‹ Bibliothèque hagiographique orientaleChapitre 87 sur 195 · X. — MONASTÈRE SAINT-MICHEL ARCHANGE · texte numérisé non relu

X. — MONASTÈRE SAINT-MICHEL ARCHANGE

Tout à l'heure, à propos du grand-duc Alexis Paléologue et de son œuvre au mont Saint-Auxence, nous avons dit nos incertitudes sur le vocable du monastère qu'il restaura. Couvent des Saints-Apôtres ou couvent de Saint-Michel Archange, une chose certaine c'est que cette maison réclamait de nouvelles réparations dès le règne de Michel VIIT. Andronic Paléologue, gendre du restaurateur, s'y était intéressé dans le second quart du siècle. Cela, du moins, parait ressortir des deux vers :

où Michel VIIT met son père sur le même pied que son aïeul maternel. Mais Andronic, obligé d'agir à distance, n'avait pu neutraliser l’action dissolvante du temps et des troubles politiques alors si nombreux. D'ailleurs, il était mort, à peine âgé de quarante-deux ans, dès 1245. Empereur, maître de Constantinople, Michel Paléologue ne manqua point de continuer les traditions de sa famille, et un jour à tous ses autres titres de gloire il put ajouter celui de nouveau fondateur du couvent auxentien.

A quelle date Michel VII restaura-t-il ainsi le couvent Saint- Michel? M. M. Gédéon (3), suivi en cela par M. A. Dmitrievski (4), estime que ce fut en 1280. Pourquoi? Parce que,

(1) CANTACUZÈNE, 0p. et loc. cil. Cette mention d’un second maitre spirituel pendant huit ans ne cadre guère, il est vrai, avec le récit de Philothée, op. cit, col. 967 et 568.

(2) Op. cit., col. 567.

(3) Τυπιχό», p. 14 et 10: Βυζαντινὸν ἑορτολόγιον, p. 120 et 188,

(4) A. Durrrievkts, Opisanie liturgitcheskikh rukopiséi,t. 1, Kiev, 1895, p. xeix.

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dit-il, on trouve Michel Paléologue campé au pied de la colline en juin 1280 et qu'on l'y retrouve en juin 1281 célébrant la fête des saints Apôtres ἐν τῇ μονὴ τοῦ ἀρχιστρατήγου. La démonstration, vous l'avouerez, n'a rien ni de pressant ni de rig'oureux.

Et d'abord c'est en 1281, nullement en 1280, que Georges Pachymère nous parle pour la première fois du mont Saint- Auxence. Il nous y montre Michel Paléologue recevant, au mois de Juin, l'ex-patriarche Joseph (1), et, le 12 juillet, le patriarche Jean Veccos (2). La seconde mention de notre colline se réfère de même à 1282, point du tout à 1281, et, de plus, le basileus dont il y est question est Andronic II, associé à l’empire, point du tout Michel VII. En revenant de Nicée à Constantinople, nous dit l'historien (3), Veccos apprend que le jeune empereur ἃ sa tente plantée au pied du mont Saint-Auxence. Aussitôt il incline à droite, va le trouver, converse avec lui et ne le quitte qu'après avoir fêté les saints Apôtres, le 29 juin, au monastère de l’Archistratège.

Telles sont les dates exactes, tels les faits. Maintenant, quelle conciusion chronologique s'en dégage-t-il? Simplement ceci que le couvent Saint-Michel existait le 29 juin 1282. Quant à vouloir avec ces seules données assigner sa restauration à une date précise, cela ne se peut.

D'autres considérations, il est vrai, nous permettent de ne pas laisser la date de cet événement flotter entre 1261, qui vit Constantinople revenir aux Grecs, et 1282, qui vit succomber Michel VII. D'une part, lors de son installation à Byzance, l'empereur eut vraisemblablement assez de besogne sur les bras dans sa capitale délabrée sans entreprendre si vite la reconstruction d'un monastère bithynien. D'autre part, telle page des constitutions conventuelles rédigées par le restaurateur (4), comme aussi tels vers du petit poème dédicatoire y annexé (5), nous déclarent que les travaux du basileus sur la montagne eurent lieu après que celui-ci eut écrasé toutes sortes d'enne-

(1) De Michaele Palaeologo, vi, 22, Micxe, P. G.,t. CXLIN, col. 935. (2) Op. cit., 24, col. 945.

(3) Op. cit., 28, col. 964.

(4) Typikon, p. 19.

