DIOCÈSE DE BEAUVAIS
Comme S. E. M.s^ le cardinal de la Tour d'Auvergne, évéque d'Arras, et M.s' Mioland évéque d'Amiens, M.-' Gignoux, qui occupe le siège épiscopal de Beauvais, a bien voulu nous transmettre les renseignements recueillis par ses soins auprès de plusieurs ecclésiastiques, sur les églises qu'ils sont chargés de desservir. Nous nous trouvons ainsi en mesure de décrire succintement ce que beaucoup d'églises du diocèse de Beauvais offrent de remarquable.
CLIII. Eglise d'Auchy-la-Montagne ( arrondissement de Clermont ). — La forme de cette église est oblongue; elle n'a point de transsept ou bras de croix. Une partie de l'édifice est construite en pierres et cailloux. Quatre colonnes plates décorent le portail. Le chœur seul a une voûte en pierre; les arêtes de cette voûte sont saillantes, arrondies et terminées par des culs-delampe. L'église d'Auchy a St.-Éloy pour patron.
CLIV. Eglise de Brunvillers-Lamotte. — L'église de Brunvillers semblé appartenir à la fin du gothique tertiaire ; elle a remplacé l'ancienne église parroissiale dédiée à St.-Martin. Cette vieille église était située à six cents mètres au nord du village, à l'endroit où se trouve aujourd'hui le cimetière. La nouvelle église a St. -Michel pour patron; elle est en forme de croix latine, en pierres crayeuses de moyen appareil et surmontée d'une belle tour carrée qui s'élève à côté du portail. Cette tour est du style de la Renaissance ; elle se termine par une galerie à jour d'un superbe effet. L'escalier se trouve dans une tourelle en encorbellement. Deux rangs de piliers cylindriques séparent la nef des bas-côtés. Deux statues en pierre l'une de la Ste-Vierge et l'autre de St.- Jean, placées sous des dais gothiques , artistement sculptés, fixent les regards. Des écussons et un agneau entouré d'une couronne ornent les voûtes à leur point de jonction *.
CLV. Eglise de Burxj. — L'église de Bury , dédiée à St.-Lucien, à St.- Pierre et à St.-Fiacre, est fort ancienne. La nef date du xi.« ou xn." siècle. Le chœur offre les caractères de diverses époques postérieures. La forme de l'édifice est celle d'une croix latine bien prononcée ; chaque bras présente une belle chapelle dont le fond est éclairé par trois fenêtres ogivales surmontées d'une petite rose. Le chœur se termine carrément; il est aussi surmonté de trois fenêtres au-dessus desquelles se trouve une grande rosace. Le clocher, placé sur le chœur, a remplacé une flèche dont la hardiesse et l'élévation étaient admirées par les étrangers qui visitaient l'église de Bury. On voit encore à l'entrée de la nef, sur le côté droit, une ancienne tour ronde , en pierre, terminée par une flèche de forme octogone, dont la pointe a été coupée par la foudre. Les portes de l'église sont accompagnées de plusieurs rangs de colonnes ; leurs chapiteaux offrent une foule de figures fantastiques , dignes de l'imagination bizarre des artistes du xn.*" siècle. Deux rangs de six piliers chacun séparent la nef et le chœur des bas-côtés. Ces piliers, à l'exception d'un seul qui est de forme octogone, se composent de faisceaux de colonnes fort élevées , surtout dans le chœur. Les chapiteaux de ces colonnes représentent des monstres soutenant les voûtes , des animaux , le soleil , un phénix et des pampres, plusieurs patrons du pays, entr 'autres St.-Lucien, des personnages grotesques , etc. En certains endroits , les cordons de ces voûtes sont chevronnés ou dentelés. Des culs-de-lampe, en forme d'écussons, décorent leurs nervures. Un groupe représentant St.-Jean et Ste-Marie aux pieds du Calvaire paraît moins ancien que l'édifice. Plusieurs dalles en
1 Renseignements communiques par M. l'abbé Lefevre , desservant de Brunvillers.
pierre qu'on voit sur le pavé de cette église , sont ornées de figures de moines et d'inscriptions assez difficiles à lire '.
CLVI. Eglise de Cambronne. — Ce curieux monument fut consacré à St.- Étienne en 1239. ainsi que l'apprend un ancien litre sur parchemin transcrit dans un encadrement en pierre. Une belle pyramide octogone , en pierre et à deux étages surmonte l'église de Cambronne. La porte d'entrée, en plein cintre et à simples boudins, n'offre rien de bien remarquable. Les piliers à l'intérieur sont très - ornés. Les chapiteaux représentent des animaux monstrueux , des feuillages , des perles , etc. On retrouve sous le badigeon des restes de fresques qu'on ferait bien de rendre au jour. La corniche du chœur et celle de la nef sont décorées de diamants , de têtes plates ou fantastiques. On remarque dans l'église de Cambronne une grande dalle portant la date de 1.585. On a cru à tort que cette église était dans l'origine un temple païen , dédié à Saturne. Mathilde , comtesse de Clermont , épouse d'Alphonse , roi de Portugal , la visita en 1239.
CLVIL Eglise de Conteville. — Cette église a une nef moderne, construite en briques , et un chœur beaucoup plus ancien. Elle est placée sous l'invocation de St. -Nicolas. Ses fenêtres sont de forme ogivale. On remarqué la corniche intérieure, formée d'un boudin soutenu par des arcades romanes et reposant sur des corbeaux variés.
CLVin. Eglise de Cormeilles. — Sa forme est celle d'un T; elle fut construite vers le xv.° siècle et agrandie en 1830. La porte d'entrée offre une arcade en anse de panier. La voûte de la nef est un lambris en bois et en ogive, orné de sculptures. L'église de Cormeilles a St.-Martin pour patron -.
CLIX. Eglise de Doméliers, — L'église de Doméliers ne présente qu'un édifice remanié. Le chœur, plus étroit et moins élevé que la nef, se termine carrément. La corniche est portée par des figures monstrueuses d'hommes ; deux de ces figures ont été malheureusement mutilées par des villageois qui ne connaissaient pas le prix de pareils ornements. Un lambris du xvi." siècle, assez remarquable, décore l'intérieur de cette église qui est placée sous l'invocation de St.-Firmin ^.
