‹ Bibliothèque hagiographique orientaleChapitre 79 sur 195 · II. — LES ERMITES SUCCESSEURS D'AUXENCE · texte numérisé non relu

II. — LES ERMITES SUCCESSEURS D'AUXENCE

Sanctifié par la vie d’un homme si en renom, consacré par

(1) ἃ. ScuzuwserGer, Sigillographie bysantine, p. 99.

(2) A. Arexounis, Emioxomxoi χκαταλόγοι, dans le Νεολόγος, n° 6359, 9 octobre 1890.

(3) Les premiers évéques de Chalcédoine, dans les Échos d'Orient, t. LV, p. 109-

(4) H. DELEHAYE, ὁ}. cil., Col. 613, 15.

(3) Lettre 11, 184, dans Micxe, P. (r., τ. XCIX, col, 1569.

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la mort d'un vétéran qui avait donné l'habit anachorétique à tant de disciples répandus dans les alentours, le petit ermitage d'Auxence ne pouvait manquer de trouver un nouvel occupant. Il en fut ainsi : l’ex-scholaire eut un successeur et ce successeur compta lui-même des émules et des héritiers. Parmi ces hôtes du mont Skopa quelques-uns nous sont plus ou moins connus. En dehors de saint Étienne le Jeune qui nous arrètera plus tard (1), les documents byzantins nous signalent Serge, Bendidianos, Grégoire et Jean.

Les documents byzantins auxquels je viens de faire allusion sont tous d'ordre hagiographique. En tête se présente la Vie de saint Étienne le Jeune écrite vers 809 par le diacre Étienne, du clergé de Sainte-Sophie à Constantinople, et publiée par B. de Montfaucon (2) : je la citerai d'après Migne qui l’a reproduite dans sa Patrologie (3). Vient ensuite une autre Vie du même saint dont j'attribuerai volontiers la paternité à quelque Syméon métaphraste : donnée en latin par Surius (4), signalée en grec dans plusieurs manuscrits, par exemple dans le codex sinaïtique 391 (5) et les codices athonites 14 d'Esphigménou, Ὁ de Dokhiar et 116 de Dionysiou (6), M. M. Gédéon l'a rencontrée dans le codex 74 À de Lavra, au mont Athos, et il en a extrait les courts fragments (7) qui seront cités ici sous la rubrique Anonyme D. La même œuvre, subissant deux métaphrases tardives, a successivement paru en grec romaïque dans le Nouveau Paradis d'Agapios Landos (8) et le Grand Synaxariste de K. Doukakis (9) : bien que rien n'autorise à voir dans la publication de ces deux auteurs une Vie distincte de la précédente, je la désignerai, pour plus de clarté, sous la rubrique Anonyme E et la citerai, à moins d'indication contraire, d'après le seul Agapios Landos. À ces deux biographies du

1) Voy. p. 49.

9) Analecla graeca, Ὁ. 396-031.

3) P. G.,t. C, col. 1069-1185.

4) Vitae Sanclorum, ad diem 98. novembris.

D) V. GARDTHAUSEN, Calalogqus codicum graecorum sinailicorum, p. 93. (6) S. Lausros, Catalogue of the greek manuscripls on mount Athos, n° 2027, 2679 et 3650, t. 1, p. 171, 232 et 339.

(8) Νέος παράδεισος, (4. de Venise, 1872, p. 198-215. (9) Μέγας Συναξαριστής, novembre, p. 600-625.

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martyr Étienne, il faut ajouter celle qu'un auteur inconnu, qui sera pour nous l'Anonyme F, a consacrée au saint anachorète Bendidianos : cette pièce git inédite en plusieurs manuscrits, tels que le codex 186 E de Lavra (1) et le codex 593 d'Iviron (2); mais le compilateur du Nouveau Paradis (3), d'après lequel je la citerai, et celui du Grand Synaxariste (4 nous en ont livré le fond habillé en grec vulgaire.

Demandons à ces documents toutes les données quelque peu intéressantes qu'ils peuvent contenir touchant les quatre premiers grands imitateurs connus de saint Auxence au mont Skopa, je veux dire Serge, Bendidianos, Grégoire et Jean.