(9) P. PAPAGEORGIOU, 0p. cil., Byzantinische Zeitschrift, t. NII, p. 676.

ane tonte νον

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mis, Latins, Bulgares, Turcs, d’autres encore, et ceci nous reporte bien à la dernière moitié du règne.

A son couvent Michel VIII ne se contenta pas d'entasser des pierres. Il voulut, comme il était d'usage alors, compléter son œuvre en accompagnant les constructions matérielles d’une règle spéciale ou typikon. Ce monument, précieux à tous égards, ne nous a pas été conservé, ou du moins n'a pas été retrouvé tout entier (1). Il se divise en chapitres de longueur variable. Les premiers sont annoncés par un titre en prose et par deux vers iambiques trimètres, les autres par les deux vers seulement. Le manuscrit s'arrète net sur le distique du dix-septième. Voici, faute de mieux, le rapide résumé de la partie parvenue jusqu'à nous.

Le premier chapitre est un prologue où l'impérial auteur, après avoir chanté la munificence de Dieu à son égard, déclare qu'il ἃ restauré le monastère Saint-Michel en action de grâce.

Dans le chapitre 11 il proclame le monastère libre et porte défense à qui que ce soit de lui imposer la moindre servitude pécuniaire ou autre. Chaque année, toutefois, les moines devront offrir au métropolite de Chalcédoine trois kaniskia valant un hyperpyre chacun et trois livres de cire.

Le chapitre πὶ indique la manière de procéder à la nomination de l'higoumène. L'higoumène est nommé par voie d'élection et cette élection est dévolue à la communauté entière. S'il y a partage égal des votes entre les candidats ou mésintelligence complète parmi les votants, c'est l'empereur qui tranche la difficulté ou rétablit l'accord en désignant lui-même l'homme de son choix. Présent à Constantinople, l'empereur se prononcera de vive voix; absent, il le fera par lettre. Comme qu'il soit nommé, le nouveau supérieur recevra l'investiture impériale du double bâton higouménal; puis, il sera promu ecclésiasti-

(1) Publié la même année par M. Gédéon, Τυπικόν, p. 17-57 et par Δ. Dmitrievkij, op. cil., p. 769-795. L'édition de M. M. Gédéon ἃ été l’objet d’un compte rendu par A. Dmitrievskij, Visantiskij Vremennik, τ. I, p. 150-154, ainsi que par Ph. Meyer, Byzantinische Zeistchrift, t. V, p. 616, et l’objet de corrections philologiques par P. Papageorgiou, Zum Typikon des Michael Palaeologos, dans la Byzantinische Zeilschrift, t. X, p. 530-539; par A. Papadopoulos-Kérameus, Περὶ τοῦ τυπιχοῦ τῆς μονῆς Αὐξεντίου, dans ᾿᾿ Εχχλησιαστικὴ ᾿Αλήθεια, t. XX, p. 294-298: par P. Papageorgiou de nouveau, Χειρόγραφα χαὶ διορθώσεις, dans 1 ᾿Εχχλησιαστιχὴ ᾿Αλήθεια, t. XXI, p. 294-296 et 349-390.

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quement à sa dignité par le métropolite de Chalcédoine. Est requis chez l'higoumène le caractère sacerdotal. Michel VIIT prescrit aux frères de choisir toujours de préférence un des leurs, sans toutefois l’imposer absolument.

Avec les chapitres iv et v, nous heurtons contre de longues pages parénétiques adressées les unes à l'higoumène et les autres aux moines, pages remplies de recommandations fort louables et d'excellents conseils, mais pas autrement intéressantes pour la connaissance de l’époque ou l’histoire des institutions. Contentons-nous d'y relever ce détail : Si l'higoumène dévie de la voie droite, les frères les plus marquants auront à le rappeler au devoir et, en cas d’insuccès dans cette démarche, à prévenir l’empereur qui réglera la situation.

Le chapitre vi fixe le nombre des caloyers au maximum de quarante et les divise en deux catégories bien tranchées : seize religieux de chœur d'une part, et vingt-quatre frères convers d'autre part. À ceux-ci, les travaux manuels, la garde des troupeaux, la culture des terres, et toutes autres besognes de même nature qui se présentent à l’intérieur ou à l'extérieur et qui sont à faire soit en groupe, soit en particulier, conformément aux ordres de l'higoumène, aux besoins du moment et aux aptitudes d’un chacun. Aux religieux de chœur, le soin de chanter l'office divin, de pourvoir au culte liturgique, d'entretenir en un mot la vie de l'église conventuelle, sans préjudice, d’ailleurs, des occupations matérielles qui peuvent, le cas échéant, être commandées par le supérieur.