CLX. Eglise de Gannes. — L'église de Gannes date de l'époque du style flamboyant. Elle est en forme de croix latine et surmontée à l'ouest d'une tour carrée , flanquée d'une tourelle octogone qui renferme un escalier. Les voûtes du sanctuaire et du chœur sont en pierre et celle de la nef en planche. Des tètes grimaçantes décorent l'extrémité des poutres d'entre-colonnemenl formant modillons sur la corniche, on voit dans l'église de Gannes une grande dalle à l'entrée du chœur et une pierre tumulaire en marbre blanc dont l'inscription porte que le cœur de Messire François de Lannoy , en son
1 Renseignements communiqués par M. l'ablié Guedé, desservant à Bury.
2 M. pat M. l'abbé Pointier, desservant à Cormeilles. r. Id« par M. l'abbé Lcsecq , desservant de Doméliers.
vivant seigneur de Folleville et de Gannes , etc. et celui de Madame Marie de Gannes , sa femme , gisent dans l'église.
CLXI. Eglise d'Hondainville. — La nef et le sanctuaire de celte église, qui forme la croix latine, sont du xni." siècle; les chapelles datent du xvi». La grand'porte en ogive a deux petites colonnes de chaque côté. Ces colonnes sont ornées de chapiteaux sculptés représentant des feuilles de chêne et d'acanthe. Le clocher est au-dessus du chœur, entre les deux chapelles. On y parvient par un escalier placé dans une tour extérieure, de forme hexagone. La corniche , ou plutôt l'entablement de la nef et du sanctuaire , est porté par des pierres représentant des bouts de solives. Les rampants des pignons consistent en dalles bombées et à recouvrement. La maçonnerie de deux contre-forts des chapelles est remarquable par sa liaison avec les angles de ces pignons. A l'intérieur , on admire les quatre gros piliers sur lesquels le clocher repose. Les chapiteaux de ces piliers sont couverts de sculptures très curieuses; les unes représentent des figures grimaçantes d'hommes et de femmes, des feuilles d'acanthe, etc. Les voûtes du chœur, du sanctuaire et des bras de la croix sont en plein cintre. Les arêtes de celle du chœur se terminent par un écusson aux armes des seigneurs d'Hondainville qui passent pour avoir fait construire ce monument. Il a été réparé avec soin en 1840 , aux frais de MM. Dumoulin et Schillings. Les statues en marbre gris de St.-Pierre et St.-Paul attirent les regards. Sur une pierre sépulcrale , fixée dans le mur faisant face à l'autel de la Ste-Vierge , on lit : « qu'honorable » home M. André de la Nevfverve, cy-devant maire royal d'Angy, prévost de » Mouy et bailly dudit Hondainville , fit placer cette pierre devant son tom- » beau; et qu'il donna cent livres tournois à la charge de faire mettre ung » tableau en ladite chapelle de la Ste-Vierge. » Ce tableau est peut-être celui peint sur bois et qui représente en trois parties l'histoire de Jésus-Christ. Des colonnes torses décorent les autels de cette église , placée sous l'invocation de St.-Aignan. On voit dans le cimetière une chapelle fort délabrée , dédiée à St.-Antoine; ony vient en pèlerinage, pour retrouver les objets perdus.
CLXn. Eglise de Maignelay. — L'église de Maignelay passe pour avoir été construite dans le xvi.'' siècle, par Louis de Halluin, l'un des membres de l'illustre famille de ce nom. C'est un superbe édifice , décoré d'un riche portique et d'un portail qui ne manque pas d'élégance. Le clocher contraste avec la richesse de l'église. Ce clocher n'est en effet qu'une mauvaise flèche en bois d'un aspect misérable. A l'intérieur , deux rangs de piliers, composés d'un faisceau de colonnes , séparent la nef des bas-côtés. Sur les chapiteaux de ces piliers , on distingue des écussons , des feuillages , des anges tenant des lambels , etc. Les voûtes sont ornées de pendentifs et de statuettes d'un excellent travail. Les fenêtres ont malheureusement été dépouillées de la plupart des vitraux peints qui les décoraient. Il ne reste qu'un Pélican et quelques chérubins tenant des rubans sur lesquels sont diverses inscriptions. L'ancien rétable d'autel , en bois doré , est très-curieux ; on y voit V Annonciation, la Naissance de J,-C. , V Adoration des Mages, la Circoncision, Jésus portant sa croix , crucifié et mis au tombeau. Les peintures des volets
sont encore fraîches. Les sculptures de la chaire et des stalles attirent aussi les regards. On remarque plusieurs dalles dans cette église; mais les épitaphes qui s'y trouvent gravées sont devenues fort difficiles à lire. Un fragment de marbre provenant d'un superbe tombeau , élevé à la mémoire de Florimond de Halluin contient le reste d'une longue inscription que nous ne rapporterons pas ici.
CLXIII. Eglise de Méry. — Le portail de cette église fut bâti en 1750; la nef est un peu plus ancienne , mais le chœur , les transepts et le clocher datent du xvi." siècle. Les magnifiques ornements en fer qui couronnaient ce clocher ont été renversés et vendus pendant la Révolution. Une statue de N.-D. des Douleurs qui se trouve dans cette église est assez estimée. On y remarque aussi plusieurs pierres sépulcrales ornées d'écussons. La chapelle au sud, dite du Saint Rosaire, servait autrefois de sépulture à la famille des comtes de Bernetz , seigneurs de Neufri et du Bout-du-Bois. Une autre chapelle , située dans le cimetièr3 , aa nord du village, et dédiée, comme l'église, à Notre-Dame, attire chaque année un immense concours de pèlerins, pendant la neuvaine qui commence le 2 juillet.
CLXIV. Eglise de Noroy. — On croit que ce monument fut construit au xvi." siècle et consacré à la Vierge par Jean de Pleurs , évêque de Riom. Sa forme est très-allongée; le chœur se termine en hémicycle. L'église n'a qu'un seul bas-côté séparé de la nef principale par de gros piliers cylindriques. Les fenêtres offrent quelques débris de verres coloriés. Les voûtes ont des nervures saillantes. Pendant long-temps, on visita cette église avec empressement, pour y contempler V Histoire de la Passion , peinte sur émail , qui décorait l'autel du bas-côté. Les vingt - quatre tableaux dont se composait cette histoire , étaient fort curieux et fort estimés des vrais amateurs de ce genre de peinture.