A. — Serge.

Serge prit la place du maitre dès que celui-ci eut rendu le dernier soupir. En nous le présentant comme le premier successeur d’Auxence, le biographe original de saint Étienne le Jeune nous déclare que l’ermitage hérité du grand anachorète était une grotte (5). Le biographe métaphrastique du même saint parle d'Auxence et de Serge ainsi que de leur demeure dans le même sens (6). On trouve Ia même note dans l'hagiographe anonyme à qui nous devons la Vie de saint Bendidianos (7). C'est, évidemment, que la bicoque de bois charpentée par les moines de Rufinianes en 452 avait disparu de bonne heure. Elle était, nous donne à penser le biographe de Bendidianos (S), dans le voisinage d'un rocher plus ou moins concave. Le χλουδός primitif détruit, ce creux de rocher garda pour lui seul la gloire d’avoir abrité Auxence. On l'agrandit un peu sans doute, on l'aménagea, et la postérité, ignorante de cette légère transformation, attacha le souvenir du saint à la petite grotte où elle voyait les anachorètes se succéder derrière quel-

(9) 5. Lausros, op. cil., no 4713, t. Il, p. 179.

(3) Édition citée, p. 383-386.

(4) Février, p. 18-22.

(9) ÉTIENNE, Vila Sancti Stephani junioris, col. 1088; cf. col. 1089, 1097, 1184, etc. (6) Axoxyue D, p. 28{: AxONYME E, p. 200. .

(7) AxoxYME F, p. 386.

(8) Op. et loc. cit.

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ques planches. Qu'il y ait eu ce petit déplacement, cela parait certain. Déjà, au début du 1x° siècle, le diacre Étienne (1) faisait observer que la position de la grotte ne répondait point tout à fait à la position indiquée pour le χλουθὸς d'Auxence dans Ja Vie de ce dernier.

Serge, présenté seulement comme le disciple de l'ex-scholaire (2), devait être son disciple préféré, son disciple par excellence, car le nombre était assez grand de ceux qui, revêtus du costume anachorétique par le solitaire du mont Skopa, pouvaient se donner à juste titre pour ses fils spirituels. Mais Serge ne survécut pas beaucoup à son maitre. Cinq ans après la mort de ce dernier, son ermitage était libre et passait à Bendidianos.

B. — Bendidianos.

Bendidianos naquit dans ce que l’hagiographe appelle τὴν μεγάλην Μυσίαν (3) d'une famille opulente (4). Peu affectionné aux biens de la terre, il s'en vint, jeune homme, à Constantinople en quête d'un moine qui voulüt bien lui couper les cheveux et le revêtir du froc. Sans retard, la montagne lui fut indiquée où vivait Auxence. Bendidianos s'y rendit, manifesta son désir d'embrasser la vie religieuse à l'insu de sa famille, subit quelques jours d'épreuve et de formation, puis fut établi ermite. Son maitre dans la vie spirituelle, dit l'hagiographe, ne tarda pas à rendre le dernier soupir. Au contraire, d'après la biographie originale d’Auxence (9) et d'après la notice de Bendidianos dans le Ménologe dit basilien (6), le jeune disciple eut le temps de rendre beaucoup de services au saint vieillard.

Quoi qu'il en soit, à la mort d'Auxence, Bendidianos μόνα de sa verlu et de son ascèse. Ainsi, du moins, s'exprime le biographe qui nous sert de guide (7). Car cet hagiographe, pour

(1) Op. cil., col. 1101.

(2) ÉTIENNE, 0p. cil., col. 1088; ANoxYME D, loc. cil. (3) Ἄνονυμε F, p. 383.

(4) AxoxyME F, p. 984.

(9) Mérapxr., 97, col. 1428.

(6) Mine, P. G., ἢ. CXVII, col. 289.

(7) AxXONYME F, p. 384.