Il est question au chapitre ὙΠ des aides que l’higoumène doit se donner pour assurer la bonne marche de sa maison. En tête de ces officiers monastiques figurent l’économe, l’ecclésiarque, le dépensier, le cellerier et le sommelier. — L'économe étend sa juridiction sur tout le matériel du couvent, sur tous les biens meubles et immeubles. Il inspecte les propriétés et s'efforce d'augmenter les revenus. Il surveille agriculteurs et viticulteurs, bouviers et pâätres. Il désigne, d'accord avec l'higoumène, des moines ou des laïques irréprochables comme régisseurs des biens-fonds. — Incombe à l’ecclésiarque la direction du chœur, la direction des cérémonies et des chants. Donner ou faire donner le signal des offices nocturnes et diurnes, diriger la psalmodie, l'activer si trop lente, la modérer si trop

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rapide, telle est sa fonction. — Le dépensier ἃ pour mission de réunir les provisions nécessaires au couvent. Ainsi, par exemple, fournit-il aux moines artisans la matière première de leurs travaux, sauf ensuite à recevoir d'eux les objets manufacturés. Lingerie et vestiaire sont de sa compétence. Qu'il soit en mesure de remettre à chaque frère un costume monastique et deux chemises par an, un gilet et un manteau tous les deux ans; mais qu'il ne livre rien avant que les vieux effets correspondants n'aient fait retour entre ses mains. Ces hardes seront données en aumône aux pauvres ou bien même, par permission spéciale de l'higoumène, attribuées à ceux des frères chez qui des travaux plus pénibles entrainent une usure de vêtements plus rapide. Le dépensier, ce grand distributeur, n'aura jamais, du moins, à distribuer de l'argent dans la communauté : l'usage du pécule est un abus que Michel VIIT réprouve de toutes ses forces et qu'il proscrit à jamais de son monastère. — Avec le cellerier, nous avons devant nous le pourvoyeur du réfectoire. Il dispose les portions de pain et les rations de vin sur la table, servant la même quantité et la même qualité à tous. Il distribue de même les mets cuits et les mets crus en conformité avec le règlement du jour, sans favoriser qui que ce soit, à moins d'une dispense dûment accordée pour cause de maladie. — Le soin des provisions de bouche reste au sommelier. Responsable du blé, du vin, de l'huile et de toutes les espèces comestibles, le sommelier prévoit la quantité nécessaire au couvent, se la procure et veille à la bonne conservation du tout. A lui s'adressent, le moment venu, le cellerier et le boulanger et, sans doute aussi, le cuisinier. — Telles sont les cinq grandes fonctions du couvent, fonctions que leurs titulaires gardent jusqu'à la mort, à moins qu'ils ne soient investis d'une charge plus haute ou que leur mauvaise conduite ne force à les casser. Quant aux bas emplois, comme cuisine, boulangerie, conciergerie, jardins et champs, les frères s'y succéderont à tour de rôle, afin que le même poids ne pèse pas toujours sur les mêmes épaules.

Le chapitre vur indique le typikon liturgique à suivre dans le couvent. Michel VIII impose celui des monastères palestiniens, autrement dit de Saint-Sabas. Toutefois, il y introduit une exception : pour ne pas écraser ses auxentiens, il les dis-

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pense de passer la nuit du samedi au dimanche tout entière à l'église.

La question financière emplit le chapitre 1x. Toucher les revenus etsolder les dépenses sont choses réservées à l'higoumène. Mais, comme on ne saurait abandonner le maniement de l'argent aux mains d'un seul sans courir des risques ou tout au moins provoquer des soupçons, l'higoumène est tenu de n'ouvrir la caisse, pour les entrées comme pour les sorties, qu'en présence de l'économe, de l'ecclésiarque et du dépensier ou, à leur défaut, de trois autres frères marquants. Il est tenu, en outre, de rendre compte de sa gestion chaque mois dans un conseil où prennent part, en dehors des trois témoins précités, tous les moines ecclésiastiques, c'est-à-dire tous les religieux de chœur. Par ailleurs, Michel VIIT prescrit de ne pas accumuler de richesses. Au bout de chaque année, dit-il, que l'argent de reste soit consacré à de bonnes œuvres, au rachat de captifs, au soutien d'orphelins, à la dotation de jeunes filles.

Le chapitre x réglemente le régime alimentaire des moines. Il le réglemente pour ainsi dire d’un mot en déclarant que le typikon de Saint-Michel doit être au réfectoire comme à l’église celui de Jérusalem. Ordre est donné de le suivre dans tous ses détails, les jours ordinaires comme le samedi et le dimanche, aux fêtes de Notre-Seigneur comme à celles de la sainte Vierge et des saints. Le repas s’assaisonnera de lecture. Au sortir de table, c'est en silence que chacun se rendra là où il doit aller, dans sa cellule, à son atelier, à son travail.