CLXV. Eglise de Plessier-sur-Saint-Just. — L'église du Plessier qui avait été bâtie en 1481 , a subi plusieurs réparations importantes dans le xvn." et le xvm." siècles. Il reste peu de ses constructions primitives. Le chœur, ou pour mieux dire le sanctuaire, se termine au-dehors en hémicycle. Sur les côtés , se trouvent deux modestes chapelles , l'une de la Vierge , à l'usage autrefois des anciens seigneurs , l'autre consacrée au patron de la paroisse. On trouve sous le chœur un caveau où étaient inhumés les seigneurs du Plessier; leurs dépouilles mortelles en furent brutalement retirées en 1793 et portées au cimetière commun. L'église est placée sous l'invocation de St.-Etienne, diacre et martyr. Les registres de la fabrique font connaître en ces termes l'origine du village et de son église: « Le village du Plessier-sur-Saint-Just, dans son origine n'était qu'un petit hameau ( dénombrement de 1383 ). Le nom de Plessis lui vient de ce que les Normands s'étant répandus dans la Picardie , du temps de Louis V , roi de France , en 990 , les habitants effrayés se retirèrent dans les bois ou sur des hauteurs et nommèrent Plessis leurs retraites et fortifications. »
« Ce hameau et son territoire faisaient partie de la paroisse , chatellenie . terre et seigneurie de Saint-Just qui appartenait aux évéques de Beau-
vais; mais les susdits évêques cédèrent leurs droits aux seigneurs séculiers du Plessis qui firent bâtir une chapelle audit lieu, avec convenance qu'un religieux de l'abbaye de Saint- Just viendrait chanter une messe haute , les (estes et dimanches.
« En 1540, Antoine Delameth, seigneur du Plessis, général des finances de François I.", roi de France, a payé aux abbé, prieur et religieux de ladite abbaye de Saint-Just une somme de cent écus sol , pour dotation perpétuelle d'un curé dans la chapelle dudit le Plessis, etc. »
CLXVI. Eglise de Rotangy. — La forme de cette église est oblongue ; elle n'a qu'un clocher qui se trouve sur le chœur. Elle est construite en briques et placée sous l'invocation de Ste-Margueritc. On sait qu'en plusieurs lieux les femmes enceintes invoquent Ste-Marguerite pour obtenir une heureuse délivrance. Un pèlerinage avait lieu autrefois dans le même but à Rotangy ; ce pèlerinage a cessé d'être en usage depuis le siècle dernier.
CLXVII. Eglise de Saint-Martin-au-Bois. — L'église de Saint-Martin est un des plus beaux monuments religieux du diocèse de Beauvais; elle n'a point de transept, mais la principale porte est flanquée de deux tours carrées qui lui donnent l'aspect d'une petite cathédrale. Sa construction primitive remonte au xm.'^ siècle. Le portail et une partie de la nef furent détruits par un incendie en 1445 et rebâtis depuis cette époque. La sacristie appartient au style de la Renaissance. L'église St.-Martin passe pour l'ancienne chapelle de la célèbre abbaye du même nom qui avait été fondée dans le xi.' siècle. Ses murs sont soutenus par des contre-forts montant jusqu'à la hauteur du comble auquel ils tiennent par des arcs-boutants , décorés d'animaux fantastiques, se détachant de chaque conire-fort. Il y a , à l'intérieur , deux rangs de colonnes surmontées de chapiteaux sculptés. Les fenêtres de forme ogivale et divisées en deux étages ont conservé des vitraux peints en grisailles fort remarquables. Les stalles du chœur offrent de curieuses sculptures du xv.» siècle, représentant des abbés, des moines, des personnages grotesques et divers animaux. Dans le bas-côté gauche on voit un tombeau fort mutilé , et dans la sacristie une descente de croix , dont lès personnages de grandeur naturelle sont pleins d'expression. On remarque beaucoup de pierres sépulcrales dans cette église intéressante ; elle a été visitée par de grands personnages. Son patron est St.- Martin.
CLXVin. Eglise de Saint-Just-en-Chaussêe. — La belle église de l'abbaye de Saint-Just a été démolie peu de temps avant la révolution de 1830. L'église actuelle remonte au xv." siècle; mais elle a subi dans le xvn." des réparations qui en ont altéré le style et la forme. Le chœur se termine en hémicycle polygone. La porte en plein cintre et à simples moulures est de construction moderne. Une balustrade la surmonte ; elle est encadrée dans une vaste ogive dont la partie supérieure a été raccordée pour en faire une rosace. A gauche du portail se trouve la tour; elle est élevée sur un massif en pierre carrée , surmontée d'une coupole octogone et accompagnée de quatre clochetons correspondant aux angles de cette tour. Les fenêtres en ogive de l'église de
Saint - Just sont décorées de panneaux en verre colorié représentant des fleurons , des tulipes , des roses et d'autres fleurs assez mal peintes. Les fonts baptismaux en granit et de forme carrée fixent l'attention des étrangers. De curieux bas-reliefs ornent leurs faces. Ces sculptures représentent des figures grotesques d'hommes et des dragons. Le bassin est porté par un pied rond et massif. Les colonnettes placées aux angles de ces fonts sont d'une autre matière que le bassin *.
CLXlX. Eglise de Sarron. — Cette église, en forme de croix latine, a perdu les principaux caractères et les ornements du xii," siècle qu'elle ofl"rait dans le principe. Des réparations maladroites , comme on en voit tant de nos jours, ont rendu cet édifice presque méconnaissable. Le portail et quelques fenêtres de la nef conservent seuls encore des restes du style roman , tels que plusieurs arcades à billettes , des cordons ornés d'étoiles , etc. Deux rangs de piliers carrés divisent l'intérieur de l'église de Sarron. Elle était dans le siècle dernier le but d'un pèlerinage qui ne manquait pas de vogue pour la guérison de la fièvre. Tout se borne maintenant à une procession que l'on fait à la fontaine dite de St. - Lucien chaque année le 16 octobre •. Autrefois les pèlerins avaient coutume de tremper, dit M. Graves, dans l'eau de cette fontaine un fil rouge qu'ils attachaient ensuite au buisson voisin pour enchaîner la maladie ".
CLXX. Eglise de Wavignies. — L'église de Wavignies est placée sous l'invocation de St.-Simon et de St.-Jude. Elle n'offre qu'un monument fort irrégulier, pourvu d'un seul bas-côté au midi et dont le chœur est plus élevé que la nef. Cette partie de l'édiûce fut , dit-on , construite au xvi.'' siècle par l'abbaye de Breteuil. Une petite tour ronde et sans ornements renferme l'escalier par lequel on gagne les voûtes du chœur. Il exista dans cette église , jusqu'à la Révolution, un pèlerinage en l'honneur de Ste-Geneviève , patronne de Paris.
