‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 120 sur 170 · LETTRE DE L.V DUCHESSE D'ANGOULEME AU GOUVERNEUR DE PÉRONNE · texte numérisé non relu

LETTRE DE L.V DUCHESSE D'ANGOULEME AU GOUVERNEUR DE PÉRONNE

Mon cousin * , vous avez peu voir par ce que derenement vous avaye escript le propos en quoy les lingnes (les Ligues) tenoient le roy pour venir à appointement, lequel ledit seigneur lenoit pour conclud, comme aussi estoit entre les depputez et les leurs, toutesfois à la fin chascun a peu congnoistre qu'ilz ne le faisoient que pour le surprendre et abuser ; et qu'il soit vray le xni/ de ce moys - lesdits Suisses le vindrent assaillyr en très grand fureur et hardiesse en son camp qui estoit au lieu de Saincta Brigide, à huit mil de la ville de Milan , et luy présentèrent la battaille avec xxx ou xxxii »' de leur nacion , xv ou xvi "' chevaulx estrangiers et ^ à \i "' hommes de piet ytaliens, et une bonne bande d'artillerie, et de mesmes croyes qu'ilz furent reçuez par le roi. Et , à ce que j'ay seu par plusieurs et bons personnaiges qui en rescripvirent la vérité , il y a plus de cincq cens ans qu'il ne fust une telle battaille ne — autant de combatz qu'il y a eu en cestuy , car depuis le jeudy , trois ou quatre heures ' après midi, jusques au lendemain xi ou xn heures , qui sont XX heures , les combatz n'ont cessez. Toutesfois il a pieu à nostre Créateur donner la victoire au roy , qui est la plus belle et triomphante que de long temps a eu prince, et est sur le camp desdits Suisses vingt mil hommes et plus ^ mors ; le reste s'est honteusement mis à fuitte blessez et affoliez , et leur artyllerye perdue , tellement qu'il ne s'en est poinct retourné nn "■ qui soient sains, encoire estoit t'on en la chasse après eulx. Et pour ce que je scay que serez très aise et joyeulx d'entendre les nouvelles , je vous ay bien volu advertyr pour le faire entendre par delà à ceulx que verrez que leur sera pour le bien dudit seigneur , et aussy pour en faire rendre grâces à Dieu et faire processions par ceulx des villes du pays , ausquels en escriprons

. 1 Louis de Hallwin , seigneur de Piennes , etc. , le premier de cette famille qui s'établit en France; gouverneur de Péronne, Montdidier et Roye. Brantôme en parle comme d'un des plus grands capitaines de son temps.

2 L'Art de vérifier les dates dit le Ji (t. 6, p. 156. )

3 A deux heures selon l'Art de vérifier les dates , ibid. i 15,000 hommes suivant l'ouvrage précédemment cité.

de bref par autres noz lettres qui sera par fin, pryant Dieu, mon cousin, qu'il vous ayt en sa garde.

Escript à Amboise , le xxn."" jour de septembre. Ainsy signé , votre bonne cousine , Loyse ( DE SAVOIE. )

{Communiqué par A. de La Fons, baron de Mbucocq. )

Page 1