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mieux louer son héros, feint d'ignorer le pauvre Serge. Heureusement que les autres documents sont là qui nous aident à rétablir l'exacte vérité. Bendidianos, déclarent-ils en termes exprès, ne vint qu'au troisième rang (1) dans la dynastie d'anachorètes fondée par le scholaire de Théodose IT. Aussi bien, le biographe de Bendidianos le confesse-t-il à moitié. Son saint, même d'après lui, resta durant cinq ans après la mort d'Auxence dans une toute petite cellule construite sur le flanc de la montagne, un peu au-dessous du saint ermitage. Pourquoi cette attente de cinq longues années complètes, sinon parce qu'un autre disciple plus avantagé occupait déjà la retraite du maitre ?

Le successeur de Serge survécut à Serge quarante-deux ans (2). Durant cette longue période, les vocations religieuses continuèrent à fleurir sur la montagne, tant et si bien que finalement le pieux solitaire se trouva diriger toute une légion de disciples. Ceux-ci vécurent, au moins dans les débuts, dispersés de droite et de gauche, comme au temps d'Auxence. En vinrent-ils dans la suite à former une communauté? La présence parmi eux d'un ecclésiarque, la mention d'une église conventuelle et d'un monastère (3) tendraient à le prouver. Par contre, comme nous le verrons plus tard, les documents relatifs à saint Étienne le Jeune nous défendent, en ce qui regarde les hommes, d'introduire la vie cénobitique au mont d'Auxence avant le milieu du vin siècle. Auquel s'en rapporter de ces témoignages contradictoires? Peut-être que le biographe de Bendidianos, lequel est sans mérite et me parait tardif, n'a pas bien saisi la nature du groupement de disciples opéré autour de son héros. Peut-être aussi, mais cette hypothèse offre moins de probabilité, qu'Agapios Landos, le métaphraseur de la biographie, n’a pas toujours suffisamment pesé la valeur des termes qu'il employait. En tout état de cause, soyons sages : évitons de résoudre le problème tant que nous feront défaut les éléments de la solution.

Qu'il eût des cénobites autour de lui ou qu'il eût des ermites, Bendidianos personnellement n'en mena pas moins la vie ana-

(1) ÉTIENNE, 0p. cit, col. 1088; AxonvuE D, p. 284; ANONYME E, p. 200.

(2) Ανοόνυμε EF, p. 386.

(3) AxoNYME F, p. 385.

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chorétique, et cela jusqu'à la fin de ses jours. Il la mena telle qu'il convenait à un fils spirituel d'Auxence. D'accord avec son biographe, les biographes de saint Étienne le Jeune proclament très haut ses mérites. Le diacre de Sainte-Sophie le présente comme un thaumaturge en qui resplendissait l’éclat de toutes les vertus (1). L'auteur métaphrastique le qualifie d'un mot, θαυμάσιος (2). Et l'Église a sanctionné ces éloges en fêtant sa mémoire au 1° février.

C'est ce jour-là, entre les années 510 et 520, que Bendidianos fut enseveli sur le théâtre de ses exploits ascétiques. Il faisait froid, la neige tombée en abondance couvrait le sol : quelques moines seuls purent venir des environs assister aux funérailles du serviteur de Dieu et prendre part au deuil de ses disciples. Ceux-ci, quelque temps auparavant, s'étaient réunis autour de leur maitre pour l'entendre prècher la nécessité de la foi, de la charité fraternelle et de l’aumône, puis, ils l'avaient vu condanner de l'intérieur l'unique ouverture de son ermitage. Chaque jour depuis, et plusieurs fois par jour, ils étaient venus lui adresser de pressants appels, sans jamais recevoir de réponse. Le 1" février, enfin, ils avaient osé forcer l'entrée de sa retraite, et lui, à genoux, leur était apparu dans l'attitude de la prière, ne vivant plus (3).

Avant de mourir, Bendidianos avait fourni de nombreux renseignements à l'écrivain qui devait, quelques années plus tard, composer cette Vie de saint Auxence dont nous retrouvons la transcription à peu près textuelle dans le recueil métaphrastique. L'auteur en question, pour donner plus de poids à son récit, déclare que son informateur ἃ connu le saint. « Celui-là, dit-il (4), celui qui nous ἃ renseigné parlait une langue barbare en sa qualité de Mysien, mais il était d’un caractère infiniment vénérable, ayant vécu auprès du bienheureux Auxence. Il n'usait ni de vin, ni d'huile, ni de mets cuits, ni de fruits; du pain, de l'eau, des graines crues lui suffisaient, et encore n’en prenait-il jamais à sa faim, jamais à sa soif. Il passait presque toute la nuit en prière; le jour, il travaillait des mains façon-

(10 ÉmENNE, 0p. cit., col. 1088.