CLXXL Eglise de Berneuil-sur- Aisne (arrondissement de Compiègne ). — Cette église a une corniche extrêmement ancienne; elle est en forme d'échiquier et portée par de petites pierres carrées qui se terminent en figures grotesques. Les sculptures des chapiteaux des piliers , servant de séparation à la nef et au chœur, off"rent des monstres marins et plusieurs animaux fantastiques fort étranges. Les fenêtres semblent indiquer que l'église de Berneuil remonte à diverses époques: celles du chœur sont en ogive, celles du latéral sud sont carrées , celles de la nef en cintre. On croit que cette partie du monument est la plus ancienne. Le chœur et le transept peuvent dater du xv." siècle. La façade paraît plus moderne. Une flèche très-élevée surmontait anciennement le clocher qui est carré et percé de fenêtres flamboyantes; cette flèche a été brûlée dans le temps et remplacée par celle qui existe mainte-
1 Renseignements communiqués par M« l'abbé Cottenoble , desservant de Saint-Just. 'î Id. par M. l'abbé Langlois, desservant à Sarron.
5 Voy. la Statistique du canton de Liancourt , pag. S8.
nant et dont la hauteur est moins considérable. On se rend en pèlerinage dans l'église de Berneuil le lundi de la Pentecôte , pour invoquer Ste - Claire , patronne secondaire du lieu. Le but de ce pèlerinage est d'obtenir la guérison des maux d'yeux ; quelques pèlerins emportent de l'eau de la fontaine dite de Ste-Claire *.
CLXXII. Eglise de Caisne. — L'édifice est en forme de croix latine; la petite branche du sanctuaire n'est perceptible que par un renflement de pignon. Le porche qui existait au-dehors du portail a été démoli, faute de fonds pour le réparer , il y a environ huit ans. La flèche qui surmonte l'église est couverte en tuiles. La nef passe pour être du xi.' siècle. Le chœur date du XII.' ou xui.'^ Les bas-côtés ont été reconstruits en 1836 et 1837. La chapelle de la Ste-Vierge porte sur un pendentif de sa voûte la date de 1561 ; mais la construction de cette chapelle est un peu antérieure. L'église de Caisne possède des reliques anciennes ; elle est placée sous l'invocation de St- Lucien et on y vient en pèlerinage le dimanche qui suit la translation des reliques de ce saint évéque. Les pèlerins se frottent les dents sur un grès haut d'environ 5 décimètres et marqué d'un pas qu'on dit être le pas de St.-Lucien; ces pèlerins croient obtenir par cette pratique la guérison du mal de dent. Les personnes atteintes de rhumatismes se frottent aussi les reins sur ce même grés et l'on y fait asseoir les enfants faibles ou languissants.
CLXXIIL Eglise de Carlepont. — Cette église est placée sous l'invocation de St-Eloi; c'est sans doute pour rappeler que les successeurs de ce saint évéque possédèrent autrefois les évêchés de Noyon et de Tournai que l'on a représenté sur deux fenêtres du chœur deux crosses en sautoir surmontées d'une mitre placée sur une enclume. On ne saurait expliquer aussi bien un autre emblème de date récente, qu'on voit également sur les verres peints qui garnissent ces fenêtres et qui consiste en deux flambeaux placés en sautoir et surmontés d'un calice avec un livre auprès. La tour de l'église de Cariepont a pour ouvertures, dans l'escalier, des espèces de meurtrières. D'autres ouvertures pratiquées près des cloches offrent la forme de lancettes. La corniche est ornée de modillons.
CLXXIV. Eglise de Crisolles. — L'église de Crisolles est en grès et en pierre ordinaire. Un seul rang de colonnes sépare la nef du bas-côté. On remarque sur une pierre tumulaire la figure d'un ecclésiastique et cette inscription en partie eflacée:
Ci gist vénérable et discrète personne frère Bruno, prieur, docteur en théologie.
Natif du Quesnel eu Beauvoisis ,
En son vivant curé de Véglise de Mont-Saint- Eloi de Crisolles;
Lequel 10 octobre mil cinq cent quatre.
Priez Dieu pour son âme.
1 M. Gravei, Jlnnuaira du canton d'Attichy, pag. 69 , dit à toit que cette fontaine e»t tarie.
D'après la tradition la partie de l'édifice qui sert de chœur, et qui est d'une construction plus ancienne , viendrait des Templiers ; ces chevaliers auraient eu une maison à Crisolles '.
CLXXV. Eglise de Croutoy. — Cette église, dont l'époque de la construction est ignorée, se trouve placée sous l'invocation de la Ste-Vierge et a St- Omer pour patron secondaire. Les archivoltes des portes sont décorées de sculptures représentant des trèfles, des feuilles de lierre, de platane, etc. Deux rangées parallèles de piliers cylindriques et à cannelures séparent la nef et le chœur des bas-côtés. Ces fenêtres sont en ogive. Les restes des vitraux peints qui les décoraient laissent voir un édifice assez semblable à un temple ancien , le Père Eternel environné d'anges et la Naissance de J.-C. Les costumes de la Ste-Vierge et de St.-Joseph sont très -riches ; les peintres du xvi." siècle avaient l'usage d'affubler ainsi d'étoffes magnifiques les personnages de l'ancien et du nouveau testament , et ces vitraux datent en effet de cette époque; on lit sur l'un d'eux la date de 1566. Il est fâcheux qu'une partie des verres coloriés de ces fenêtres ait été enlevée. Dans la chapelle latérale de la Ste-Vierge on remarque une fort belle madone en marbre blanc. Elle est ancienne et bien conservée. Des amateurs en ont offert un grand prix à la fabrique qui a eu le bon esprit de rejeter ces offres et de conserver cette précieuse statue. On n'a aucune notion positive sur l'époque où l'église de Croutoy fut construite. On n'y trouve que deux dates : celle de 1566 sur les vitraux et celle de 1654 enclavée dans un contre-fort. Le cimetière est très-curieux ; des murs assez élevés , terminés à chaque bout par une tourelle spacieuse , entourent ce lieu de prière et de repos ; en certains endroits, ces murs sont criblés de balles. Il paraîtrait qu'on s'y retrancha autrefois et que cette espèce de fortification résista aux efforts des Ligueurs et aux attaques de Rieux, capitaine du château de Pierrefonds *.
CLXXVI. Eglise de Grand-Rû. — On ne connaît pas l'origine de cette église qui paraît remonter au xiv." ou au xv."= siècle. Elle n'offrait d'abord qu'une simple croix sans bas-côtés. Un des deux bas-côtés a été construit au commencement du xvm.-^ siècle; l'autre fut élevé en 1760. L'intérieur n'a rien de remarquable. On voit , dans le chœur , deux panneaux en verre colorié , représentant l'un St. -Charles avec le nom de ce saint au bas , l'autre Ste- Catherine avec la date de 1620 ^
CLXXVII. Eglise de Guiscard. — Cette église, remarquable par sa grandeur et sa propreté, appartient à diverses époques et offre des restes de plusieurs styles. Elle est en forme de croix latine ; le chœur , entouré de chapelles, se termine carrément. Deux rangs de piliers carrés divisent la nef et les bas-côtés à l'intérieur. Les fenêtres sont en plein cintre dans la nef; celles
i Renseignements communiqués pat M. l'abbé Jourdain, desservant à Crisolles.
