‹ Bibliothèque hagiographique orientaleChapitre 96 sur 195 · II. — OFFICE INÉDIT DE SAINT JEAN LE PALÉOLAURITE · texte numérisé non relu

II. — OFFICE INÉDIT DE SAINT JEAN LE PALÉOLAURITE

1 ἀχολουθία inédite de saint Jean le Paléolaurite, dont on trouvera le texte ci-après, est extraite de deux manuscrits appartenant autrefois au monastère de Saint-Sabbas et conservés aujourd'hui à la bibliothèque du patriarcat grec de Jérusalem. Le premier, cod. Sab. 71, qui semble être du χα" siècle, contient le μηναῖον de juin, de juillet et d'août : c'est lui que je désigne par A. Le second, cod. Sab. 72, du xn° siècle, contient le μνηναῖον d'avril, mai, juin et juillet; je le désigne par B (1).

Les deux manuscrits sont indépendants l’un de l’autre : A indique Jean comme fêté le 20 juillet, B le place au 19 avril (2). Tous deux contiennent un χάθισμια, trois στιχηρὰ et Un χανών ; mais les quatre premières pièces sont absolument différentes dans les deux recueils ; seul, le canon est le même de part et d'autre. Cependant À y ἃ omis par erreur le 4 tropaire de la 1“ ode; le 2° tropaire de la 6° ode diffère d'un codex à l’autre: le texte de B est ici d’une littérature moins banale.

B attribue le canon à Théophane, saint Théophane Graptos, le célèbre hymnographe hiérosolymitain, + 845 (3). Le kathisma et les stichères de À sont sans doute aussi de lui; ceux de B peuvent être l’œuvre du correcteur qui a modifié plusieurs passages du canon.

Ce canon est du 4° ton, sur l'acrostiche : ᾿Επὶ ξένης θανόντα σε 20070, πάτερ; il n'a jamais eu de deuxième ode. Tous les εἱρμοὶ sont empruntés au canon de saint Jean Damascène : Θαλάσσης τὸ ἐρυθραῖον πέλαγος (4), sauf 1᾿ εἵρμος de la 4° ode : Δι᾿ ἀγάπησιν, οἰχτίρυιον. Chose plus curieuse, le théotokion de la 3° ode est copié mot pour mot du canon type.

Si maintenant nous examinons le canon de l'office de saint

(1) On peut voir la description de ces deux manuscrits dans A. Papadopoulos- Kerameus, Ἱεροσολυμιτιχὴ βιδλιοθήχη, t. II, Pétersbourg, 1894, p. 128, 131.

(2) M. A. P.-Kerameus, ἐδ... p. 130, indique le 17 avril, ce qui parait être une coquille.

(3) Sur ce saint, cf. S. Vailhé, Saint Michel le syncelle et les deux frères Grapti, saint Théodore et saint Théophane dans la Revue de l'Orient chrétien, t. VI, p. 313 seq., 610 seq.

(4) Παραχλητιχή, édit. Venise, 1897, p. 167.

Chariton au 28 septembre, nous voyons que ce canon présente la même structure que notre canon à saint Jean le Paléolaurite (1). Il n'a pas d'acrostiche cependant. Mais ses sipuoi sont empruntés au canon damascénien : Θαλάσσης τὸ ἐρυθραῖον, à l'exception de l’siouès de la 4° ode qui est : Δι᾿ ἀγάπησιν, οἰχτίρμον ; et en outre, par une coïncidence qui ne saurait plus être l'effet du hasard, le théotokion de la 5° ode reproduit à une syllabe près le théotokion correspondant du canon primitif.

Il appert de là que Théophane, dans son canon pour saint Jean le Paléolaurite, a imité le canon de saint Chariton, le fondateur et le patron de la Vieille Laure. Or à ce dernier canon la tradition donne pour auteur Théophane ou Jean le Moine : Ποίημα Θεοφάνους, οἱ δὲ, Ἰωάννου μοναχοῦ. Je croirais volontiers que l'attribution à Jean le Moine est la plus vraisemblable : en dehors du canon, en effet, un seul tropaire, le doxastikon des stichères de vêpres (2), porte un nom d'auteur, et ce nom est justement celui de Jean le Moine.

Ceci admis, je me demande si ce moine Jean ne serait pas notre Paléolaurite. Je sais bien qu'on a attribué (3) à saint Jean Damascène les innombrables compositions liturgiques signées Jean le Moine : mais sur quelle preuve où même sur quel semblant de preuve? On n’en apporte aucun.

Saint Jean le Paléolaurite ne serait-il pas, je ne dis pas l’hymnographe Jean le Moine, mais un des nombreux moines qui peuvent se cacher sous cet humble titre? N'aurait-il pas employé d'abord à célébrer le fondateur de son monastère ces mêmes rythmes que plus tard Théophane aurait fait servir à le chanter lui-même?