Ermitages et ermites, tel est le titre du chapitre x1. Le restaurateur y impose à son couvent de vêtir et de chausser les hésychastes établis au mont Saint-Auxence. Le nombre de ces derniers n’est point indiqué. M. Ph. Meyer ἃ voulu le fixer à

deux et M. P. Papageorgiou à dix, en remplaçant le διὸ δὲ χα de l'édition Gédéon (1), l'un par δύο δὲ χαὶ (2), l’autre par à 2442 (3); mais les deux manuscrits connus, copie l’un de l’autre,

portent tous deux, au témoignage de M. A. Dmitrievski (4)

(1) Typikon, p. 43. (2) Byzantinische Zeitschrift, t. NV, p. 606. (3) Byzantinische Zeitschrift, t. X, p. 532.

(4) Op. CLS Ῥ. 186.

td. -

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et de M. A. Papadopoulos-Kérameus (1), > δὴ xx. Ce que l’on peut dire, d'après la teneur du chapitre, c'est qu'il y avait plus d'une paire d’ermitages. Ce que l’on peut dire aussi, c'est que le chiffre total des ermitages était fixé dans le texte primitif, car, ce total permis par lui, l'empereur autorise l'higoumène à l’augmenter, si les ressources du couvent deviennent plus considérables.

Deux questions différentes se partagent le chapitre x. La première a trait au recrutement des moines : un postulat de six mois passés à servir la communauté est requis de tout laïque sollicitant l'habit religieux. La seconde se réfère à la présence des femmes dans l'enceinte du couvent : seules y peuvent mettre les pieds, et encore à condition d'en sortir le jour même, les princesses de la famille impériale.

Le chapitre ΧΠῚ s'occupe des morts. C'est ici que Michel Paléologue mentionne les quatre ascendants dont nous avons déjà parlé : 1° son grand-père, le grand-duc Alexis, moine Antoine à la mort; 2° sa grand'mère Irène Comnène, nonne Eugénie plus tard ; 3° son père, le grand domestique Andronic, moine Arsène à l'agonie; 4° sa mère Théodora Comnène, nonne Théodosie ultérieurement. Pour ces quatre défunts, le nouveau restaurateur réclame, en dehors des commémoraisons quotidiennes ordinaires, un service très solennel à célébrer le 9 novembre, lendemain de la fête de saint Michel archange. Ce jour-là, une somme de quarante hyperpyres sera consacrée au luminaire de l'église, à l’extra du réfectoire et aux aumônes de la conciergerie. — Non contents de prier pour les âmes de leurs bienfaiteurs, les moines devront prier aussi pour celles de leurs frères défunts. Chaque trépassé aura son triple service du troisième, du neuvième et du quarantième Jour, avec des colybes et le canon des morts la veille au soir, encore des colybes et la messe le matin même. Sur des diptyques à deux exemplaires, dont l'un déposé à la bibliothèque et l'autre confié à l’ecclésiarque, seront inscrits, sur l'ordre du seul higoumène, les noms des moines et autres personnes à commémorer, On pourra prier dans le monastère pour une femme défunte, mais jamais l'y ensevelir. Et afin que ces dispositions ne tombent point dans

(1) ᾿Εχχλησιαστιχὴ ᾿Αλήθεια, t. XX, p. 296.

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l'oubli, Michel VIIT ordonne la lecture de son typikon douze fois par an, lecture publique, au réfectoire, le 9 pour le mois de novembre et le 1° pour les autres mois.

Au chapitre χιν, il est question des fêtes patronales du monastère. La principale, celle du 8 novembre, sera précédée d'une grande veille et célébrée avec tout l'éclat possible tant à l'église qu'au réfectoire. On y invitera des moines et des chantres étrangers; on y fera de larges distributions aux pauvres. A la fête secondaire du 6 septembre, anniversaire du miracle de saint Michel à Khônes, prendront part les ermites dépendant du monastère. L'empereur fixe les frais de ces deux solenunités : il affecte cinquante hyperpyres à la première et douze à la seconde.

Le chapitre xv s'adresse aux futurs empereurs de Byzance. Michel VII les y adjure de respecter son œuvre. Il déclare, comme dans le prologue, qu'il a relevé le monastère Saint-Michel pour reconnaitre les immenses bienfaits de Dieu, et, comme dans le prologue, il résume sa carrière à grands traits, passant d'une main particulièrement légère sur les circonstances de son élévation au trône.