2 Id. par M. l'abbé Lesueur , desservant à Croutoy.
5 Id. par M. l'abbé Henneguier , desservant à Grand-Rû.
de la chapelle de la Ste-Vierge se terminent en ogive. Un caveau renferme les corps des deux derniers ducs d'Aumont , le cœur du comte Louis de Guiscard , lieutenant-général , flls du sous-gouverneur de Louis XIV, qui donna son nom en 1705 à Magny . depuis appelé Guiscard , et les ossements de Louis-Auguste de Guiscard , son fils. En 1840 , lorsqu'on réparait les bancs de la chapelle de la Ste-Vierge, on trouva sous le plancher un fragment de marbre avec ces restes d'inscription :
Dv RÈGNE DE LOVIS XIII, ROI DE
De la SEIdNEVRIE DE TRÈS-HAVT ET
M."' Honoré d'Albert, chevalier
Et maréchal de France
Des provinces de Picardie
Ville et citadelle
Etc. — KT de très-havte et
Charlotte d'Ailly son
ViDAMK l'Amiens, marqvise
Dame de Picqvignv , Dovrs
Et Vinacovrt, Labrotb
a esté bastie avec le
Grand portail, par
Discrète personne
En l'vniversité de Paris
Margvillier dvdit Mac» y '
L'église de Guiscard a St.-Qncntin pour patron.
CLXXVIII. Eglise de Jaulzy. — On croit que la chapelle dite de la Vierge existant à gauche , dans la nef , date du xi." siècle. Le reste de l'édifice offre des remaniements et les caractères des xv."' et xvi.' siècles. L'église de Jaulzy possède quelques vitraux peints ; ces vitraux représentent : l'Annonciation avec ces mots au bas : avb maria ; on voit un peu plus loin V Adoration des Mages. Cette église est sous l'invocation de St.-Martin *.
CLXXIX. Eglise de Lassigny. — Cette superbe église , la plus belle sans contredit de tout le canton , se compose de trois nefs et d'un chœur terminé en hémicycle. Sa longueur intérieure est de 34 mètres , sa largeur de 16 mètres , sa . hauteur , sous voûte , de 12 mètres. Tout l'édifice est construit en belles pierres de taille. On remarque seulement, au bas du clocher, quelques gros grès carrés mêlés aux pierres. Ce clocher est placé au bout de la nef; il fut bâti en 1687. Des piliers cylindriques et cannelés soutiennent les voûtes de la nef et des bas-côtés. A la dernière travée de l'un de ces bascôtés se trouve cette inscription:
Finis coronat opus , 1633.
1 Renteignementi communiqués par M. le curé de Guiscard.
3 Id. par M. l'abbé Lequére, desservant à Jaulzy.
Cette inscription porte à croire qu'on a agrandi alors le monument. Le sanctuaire est plus ancien. On remarque, en effet, les dates de 1521 et 1542 sur les vitraux peints qui ornent les fenêtres. Les personnages que représentent ces vitraux se détachent sur des fonds bleus, rouges et d'architecture. On y voit un St.-Pierre , une Ste-Vierge, une Ste-Catherine , un Diacre d'une rare beauté, Jésus-Christ dans une barque, etc. La chaire est de 1643 ; les figures des saints qui la décoraient ont été mutilées pendant la première révolution. Dans la chapelle de la Ste-Vierge se trouve une grande dalle offrant la représentation d'un chevalier; cette dalle est tellement usée qu'on ne distingue plus que les jambes du chevalier, son casque et un écusson aux quatre coins. L'inscription qui l'entoure est aussi effacée en plusieurs endroits. Voici ce qu'on peut encore lire :
Ci gist noble et puissant seigneur Messiue Claude d'Humières , chevalier ,
S.' DE Lassigny , campagne et
De Monseigneur le daulpiiin et collonel
et princes
X Febvrier mil v.'^ xliii.
Priés Dieu pour lui.
L'église de Lassigny est dédiée à St.-Crépin et à St.-Crépinien. Il y avait autrefois dans le village une chapelle sous l'invocation de St.-Genest; elle a été incendiée en 1798. On y venait en pèlerinage pour la guérison des enfants. Depuis la ruine de cette chapelle , un pèlerinage a lieu dans l'église paroissiale , le 25 août et le jeudi avant le dimanche des Rameaux • .
CLXXX. Eglise de Margny-sur-Matz. — D'après une lettre autographe de Louis de Villiers l'Isle-Adam , qui occupa le siège épiscopal de Beauvais de 1497 à 1521 , l'église de Margny paraîtrait remonter à la fin du xv." siècle. Dans cette lettre, qui servait d'enveloppe à une petite relique, le prélat constate , en effet , la bénédiction et la consécration du maître-autel de cette église. Les piliers sont ornés de chapiteaux sur lesquels sont sculptés des feuilles de vigne et de chêne. On remarque une pierre représentant la Ste- Vierge , tenant le Christ descendu de la Croix. Les restes des vitres peintes offrent le Père éternel, des Anges, Ste-Geneviève , patronne de Paris , et d'autres figures. Derrière l'autel de la Ste-Vierge , se trouve une peinture où paraît un jardin fermé , au-dessus duquel on lit ces mots : Hortus Conclusus.
Puis ceux-ci:
Amica mea, Colomba mea.
Le 6 février et le 15 juillet, jours de la fête du patron de l'église, ou
1 Renseignements communii[ués pat M. Lerondelle , curé-doyen à Lassigny.
apporte tous les enfants des environs pour demander que Dieu les bénisse ou les guérisse par l'intercession du saint '.
CLXXXI. Eglise d'Orvillers-Sorel. — Cette église est en forme de croix latine et construite en pierres de grand et de moyen appareil. On rapporte que Louis XIV, revenant de Flandre en 1678 , s'arrêta à Orvillers et que ce grand roi visita l'église avant de déjeuner. On voit dans le sanctuaire, côté nord , une tombe en pierre avec cette inscription :
Cy gist Messire Antoine ne la Viefville,
En son vivant chevalier, seigneur d'Ortille
Et Popellicourt , scieur et baron de Sermoize ;
Lequel desseda l'an mil six cent xvii, le xi.' de juin.