L'hypothèse paraitrait sans doute moins fragile si une édition critique, basée sur l'étude des plus anciens manuscrits, nous affirmait que l’auteur de l'office de saint Chariton est bien réellement un moine du nom de Jean : mais qui nous donnera jamais une édition critique des ménées? Telle qu'elle se présente à nous cependant, cette hypothèse, il n’est peut-être pas trop inprudent de l'appuyer sur le passage, 1” tropaire de la δ΄ ode

(1) Μηναῖον. septembre, édit. Venise, 1895, p. 163 seq.

(2) Μηναῖον. ibid., p. 162.

(3) CF. G. Papadopoulos, Συμθολαὶ εἰς τὴν ἱστορίαν τῆς παρ᾽ ἡμῖν ἐχχλησιαστιχῆς μουσιχῆς, Athènes. 1890, p. 212.

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du canon, où Théophane nous montre Jean le Paléolaurite comme une lyre mélodieuse :

Cod. Sab. 71 — A, fol. 70 vo.

Fol. 71 r° Θείῳ ἔρωτι, μάχαρ.

AE χαταλίπων,

D. τροθεὶς codex; cf. Joan., τι, 17. — 7. καταλειπῶν. — 8. περιφάνιαν. — IL. πανσέπτος. — 19, ἀνδρίως. — 19-22. J'ai suppléé la fin du tropaire d’après le tropaire type et les nombreux tropaires similaires.

‘ pa - et χζυ - Ν Ἂ» ἮΝ ἘΝ : à SAINT JEAN LE PALÉOLAURITE. SHC RNE

Στιχηρά᾽ ἦχος πλ(άγιος) al! παράλαθε" Ὅσιε πάτερ "θεοφόρε.

) | "One πάτερ

Res Ἰωάννη ἀξιάγαστε,

NE LES βουλήσει ξενωθέντος χαὶ Ex παρθένου

no Χριστοῦ τοῦ θεοῦ" LE ξέγην χώραν; πάτερ; 10 - χατέλαδες οἰχείαν

NT χαὶ τῶν ἡδέων χόσμου τερπνῶν δὴν" ᾿ »

£ ; ’ ÈS ἀποξενώσας

εἰς τέλος αὐτόν, TAUX,

ΕΥ̓ Ξεῖας À e Le Ἂ NH?) 1

ζηλώσας ὁδὸν δ ν ΄ χαϊ ἐν ἡσυχίᾳ ἠξίωσαι τῆς σεπτῆς ἱερουργίας γεγονὼς ἀξιος ἢ CNE θύτης θύων ὡς ἄμεμπτος Ὡς ς αἀμεμπτος

Ver:

- 4: ἐσταυρόθης; cf. Gal., vr, 14. — 11. εἰδέων. --- 15. πανύχιον. — 17. ἐχαλίνοσας. — 21. συγχορεύης. — 31. ἠξίωσε.

Ἢ F4 HR 14 a: , 38 SAINT JEAN LE PALÉOLAURITE.

ἐν FEES μυστικαῖς 10 πρὸς ἀρίστην

Fol. 71 ve. τῷ σθένει τῆς τριάδος 15 δι SAT 7 - “Ὁ ἐνδεδυμένος σαφῶς

1 1 ; , \ , χαὶ Vus Que χαὶ φθάσας

συναστραπτόμενος, GORE σοῦ τὴν μνήμην αἰσίως, ἀξιοθαύμαστε.

Cod 58. 79. ΞΞ Β:

fol. 35 vo.

ὧι ΓΝ nil El τ] Ὁ Φa δὲ “} [0] το a «ἢ Os Et n

ο ; Se Ἰωάννη πατὴρ ἡμῶν.

SE ΚΑΤΑ ὡς γὰρ χλῆμα εὐθαλὲς ἀναθλαστήσας τοῖς ἐν Yi ἐν ἀσχήσει προχαθαίρεις

NS DEP σοῦ τὴν φρένα ἀληθῶς;

6. ἔλειπσις. — 8-9. Cf. Mat., x, 38. — 9-10. Cf. Mat., vu, 14, — 17. ἡμῶν mpec. —

4. χρίνων ; οἵ, Is., χχχν, 1. — 8. ὁμόνυμος. — 17. ἐγγῆ. — 19. ppaiva. — 20-22. Cf. Ps, ΤΙΣ, 5. :

à Ε ++ à Ν (a e Ὁ χες ἐν ἦν FE b τ εν ἄγε να ÿ ; Ψ Fe Se

-ῷ τὰ il ! il Ἐπ 55 40 τοῦ σωθῆναι τὰς ψυχὰς ἡμῶν. \

:) Ὁ τὸ « * Exxiè τῇ πρὸς θεὸν ῥωννύψιενος

Ἰωάννη μαχάριξ, : ' - » Là μοναδιχαὶς ἀσχήσεσι

39. προλάμπη. — 97. ρύθροις συμνήγεται. --- 1. Fol. 36 r° B. — 2. Θεοφάνους répété. ᾿ INR PES à ue PR à Ἢ en marge. --- 4. τῆς σῆς θεὸν A. — 4-5. Cf. Ps., LxX, Ὁ. — 8. μοναδιχῆς ἀσχήσεως Β΄

— 9. στυχιούμενος AB. — 13. ἐδόησας A.

sir 0, -

SAINT JEAN LE PALÉOLAURITE. : 4] πρὸς ἀρετῶν ἀγόμενος

το 2 2 La N°? ἘΝ

[ [9 [ὥ φ EN «' € ῶ

Ωἰδὴ γ΄ Ebopaiverar ἐπὶ σοὶ ἡ ἐχχλησία σου.