Après avoir longuement admonesté les princes à venir, Michel Paléologue se tourne, dans le chapitre xvr, vers les patriarches. C'est pour les supplier de s'intéresser personnellement à la prospérité du monastère et d'y intéresser les empereurs.

Du chapitre χη, je l'ai dit, il ne nous reste que le distique initial, où nous voyons annoncée l’'énumération des propriétés conventuelles. Ces propriétés, s'il faut en croire un autre passage du typikon (1), et on peut l'en croire sans peine, ces propriétés n'atteignaient en rien aux dimensions des immenses latifundia que d'autres fondateurs ou restaurateurs impériaux constituaient en faveur de leurs couvents favoris; mais elles n'étaient sûrement pas sans une certaine hmportance et nous ne saurions assez regretter de ne point les connaître par leurs noms.

Voilà, brièvement résumé, le typikon du Paléologue. S'il nous apparait un peu désordonné dans sa marche et un peu diffus, il n’en suffit pas moins à nous donner la vision lointaine

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du genre de vie suivi par les Auxentiens de Saint-Michel au dernier quart du xui° siècle.

Pourquoi faut-il que, relativement si bien connu dans sa constitution intime, le monastère de Michel VIIT n'ait laissé aucune trace de son histoire externe dans les monuments byzantins? Les éditeurs de sa règle n’ont su apporter le moindre texte qui permette de le suivre dans la suite des temps. C'est à peine si, plus heureux qu'eux, j'en trouve une modeste mention à la première année d'Andronic, fils et successeur de Michel.

C'était durant la dernière quinzaine d'avril 1283; Georges de Chypre, sacré patriarche sous le nom de Grégoire le 11 de ce mois, présidait un synode aux Blakhernes, jetant l'anathème et l'outrage à tous les partisans de Veccos, à tous ceux qui, durant le règne précédent, s'étaient montrés favorables à la cause de l'union. Le métropolite de Serrès, mandé par-devant le concile, y fut traité de manière ignoble. Et Georges le méτι παραπλήσιον nai τις ἄλλος ἐν τοῖς τὸν μονήρη βίον ἀνελομένοις ἐπίσημος" ἀρχιμανδρίτην τοῦτον ἣ χατὰ

τ ᾿ 5 ͵ a , AVALTOIQLAT περιωνυμος μάνδρα ἐπλούτησεν, ΟΥΥ. ©

Nous avons ici devant nous, évidemment, le supérieur du couvent Saint-Michel. D’après le mot περιώνυμος venant après Δὐξεντίου, le monastère de notre archimandrite serait plutôt, il est vrai, le monastère Saint-Auxence; mais le mot ἀναχτοριχή, en nous rappelant l'œuvre récente de Michel VIIT, nous ramène presque obligatoirement au monastère Saint-Michel. Celui-ci était alors sans contredit le principal établissement monastique de l'endroit; il ne devait avoir aucune peine à recevoir dans l'usage courant le nom même de la colline. D'ailleurs, la maison Jadis placée sous le patronage de l’ex-scholaire n'existait sans doute plus; c'est lui qui la remplaçait à la tête du groupe auxentien et qui, peut-être même, occupait son emplacement au sommet du mont.

Quoi qu'il en soit de ce dernier point, les attaches et les sentinments unionistes de notre archimandrite s'ajoutent à la con-

(1) Historia dogmatica, 1, 77, A. Mar, Nova Palrum bibliotheca, τ. VUI, part. If, pag. 102.

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sidération précédente pour nous faire saluer en lui l'higoumène du couvent michaélien. Il est très naturel en effet que, pour diriger un couvent si aimé de son cœur, Michel VIIT, ce très peu désintéressé mais très ardent partisan de l'union avec Rome, ait choisi un homme imbu des mêmes idées et pénétré des mêmes désirs. À ne pas changer avec le changement de maître, à défendre ses opinions devant le concile convoqué par Andronic IH, cet homme gagna d'abord force outrages, puis, comme il entendait poursuivre son discours, force mauvais traitements et force blessures. Il n’est point dit qu'il ne serait pas mort sous les coups, sans l'intervention de quelques personnages honteux que pareille scène de brutalité se produisit dans une assemblée ecclésiastique.

L'histoire si courte du monastère Saint-Michel se clôt pour nous sur cet événement. De douze à quinze années plus tard, une lettre de Maxime Planude nous signale un autre couvent auxentien, celui des Cinq-Saints.

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