Cy gist , AU8SY , Madame Marie de Belloy ,
Femme et espouze de Messire Antoine de la Viefyillk
Et dame de Rouville , laquelle desseda
Le xvii." jour de juin , jour de là Sainte-Trinité ,
Mil six cent douze.
Priés Dieu pour leurs ames I
Il n'y a point de pèlerinage dans cette église ".
CLXXXII. Eglise de Pont-VEvêque. — La nef de cette église semble la partie la plus ancienne; elle remonte, dit-on, au xi.° siècle. Le clocher passe pour être du xrr.° ou xv.' ; les bas-côtés sont d'une époque plus récente. Selon quelques historiens , Calvin aurait joui du revenu de la cure de Pont-l'Evéque. Cependant , on possède la liste de tous les curés depuis 1512 et nulle part il n'est fait mention de cet hérétique.
CLXXXIII. Eglise de Ressons-sur-Mats. — Cette église qui n'a point de portail , la nef étant tronquée , offre un mélange de style roman , de l'architecture ogivale et du style de la Renaissance. La corniche du toit de la nef se compose de guirlandes de demi-trèfles attachés à la nervure , par une pomme de pin. Les contre-forts du transept sud ont, à leur sommet, une balustrade qui se détache très-bien sur l'azur du ciel , des dais ciselés à jour et des niches dépouillées des saints qu'elles contenaient. J^ti fronton aigu de ce transept porte l'empreinte de projectiles qui ont dû être lancés par des mousquets ou des couleuvrines. On pense , mais rien ne le prouve , que ces traces de guerre remontent à l'époque de la bataille de Saint-Quentin ( ISS"? ). Il est de tradition dans le pays qu'au xv." siècle, temps où vivait Jeanne d'Arc, les Anglais s'étant avancés vers Ressons jusqu'à une image de la Vierge suspendue aux branches d'une épine, la reine des anges descendit elle-même des Cieux , étendit les bras et chassa les Soudards épouvantés. Les habitants
1 Renseigneracntt communiqués par M. l'alibé Braux , cteuerTant à Margny -sur-Matz.
S C'est «ans doute à tort que M. Graves a dit que l'aute) de Saint- Biaise , i côté du chœur, donnait lieu à un pèlerinage.
de Ressons élevèrent une chapelle sur le lieu même. Elle a été reconstruite en 1830 K
CLXXXIV. Eglise de Saint-Germain. — L'église de Saint-Germain, qui forme une croix latine bien prononcée , date , dit - on , de la fin du xv.'^ siècle. Elle a remplacé une ancienne église , bâtie vers 800 et dédiée à St.- Germain d'Auxerre. On a fait disparaître, à l'intérieur, les poutres qui existaient sous le plafond de la voûte et dont quelques - unes offraient de curieuses sculptures. On remarque beaucoup de pierres sépulcrales dans l'église de Saint-Germain. Elles y ont été rapportées de l'abbaye de Royal-Lieu, lors de la suppression de ce monastère en 1791. La duchesse d'Angoulême , au mois de mai 1828 , et la duchesse de Nemours , en 1841 , ont risité l'église de SaintrGermain ".
CLXXXV. Eglise de Vauchelles. — Cette église offre , à l'entrée , une tête de mort et un serpent à gueule béante , image du serpent tentateur mis à mort par la mère du Christ. Le chœur se termine carrément; deux chapelles l'environnent. Celle de la Ste-Vierge est élevée d'environ 10 mètres; elle a deux grandes croisées de 3 mètres de largeur sur 5 mètres de hauteur. La Passion du Sauveur se trouve représentée sur les vitraux peints de la seconde chapelle. La chaire était ornée des figures des quatre pères de l'ÉgUse latine. Ces sculptures ont été détruites par des mains impies *,
CLXXXVI. Eglise de Villeselve. On ne sait rien de bien certain sur l'origine de l'église paroissiale de Villeselve et sur ses reconstructions successives. Il existait dans ce village, en 1136, une église à la nomination du prieur du même lieu. La duchesse de Bourgogne fit don à cette église de précieuses reliques en 1430. En 1628 on y fit des réparations partielles. Depuis, on y a encore exécuté divers travaux qu'il serait trop long de rappeler ici. Une partie de la chapelle de l'abbaye ou plutôt du prieuré de Ste-Madeleine de Villeselve a été conservée ; on y célèbre la messe le jour de la fête de cette sainte et l'on y vient en pèlerinage des villages voisins. Le prieuré de Villeselve avait été fondé par la reine Berthe, femme de Pépin; le fameux Théodore de Bèze en fut abbé commandataire par suite de la résignation de son oncle Nicolas de Bèee , prieur de Villeselve en 1528 et mort en 1532 *.
CLXXXVn. Eglise de Borest (arrondissement de Senlis). — Il existe h Borest une église et les restes d'une très-ancienne chapelle de Ste-Geneviève;
1 Renseignements communiqués par M. le cur6 de Ressons-aur-Matz.
M. Graves, canton de Ressons pag. 82, dit que la chapelle dont nous yenons de parler fut démolie en 1832 •
2 Renseignements communiqués pat M. l'abbé Boudeville , desservant de Saint-Germain. 5 Id. par M. l'abbé Fernet, desservant de Vauchelles.
4 Id. pat M. le desservant de Villeselve.
cette chapelle se trouve comprise dans une ferme appartenant autrefois aux Génovéfains. L'église, en forme de croix latine, est placée sous l'invocation de St.-Martin. Ses voûtes en pierre ont des arêtes saillantes. Les fenêtres du sanctuaire sont en plein cintre et celles de la nef en ogive. Sur la fenêtre au centre de l'abside , on voit un vitrail peint représentant le Père Eternel , le Soleil et la Lune. Sous le badigeon des murs, apparaissent çà et là des traces d'anciennes peintures. On remarque aussi quelques dalles en pierres sur lesquelles sont tracées des figures de religieux ^
CLXXXVIII. Eglise de Boularre. — Cette église date du xii." siècle , mais elle a été reconstruite en grande partie à la fin du xv.*^ ou au commencement du xvi." siècle. Les piliers qu'on y voit sont surmontés de chapiteaux ornés de volutes, de feuilles de chêne et de vignes, de figures grotesques et de divers animaux. La corniche offre à peu près les mêmes ornements. Une tour , placée à l'entrée de l'édifice , s'élève au-dessus du seul bas-côté qu'il renferme. La forme de cette église est carrée ; une pyramide à quatre pans la surmonte. Le patron de l'église de Boularre est St. - Etienne . 1." martyr ".