(2) AxoNYME C, p. 284.

(3) ANONYME E, p. 980.

(4) Sym. MÉTAPHR., 97, 00]. 1128.

MONT SAINT-AUXENCE. oi

nant de charmantes petites croix (1) destinées à être distribuées en souvenir aux chrétiens qui montaient le visiter. » Pour terminer, l'hagiographe ajoute que cet anachorète « avait recueilli, après la mort d'Auxence, la double succession de ses mœurs et de son ermitage ». Et voilà des renseignements contemporains qui ne le cèdent pas en intérêt aux phrases plutôt vides du biographe de Bendidianos.

Ces renseignements, il faut le dire en passant, le bollandiste G. Henschen (2) les a entendus de Serge, premier successeur d'Auxence. M. M. Gédéon (3), qui d'ailleurs ne connaissait point ce passage du bollandiste, les a au contraire appliqués à Bendidianos. Entre ces deux opinions, on n'éprouve aucune peine à se décider pour la dernière. Serge n'ayant pas survécu plus de cinq ans à son maitre, quiconque aurait pu consulter Serge aurait pu consulter plusieurs autres témoins oculaires de la vie d'Auxence, et le biographe de ce dernier, si préoccupé d’appuyer la véracité de son écrit, n'aurait pas manqué d'en appeler à eux. De plus, l'informateur de ce biographe était ἐχ τῆς Μυσίας ἑρμώμενος (4), et, précisément, Bendidianos ἐγεννήθη εἰς τὴν μεγάλην Μυσίαν (5). Ajoutez, en outre, que la notice du Ménologe basilien (6) et celle du Synaxaire de Sirmond (7), très certainement basées sur une source différente de la Vie que nous possédons, disent en toutes lettres : « Bendidianos, sachant qu'il allait mourir, raconta la vie de saint Auxence à l'écrivain qui devait composer cette Vie. »

Je ne puis terminer ces lignes sur le troisième grand anachorète du mont Skopa sans faire observer que son nom, connu sous différentes formes, ne se trouve nulle part, que je sache, imprimé sous la forme Bendidianos que nous lui donnons. Le ménologe dit de Basile porte Βενδιμιανός (8); la Vie originale de

(1) L'auteur indique la matière dont les croix étaient faites. Le texte grec que j'ai sousles yeux, celui de Migne, porte x χρατίων, évidemment pour ἐκ χερατίων, et la traduction latine des Bénédictins ex siliquis. S'agit-il de corne où de caroubier?

(2) Acta Sanclorum februarii, t. 11, p. 770.

(4) Mérapur., 57, col. 1428.

(9) ANONYME F, p. 383.

(6) Micxr, P. G., τ. CXVII, col. 289.

(7) H. DELEHAYE, ὁ}. cit, col. 438, 34.

(8) Loc. cit.

ϑὃ MONT SAINT-AUXENCE.

saint Étienne le Jeune, Βενδημιανός (1); le Nouveau Paradis, Βενδεμιανός (2) et Βενδιμιανός (3); le Grand Synaxariste, Βενδὴημιανός (4), Βενδεμιανός (5) et BevStuavés (6); tous les autres livres hagiographiques ou liturgiques grecs, ceux du moins que j'ai sous les yeux, reproduisent unanimement l’une de ces formes, à l'exception toutefois d'un Synaxaire du χα" siècle qui porte Βενδιανός (7) et du Synaxaire de Sirmond qui donne B:»δινιανός (8). Seul, dans son Héortologe byzantin, M. M. Gédéon écrit Βενδεδιανός, avec un à à la troisième syllabe, parce que c’est là, dit-il (9), l'orthographe fournie par deux codices athonites. Et ces deux codices, ajouterai-je, ont peut-être raison, ou peu s'en faut. Il suffit en effet, pour mettre leur témoignage d’accord avec la philologie et la linguistique, d'adopter la forme B:»διδειανός Où Βενδιδιανός.

