédait auprès de Dieu en leur faveur. Il parut avec intrépidité devant les empereurs, il combattit pour la cause de la foi, aussi il se couvrit de gloire et fut orné de l'illustre couronne des confesseurs. — Que, par ses prières, le Dieu de l'univers nous accorde d'imiter sa foi et de nous rendre dignes de nombreuses miséricordes (1).

IL. Æymmes sur Sévère, patriarche d'Antioche, écrites par Jean bar Aphtonia (2).

1° La doctrine de Sévére est sage et profonde, elle reflète celle de tous les docteurs orthodoxes et des chefs de l'Église. On y trouve en effet les paroles saintes et inspirées par Dieu de saint Zgnace le pieux et saint martyr; la science étendue et exacte de la foi qu'avait Athanase l'illustre lutteur et athlète; le sublime exposé théologique de Basile et de Grégoire, la doctrine et la prédication — qui se déversait et se répandait comme une mer — de Jean (Chrysostome); la connaissance exacte et la maitrise des dogmes qu'avait Cyrille; la pureté de vie et l'excellente conduite d'eux tous. — Quand nous faisons mémoire (de Sévère), louons Dieu le Messie qui, dans sa bonté, a montré un tel astre et l'a suscité dans son Église à notre époque. Prions-le et disons : Seigneur, épargne-nous et prends-nous en pitié, par les prières et les supplications de notre père.

20 Quelle parole aura la puissance de découvrir les perfections et les belles actions du saint patriarche Sévêre? Qui pourra raconter comme ils le méritent les combats qu'il livragpour la vérité? Dès qu'il arriva au siège sacerdotal et apostolique (d’Antioche), il nourrit les brebis intelligentes du troupeau du Messie par des paroles saines, c’est-à-dire par une nourriture céleste. En même temps qu'il combattait par la parole, il mit aussi la main à l'arc et aux traits, il lutta par l’encre et la plume; il mit à nu, vainquit et détruisit toutes les hérésies. Quand il se cachait devant ses persécuteurs en des lieux ignorés, il remplissait tout l'univers des enseignements orthodoxes par ses écrits inspirés de Dieu. Que, par ses prières, Dieu rassemble tous les membres dispersés de l'Église, qu'il les ramène dans un seul bercail et qu'il nous sauve dans ses miséricordes !

(1) Cette hymne dépend de l'histoire précédente et ne lui ajoute rien.

(2) D’après le même manuscrit, fol. 74, 109 et 118.

Dans le manuscrit de Paris, elles ne sont pas attribuées à J. B. A., mais elles correspondent sans doute aux cinq hymnes sur Sévère d’Antioche conservées dans les autres manuscrits de l'Octoëchus et en particulier dans le ins. de Londres add. ms. 17134 daté de 675, et dont quatre sont attribuées à J. B. A. et la cinquième ἃ un poète d'Alexandrie. Nous traduisons ces hymnes parce qu’elles sont l’œuvre de 4. B. A. et surtout pour faire connaître ce genre de littérature.

39 Quand nous faisons mémoire du prêtre et pasteur véritable, du patriarche Sévére, nous fêtons par là même éminemment la mémoire de tous les pieux docteurs de l'Église, car tous parlent abondamment par sa bouche et il ne pensait jamais donner de lui-même aucun de ses enseignements. Aussi quand il anathématisait et rejetait de nombreux écrits il disait : « Ce que je semble avoir dit, c’est la règle de foi d'Athanase, de Basile, de Grégoire et de ceux qui leur ressemblent. L'enseignement du sage Cyrille, ses grands travaux et ses homélies furent l'objet de mes études et de mes méditations durant toute ma jeunesse ». — Que, par leurs prières, Dieu le Messie daigne nous admettre tous dans leurs demeures! — Gloire à tes nombreux amis!

4° Le sage Sévére (1), puissante colonne de l'Église et véritable docteur de tout l'univers, nous enseigne, après sa mort (2), par ses écrits : Restez tous avec courage dans la foi (nous dit-il), éloignez-vous et détournez votre visage des mauvaises erreurs des Phantasiastes (3), renversez et détruisez le mur épais que Mestorius à construit en briques : l’hérésie des deux natures (4). Confessez que vous ne connaissez qu'un Messie, Dieu le Verbe qui s'incarna sans changement, le même qui, par sa volonté, supporta des souffrances dans la chair et qui opéra des prodiges. Proclamez avec les docteurs qu'il n'y ἃ qu'une nature du Verbe incarné et qu'Emmanuel n'ignora pas le dernier jour (5), ni rien de ce qui a été. Allons tous à lui et que le maitre incompréhensible de l'univers nous épargne et nous prenne en pitié par les prières de notre père.

5° Nous préchons à tout le troupeau du Messie la foi orthodoxe, celle qui lui a été révélée jadis par les saints apôtres. Nous croyons, comme les saints Pères, que ce fils de l'essence (divine), qui est avec son Père Dieu le Verbe, et fut, dans sa bonté, fils de notre nature par sa sainte mère, n'a qu'une nature incarnée (6). Nous anathématisons aussi le concile impie de

(1) Ms. de Paris 337, fol. 1185- 1105. on trouve deux hymnes sous le titre Joke 050 fo NS, « sur le saint Mar Sévère », le répons de la première est : « il demeure toujours devant le Seigneur », et celui de la seconde : « écoute, ma fille, vois et approche ton oreille ».

(2) Cette hymne, écrite après la mort de Sévère, pourrait être la cinquième du ms. de Londres, due à un poète d'Alexandrie.

(3) Les partisans de Julien d'Halicarnasse. Voir ROC. 1900, p. 299; p. 90 du tirage à part.

(4) Nestorius plaçait en N.-S. une personne divine et une personne humaine et, d’après notre auteur, élevait comme un mur de séparation entre ces deux personnalités.

() Cf. Marc, χπὶ, 32 : De die autem illo vel hora nemo scit, neque angeli in ἑοῖο, neque Filius, nisi Paler.

(6) D’après 4. B. A., le Messie participe donc à la nature divine et à la nature humaine. Pour les catholiques, ces deux natures sont réunies dans l'unité de la personne; J. B. A. n’emploie jamais le mot personne [[soais) mais toujours le

Chalcédoine qui a enseigné deux natures — car nous ne partageons pas les idées d'Zulychés, ni du maudit Nestorius — ainsi que le reste des hérétiques, comme les saints apôtres nous l'ont commandé; et nous te confessons, ὃ notre Sauveur, toi qui as délivré et racheté les âmes de nous tous.

mot nature (jus). Pour lui, les deux natures, après l'union, ne font plus qu’une nature incarnée, [sas eo His = — Voici la notice consacrée à la théorie de Sévère par le monophysite Bar Hebræus : « Hoc tempore innotuit Severus, patriarcha Antiochenus, qui libros multos composuit ad adstruendam scientiam de naturà unà 6 duabus naturis divinà et bumanà, sine mixtione, confusione «ut corruplione, verum ita ut 60 modo quo fuerunt manerent; sicut natura hominis duabus naturis animae et corporis constant, et corpus duabus naturis materiae et formae, ita ut nec anima in corpus mutetur, nec materia in formam, vel e contra. » (Historia Dynastiarum, Oxford, 1663, p. 93.)

Æ COMMENT LE CORPS DE JACQUES BARADÉE FUT ENLEVÉ DU COUVENT DE CASION PAR LES MOINES DE PHESILTHA RÉCIT DE MAR CYRIAQUE

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