CLXXXIX. Eglise de Creil. — L'église paroissiale de Creil, sous l'invocation de St.-Médard , appartient à différents styles. La porte en ogive est soutenue par plusieurs rangs de colonnes. La tour se termine en plate-forme, fermée par une belle galerie à jour surmontée d'une flèche en pierre. Le pavé offre quelques épitaphes ornées de figures d'hommes et de femmes, d'ecclésiastiques et de chevaliers. Une grosse cheminée placée dans l'intérieur de l'église attire les regards. Elle est près de l'emplacement d'anciens fonts où l'on baptisa long-temps par immersion.
Une autre église , celle de Saint-Evremont de Creil , est actuellement en ruines. C'était autrefois une collégiale importante dont la fondation remontait au vni.*^^ siècle. Elle fut restaurée dans le xui." La tour, les portes et d'autres parties de l'édifice n'existent plus '.
CLXL. Eglise de Gillocourt. — Aucun titre ne fait connaître l'origine de cette église. Le pignon de la nef est du xiv ou xm.*" siècle; le reste du monument date du xv."" ou xvi.' siècle. La porte principale en ogive est soutenue par une rangée de colonnettes «'élargissant au-dehors et dont les chapiteaux sont ornés de feuillages. Trois statues en pierre , représentant l'une St.-Martin , patron de l'église , l'autre un Ecce Homo et la troisième la Mère de douleurs, décorent le pignon. A l'intérieur, deux rangs de piliers séparent la nef des bas - côtés. Les fenêtres étaient garnies de beaux vitraux peints ; mais ils ont été vendus et décorent aujourd'hui l'église de Saint-Antoine de Compiègne. Depuis cette vente , il ne reste de bien curieux à voir dans l'église de Gillocourt qu'un devant d'autel représentant la Cène et deux petits tableaux peints sur bois que des chérubins semblent tenir ouverts. Il
1 Renaeignemenlt communiqué» par M. le dessetrant de Borett.
> Id. par M. l'abbé Biet , desservant à Boularre.
3 Id. , par M. le curé de Creil.
se fait dans cette église un pèlerinage où l'on amène les jeunes enfants ; on les fait passer sous une table sur laquelle reposent les reliques de Saint-Prix *,
CLXLI. Eglise de la Chapelle-en-Serval. — L'église de la Chapelle semble avoir été construite au xvi.' siècle. Un des culs-de-lampe de la voûte du bascôté droit porte la date de 1581 ; un autre placé dans la nef, celle de 1685. Le clocher, qui a une galerie et une balustrade, et le portail qui n'offre rien de curieux sont modernes. La plupart des fenêtres ont perdu leurs vitraux peints ; il ne reste au fond du chœur qu'une verrière , où l'on distingue plusieurs personnages se détachant sur des couleurs très-foncées *.
CLXLIL Eglise de Lamorlaye. — Cet édifice fut presque entièrement brûlé par la foudre dans le siècle dernier; c'est alors qu'on le reconstruisit comme on le voit maintenant. On conserva quelques parties des anciens bâtiments qui semblent appartenir au gothique secondaire. Il existe deux petites chapelles à l'extrémité des deux bras de la croix que forme ce monument. Au-dessus du maître-autel , on voit les statues de St.-Nicolas et de Ste-Catherine. Les vitraux peints de l'unique croisée du fond du chœur représentent V Annonciation, On lit au bas ces mots :
Ave, Maria, gratia plena.
CLXLIIL Eglise de Lagny-le-Sec. — Cette église remonte à deux époques bien distinctes. La voûte du chœur porte le millésime de 1574 ; le clocher est évidemment du xn.° ou xni." siècle. La corniche de ce clocher, formée de petites pierres carrées , représente des bouts de solives , terminées par des têtes humaines. Les ouvertures sont en plein cintre. A droite et à gauche du chœur se trouvent deux chapelles voûtées et en saillie. Les chapiteaux des piliers qui adhèrent à la muraille sont ornés de rosaces de perles et d'oves. L'église de Lagny reconnaît St.-Pierre et St.-Paul pour patrons *.
CLXLIV. Eglise de Montataire. — L'église de Montataire , placée sous l'invocation de la Sainte-Vierge , paraît avoir été bâtie à deux reprises différentes, mais à des époques très-rapprochées. Les portes sont en ogive et reposent sur plusieurs rangs de colonnes surmontées de chapiteaux que décorent des feuillages. Au-dessus de l'une de ces portes se trouve un bas-relief représentant V Annonciation. Une tour carrée et terminée en plate-forme existe sur l'un des bas-côtés du chœur. Des contre-forts ornés de sculptures soutiennent les murs de l'édifice. La corniche est supportée par des consoles ornées de moulures , de feuillages et de draperies. La chaire et le banc d'œuvre offrent de riches sculptures '*.
CLXLV. Eglise de Nanteuil-le-Haudouin. — Le portail de cette église est
1 Renseignements communiqués par M. l'abhé Demouy, desservant à Gillocourt. •i Id. par M. 1'.-,M?é Clin , desservant de la Chapelle,
ï Id. par M. l'abbé Pasquier , desservant de Lagny-le-Sec.
4 Id. par M. le desservant de Montataire.
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flanqué de deux magnifiques tours octogones, surmontées d'une plate-forme et couronnées par une corniche composée de consoles , de modillons et de quelques figures à têtes plates. On remarque au milieu de ces deux tours une fort belle fenêtre en ogive, garnie de colonnettes ; cette fenêtre et les tours semblent remonter au xni/ siècle. Un petit porche précède le portail. La chaire de l'église de Montataire était ornée de diverses sculptures qui ont disparu sous le marteau révolutionnaire *.