C'est que, devant un nom propre gréco-barbare commençant par Be, " est impossible de ne pas reporter sa pensée sur la déesse Βενδῖς, l'Artémis ou Diane thrace, dont le nom également prononcé Μενδῖς, s'est déjà retrouvé plusieurs fois dans l'onomastique de la région. Nous devons, en effet, à l'épigraphie de connaitre des hommes et des femmes tels que M:y3ïs (10), Μενδίδωρος (11), Μενδὰς (12) et Βενδίδωρα (18). Le nom de notre saint, venu ἐχ τῆς Musizs, a Certainement la même origine. Seulement, au lieu d'être le nom même de la déesse ou d'en descendre par composition comme les quatre exemples ci-dessus, ilen dérive indirectement par l'intermédiaire de βενξίδειον ou de βενϑδίϑεια.

(1) ÉTIENNE, 0p. et loc. cit.

(2) Νέος Παράδεισος, édition citée, p. 583.

(3) Page 200.

(1) Novembre, p. 605.

(9) Février, p. 18.

(6) Zbid.

(7) Η. DELEHAYE, 5p. cil., p. vins col. 437, 44 et 47.

(S) H. DELEHAYE, ὁ}. cit, col. 458, 24.

(9) Βυζαντινὸν ἑορτολόγιον, p. 67 et 185.

10) J. MorpTMAxN, Ἐπιγραφαὶ τῆς Θεσσαλονίχης dans 1 Ελληνιχὸς φιλολογιχὸς σύλλογος, supplément au t. XIII (1881), p. 37 et 98,

(11) Corrigé à tort en Βενδίδωγος par Boekh, C/G., n° 2034, t. IT, p. 70. P. Derier et A. MOoRDTMANN, Æpigraphik von Bysantion und Constantinopolis, dans les Denkschriften der kaïserl. Acad. der Wissensch., philos.-histor. Classe, t. XIII, Vienne, 1854, part. II, p. 92.

(12) J. MorDraanx, ὁ}. et loc. cit.: M. GÉDÉON, "Eyypagor λίθοι καὶ χεράμια, p. 125-

(13) CIG., n° 496, t. I, p. 474.

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Un βενδίδειον, nul ne l'ignore, était un temple de Bendis et les {Deux étaient sa fête. De ces deux mots, le plus souvent écrits (roy et βενδίδια, découle comme de lui-même B:vè δειανός OU, avec la re vulgaire, Πενδιδιανός. Comment, au contraire, dériver les autres formes? Et voilà, je crois, notre préférence pour Bendidianos suffisamment justifiée.

Ainsi établi, le nom propre de l’anachorète va nous aider à déterminer quelle fut sa patrie. Car sa patrie, non plus, n'est pas connue bien au juste. Le mot grec Μυσίχ s'applique tout ensemble à deux provinces, l’une européenne, la Mésie, l’autre asiatique, la Mysie : pour laquelle des deux nous faut-il prononcer”? Plutôt, je crois, pour celle d'Europe, bien que l’expression ἡ μεγάλη Μυσία, qu'emploie le biographe de notre saint, ait officiellement désigné, à une certaine époque, une des parties de la Musiz d'Asie. Voici, d’ailleurs, les raisons de cette préférence. D'abord la phrase déjà citée où il est dit que Bendidianos parlait un langage barbare du fait de son pays d'origine : τὴ ἡλώττῃ μὲν βάρόαρος ὑπῆρχεν Ex τῆς Μυσίας ὁρμώμενος, cette phrase, dis-je, se comprend aisément de la Mésie, que la civilisation gréco-romaine avait à peine entamée; mais comment Ja comprendre aussi bien de la Mysie, surtout de la Grande Mysie, où le flambeau des lettres grecques s'était allumé de si bonne heure pour y briller, grâce à Pergame, d'un éclat si vif? En second lieu, le nom même de Bendidianos, emprunté à la déesse thrace Bendis, parait moins convenir à un Mysien, à un homme né relativement assez loin de la Thrace, tandis qu'il est tout naturel de le faire porter par un Mésien, par un homme né dans un pays limitrophe de cette province.

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