22-27. Ce tropaire tout entier manque dans A. — 38, Θεοτοχίον, abrégé en marge et sic deinceps. — 29. χεχαριτομένη À, χαὶ χαριτομένης B.— 30-31. Cf. Mal., 1v, 2, — 32-34. Cf. Luc., 1, 59. — 36. seq. Cf. I Pet., nr, 18. — 39. π. Ἰ. προσήγγισας B.

— 40. Fol. 36 v° B. — 41. σον σαφῶς A.

Qi ©

δ΄. Av ἀγάπησιν, οἰχτίρμον, τῆς σῆς εἰρήνης.

3 r EN x - , ΄ Απεξενώθης πατρίδος nai τῶν οἰχείων

« 4 2 Ζ. x u O σὴν γαστέρα, raphéve, τὴν θεοδόχον

45-48. Ce tropaire est pris mot à mot dans l'’Oxrwnyos, édit. Rome, 1886, p. 03. 51

— AT. μήτηρ A B. — 49. oixtisuwy A Β. — 50. χορίοις À B. — 56-58. Cf. Mat., x, 98 — 01]. ζ. ταμίῳ A. — (4. ὧν A. — 68. τόχων AB. — 70. ἐτήρισεν À, ἐτήρησας B.

80 σέ, TAVAYVE, τὴν τεχοῦσαν ὑπὲρ φύσιν χαὶ λόγον

Σοφίας 90 ἐραστὴς τῆς ἐνθέου, θεόπνευστε, τῷ τῶν χαρίτων στεφάνῳ παρ᾿ αὐτῆς; Tamara, ἐστεφανώθης

78. x. σ. χ. δύναμις Α. --- 79. θεοφώρε À, θεοφάντορ Β. — 83. Cf. Luc., 1, 48, — 88,.0. ᾿ σε ΑΒ. -- 92. ἐστεφανώθεις AB. -- 96. Cf. I Cor., x, 4. — 97, ἐπιδαίνον A. --- 98. θεόφρων A. — 99. ἀναδάσης À ; cf. Ps., LxxxIIT, 6. — 95-100. Cetropaire est remplacé

dans B par cetautre :

re

πνευματικῶν AA πόνων ἀσχήσεως.

109. ρώμαν A.— 110. ὃ. puéuevov A. — 112. exquyGv A. — 114-115, J'ai suppléé x6pren d’après le canon type; εὐλογημένος εἶ ὁ θεός μου B; cf. Dan., 111, 33. — 116. ξενιτεῦ, AB. — 117. ἁπάντων AB. — 1291]. εὐλογητὸς B. — 127. δέδοτε AB. — 129. εὐλογητὸς.

πειρασμὸν αἱρέσεων ἐχφυγεῖν ἠδυνήθης, παμμαχάριστε" εὐλογημένος εἶ SE

. Sr

es ἐπὶ ξένης, μάχαρ, σὲ προφανῶς

(ἡ ὦ CE

Τὸ τοῦ ὑψίστου ne θεῖον σχήνωμια,

“΄' 4 ee ἕλος παυμάκχαριστον εὗρες τῶν τῆς ἀσχήσεως ἀγώνων,

192, Fol. 37 v°B. — 130. γνησιότατος Α. --- 137. μελλοδίας A Β. --- 198. αὖρα A. — 140. II manque pour le sens le verbe εὐλογεῖτε de l'hirmus type. — 11]. πρὸς μὲν τὴν ἀθάνατον €. Α. -- 142. τ. ἀτελεύτητον A. — 145. ἀφράστου χατηξίωσας B. — 148. εὐλογητὸς A B. — 151. ἀποτεινασσόμεθα AB. — 195-156. τὴν γὰρ φύσιν χενιζώμεθα x. τ. à. A. — 161. μαχάριστον A.

SAINT JEAN LE PALÉOLAURITE. 1 dr +:

Ke χαὶ μεταθέμιενος

χατηξιώθης .χατοιχῆσαι 170 οἷα μιμιητὴς χρηματίσας τῶν ἡσυχίων ᾿ à Ne

168. CF. Ps., xxx VI (xx VI), 11.--- 109. κατασκηνῶσαι ἠξιώθης Β. --- 170-172. A la place de ces trois incises, οἱ ανδρῶν B, dont le copiste a sauté une ligne. — 178. Ὁ Ezech., xLvu, 3. — 18]. σπηλώματος AB. ὦ

P.S.— Papebroch, Acta Sanctorum, mart., t. IL, p. 605, a, lui aussi, proposé comme plausible l'identification de l'hymnographe Jean le Moine avec saint Jean le Paléolaurite. ᾿

Il est aussi intéressant de ae que la traduction slave des Ménées citée dans l'Église russe ἃ conservé l'office de saint Jean le Paléolaurite.

VIE ET OFFICE

DE

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