CLXLVI. Eglise de Plailly. — On n'a sur l'origine de cette église que des notions vagues et incertaines. L'édifice a la forme d'un carré long; mais le toit de deux chapelles , qui accompagnent le sanctuaire et qui viennent découper le toit principal , donne la forme d'une croix h cette église. La tour qui s'élève sur le transept méridional est percée de fenêtres géminées à plein cintre. La flèche octogone qui la surmonte a ses angles garnis de crochets appelés ossements dans le pays; quatre clochetons décorent le bas de cette belle flèche. La corniche existant autour du chœur et du sanctuaire se compose de petites arcades fort curieuses. La nef et les bas-côtés sont séparés par deux rangs de piliers. Ces piliers , à socles carrés , ont leur fût cylindrique. Il faut en excepter deux placés au fond du sanctuaire et qui sont composés d'un faisceau de colonnes. Les quatre piliers du chœur ofl'rent en ce genre quelque chose d'assez remarquable. Les chapiteaux de ces colonnes servent comme de base à un faisceau de colonnettes qui ont aussi leurs chapiteaux. C'est de ces derniers chapiteaux que s'élancent en groupe, de chaque côté, de légers cordons qui, en se rapprochant et se croisant, forment les arceaux de la voûte. Tous les piliers sont ornés de chapiteaux remarquables par la variété et l'élégance de leurs ornements. On y voit sculptés, des perles, des broderies , des enroulements , des coquillages et des feuillages , parmi lesquels on peut distinguer des feuilles de trèfle , de fougère , de palmier , de vigne et d'acanthe. Les seconds chapiteaux des piliers du chœur ont seuls des têtes saillantes au milieu de leurs feuilles entablées. La voûte de la nef est fort belle. La chaire et le banc d'œuvrc offraient autrefois divers écussons et des armoiries; ils ont été arrachés avec violence pendant le règne de la Terreur. Le vandalisme a été poussé plus loin: on a gratté les lettres des inscriptions qui ornaient trois grandes dalles placées à l'entrée du chœur et sur lesquelles paraissent encore des personnages en habits du temps de François I". Audessus des quatre colonnes en marbre qui ornent l'autel , se trouvent deux statues en pierre , tenant un livre à la main et revêtues d'une tunique longue et bien drapée. Ces statues, dans l'attitude de la prière, paraissent être St.- Gervais et St. -Protais; les mêmes figures sont sculptées sur les fonts de l'église de Plailly. Cette paroisse a vu naître trois pontifes vénérables qui occupèrent le siège de Senlis • .
CLXLVIL Eglise de Saint-Firmin . près Chantilly. — Celte curieuse église
I Renseignements communiqué! par M. l'abbé Thouret, dcsseivant à Montataire. * là. par M. l'abbé Moret , desservant à Plailly.
est en fonne de croix grecque. La porte principale n'offre rien de remarquable, mais la petite porte ou porte latérale, en arc surbaissé, est très-riche. L'archivolte est décorée de guirlandes et de griffons ; une niche qui la surmonte indique le temps de François I". Un seul rang de piliers cylindriques forme la séparation de la nef et des bas-côtés. Les voûtes , en ogive , sont soutenues sur des arcs doubleaux, terminés par des rosaces où paraissaient naguères les armes des Montmorency. A. l'intérieur, on remarque treize statues représentant les saints de cette famille illustre. Deux de ces statues sont en marbre, quatre en pierre et les autres en bois. Toutes les fenêtres du chœur sont ornées de superbes vitraux peints , que les paroissiens de Saint-Firmin ont eu le bon esprit de conserver, malgré le haut prix qui leur en avait été offert. Ces braves gens ont fait plus; ils se sont généreusement cotisés pour la restauration des parties qui menaçaient de tomber. On dit qu'une partie des vitraux a été donnée par le cardinal de Boissy , qui fut grand-aumônier de France; ses armes , celles de Guillaume Gouffier et de Philippe de Montmorency se voient sur ces vitraux qui portent la date de 1543. On remarque quelques pierres tombales sur lesquelles sont tracées des figures d'hommes et de femmes de la famille de Montmorency. Cette maison étant devenue propriétaire de la terre de Saint-Firmin, fit orner l'église qui avait été bâtie par les moines de St.-Nicolas d'Acy *.
CLXLVIII. Eglise de Saînt-Vast. — L'église de Saint-Vast remonte au xi." ou au xn." siècle. Le chœur qui se termine en hémycicle n'est pas entouré de chapelles. Des faisceaux de colonnes composent les piliers servant de séparation à la nef et aux bas-côtés. Les chapiteaux de ces piliers offrent divers animaux , des feuillages et des plantes d'une belle exécution. Au haut de la porte, à l'intérieur, on remarque une peinture représentant la Ste- Vierge, tenant l'enfant Jésus dans ses bras *.
CLXLIX. Eglise de Verneuil-sur-Oise. — Cette église possède quelques vitraux qui ne sont pas sans mérite. Ceux qui éclairent le mattre-autel représentent plusieurs traits des saintes écritures; ici c'est la Cène, là Jésus -Christ expirant sur la croix, etc. La chaire est enrichie de panneaux sculptés sur ses cinq faces. Ces panneaux offrent les quatre évangélistes et St.-Jean- Baptiste. A l'extérieur de l'édifice, on remarque un beau clocheton à jour qui surmonte le pilier séparant la porte en deux parties. Le clocher existe à l'angle nord-ouest de l'édifice; c'est une tour carrée couronnée par une plate-forme et une galerie en pierre. Une très-belle flèche s'élève au-dessus de cette tour *.
ce. Eglise de Versigny. — St. - Martin est le patron de cette église. On ignore l'époque de sa construction , mais elle ne doit pas remonter à une
1 Renseignements communiqués pat M. l'abbé Simon, desservant à Saint-Fitroin. 8 Id. par M. l'abbé Duval , desservant à Sl-Va«t.
S Id. par M. le desservant de Verneuil-sur-Oise.
époque bien reculée. La porte est formée de deux pilastres corinthiens avec fronton circulaire surbaissé et brisé. Des niches, des culs-de-lampe, des figures et des feuillages décorent le haut du portail. Le chœur est de forme circulaire. La flèche du clocher, en pierres sculptées en écailles jusqu'au sommet, fixe les regards par son élégance et son élévation. Le fond de l'autel, qui rappelle le style de la Renaissance, se compose de plusieurs colonnes corinthiennes entre lesquelles on voit des petits cubes en pierres dorées , ornés de sculptures. Ces sculptures représentent la Naissance de Jésus-Christ et l'Adoration des Mages. Le haut du portique est surmonté à droite d'une statue de sainte de grandeur naturelle et tenant un livre à la main, à gauche d'une autre statue en pierre , représentant St.-Martin à cheval , partageant son manteau pour en donner la moitié à un pauvre. Les voûtes de la chapelle de la Ste-Vierge sont très-remarquables. Leurs nervures se détachent en forme de couronne fermée et se terminent par des culs-de- lampe qui ont été malheureusement gratés. Les portes des grilles qui ferment le chœur et les deux chapelles sont fort délicatement travaillées. On remarque dans le chœur quatre tombes sur lesquelles paraissent des chevaliers armés et des ecclésiastiques revêtus de leurs habits sacerdotaux. Les écussons et les inscriptions qui ornaient ces tombes ont été gratés '.
P. Roger. H. Ddsevel.